Je suis la vigne et vous les sarments

5ème dimanche de Pâques

Actes 9, 26-31 ; 1 Jean 3, 18-24 ; Jean 15, 1-8

 

Durant ce temps de Pâques, l’évangile de Jean est fort utilisé et certaines paroles suivies d’explication de Jésus n’en prennent que plus de sens pour notre relation avec Jésus et les disciples en son temps : Je suis la porte, je suis le bon pasteur, je suis la vraie vigne.

 

En lisant “je suis la porte”, il est précisé “pour que les brebis puissent aller et venir, entrer et sortir”. Comment peut-on imaginer que des catholiques puissent aller au creux d’un col, col de l’Echelle, pour fermer le passage, au prétexte que certains hommes ne feraient pas partir de la famille !!! Saint Pierre en a fait l’étrange expérience lorsqu’il a dû s’expliquer auprès des chrétiens qui lui reprochent d’être allé chez des païens (Corneille à Césarée) ! Il termine donc son explication en précisant : Qui suis-je pour empêcher l’action de Dieu auprès des païens ? C’était à Césarée (Actes 11). De fait on lui reprochait d’avoir baptisé des païens sans d’abord les avoir convertis au judaïsme.

 

Je suis la Porte, je suis le bon pasteur, Je suis la vigne… De Jésus nous connaissons encore des paroles comme “Je suis le chemin, la vérité, la vie”, etc. Quand Jésus est passé par le Samarie, les disciples ont bien dû suivre ! Ou encore lorsqu’il accueille la femme adultère, ou encore lorsqu’il explique aux pharisiens ce qui souille et ce qui ne souille pas le cœur de l’homme ; ou lorsqu’il chasse les vendeurs du Temple et porte attention à la pauvre vieille qui vient de mettre deux sous dans le tronc, au grand dam des riches visiteurs qui déposaient ostensiblement de fortes sommes.

 

Le Chemin de Jésus est étrange pour nous. Ainsi en est-il du pape François quand il revisite les prescriptions de sainteté. Il affirme le danger d’être trop sensibles aux règles d’observance liturgique. François rappelle la règle de saint Benoit d’accueillir dans le monastère toute personne qui se pointe à la porte (Gaudete et exultate  102-103) Que sont devenues les œuvres de miséricorde auprès de notre prochain ? La lettre de saint Jean de ce dimanche rappelle le commandement : “avoir foi en Jésus et nous aimer les uns les autres”.

 

Cela introduit à la compréhension de l’évangile de ce jour, où les sarments qui ne portent pas de fruits sont coupés et jetés au feu. Que signifie alors la prière de Jésus : “Ce qui fait la gloire de mon Père c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples”. Reste que chacun peut produire des œuvres… sans suffisamment discerner les attentes de notre Père et de notre prochain. A chacun de nous de rester bien accrochés à Jésus, à sa parole souvent percutante, pour que nous portions du fruit.

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