Temps du carême

ce que l’Église nous demande

Lire le message du Pape François pour le carême 2020

" Il s'agit d'un temps favorable, où l'Eglise invite les chrétiens à prendre une conscience plus vive de l'oeuvre rédemptrice du Christ et à vivre plus profondément leur Baptême (...)

 

Tel est le programme véritable et central du temps du Carême : écouter la Parole de vérité, vivre, parler et faire la vérité, refuser le mensonge qui empoisonne l'humanité et qui ouvre la porte à tous les maux.

 

Il est donc urgent d'écouter à nouveau, au cours de ces quarante jours, l'Evangile, la Parole du Seigneur, parole de vérité, afin qu'en chaque chrétien, en chacun de nous, se renforce la conscience de la vérité qui lui est donnée, qui nous est donnée, afin que nous en vivions et en devenions le témoin. Le Carême nous invite à laisser pénétrer notre vie par la Parole de Dieu et à connaître ainsi la vérité fondamentale :  qui sommes-nous, d'où venons-nous, où devons-nous aller, quel est le chemin à prendre dans la vie ?

 

Et ainsi, le temps du Carême nous offre un parcours ascétique et liturgique qui, alors qu'il nous aide à ouvrir les yeux sur notre faiblesse, nous fait ouvrir notre coeur à l'amour miséricordieux du Christ. "                                                       

Benoît XVI, 1er mars 2006

 

 

La pénitence intérieure du chrétien peut avoir des expressions très variées. L’Écriture et les Pères insistent surtout sur trois formes : le jeûne, la prière, l’aumône, qui expriment la conversion par rapport à soi-même, par rapport à Dieu et par rapport aux autres. A côté de la purification radicale opérée par le Baptême ou par le martyre, ils citent, comme moyen d’obtenir le pardon des péchés, les efforts accomplis pour se réconcilier avec son prochain, les larmes de pénitence, le souci du salut du prochain, l’intercession des saints et la pratique de la charité " qui couvre une multitude de péchés ".

 

Catéchisme de l'Eglise catholique n.1434

Nous sommes donc conviés :

  • par raport à Dieu, à la prière : prendre du temps pour Dieu, en silence ; assister si possible à la messe en semaine...
  • par rapport à nous-mêmes, au jeûne : retranchement dans la nourriture et la boisson, dans le tabac, les curiosités, la télévision ou l'ordinateur... pour nous unir aux souffrances du Christ, expier nos péchés et nous corriger de nos mauvaises habitudes (cf ci-dessous)
  • par rapport aux autres, à l'aumône ou à l'exercice de la charité : donner de son temps (en disponiblité aux autres, visite de malades, service des plus pauvres) donner de ses biens (partage, dons).

 

 

JEÛNE ET ABSTINENCE

 

 

Extraits du Code de Droit canonique

Livre IV La fonction de sanctification de l’Église, Titre II Les temps sacrés

Chapitre II Les jours de pénitence

 

 

Can. 1249 — Tous les fidèles sont tenus par la loi divine de faire pénitence chacun à sa façon ; mais pour que tous soient unis en quelque observance commune de la pénitence, sont prescrits des jours de pénitence durant lesquels les fidèles s’adonneront d’une manière spéciale à la prière et pratiqueront des œuvres de piété et de charité, se renonceront à eux-mêmes en remplissant plus fidèlement leurs obligations propres, et surtout en observant le jeûne et l’abstinence (de viande) selon les canons suivants.

 

Can. 1250 — Les jours et temps de pénitence pour l’Église tout entière sont chaque vendredi de toute l’année et le temps du Carême.

 

Can. 1251 — L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Évêques, sera observée chaque vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité ; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le Vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ.

 

Can. 1252 — Sont tenus par la loi de l’abstinence, les fidèles qui ont quatorze ans révolus ; mais sont liés par la loi du jeûne tous les fidèles majeurs jusqu’à la soixantième année commencée. Les pasteurs d’âmes et les parents veilleront cependant à ce que les jeunes dispensés de la loi du jeûne et de l’abstinence en raison de leur âge soient formés au vrai sens de la pénitence.

 

Can. 1253 — La conférence des Évêques peut préciser davantage les modalités d’observance du jeûne et de l’abstinence, ainsi que les autres formes de pénitence, surtout les œuvres de charité et les exercices de piété qui peuvent tenir lieu en tout ou en partie de l’abstinence et du jeûne.

 

Explications :

 

1249 — Ce canon a moins pour but d’établir des normes concrètes que d’expliquer d’une certaine façon le sens des normes contenues dans les canons suivants, à savoir :

1) L’obligation de droit divin pour tous les fidèles de faire pénitence.

2) La raison pour laquelle des jours de pénitence sont prescrits pour l’ensemble de l’Église : en manifester l’unité.

3) Indiquer, entre autre, diverses façons de vivre ces jours de pénitence.

4) Souligner que, parmi ces façons de faire pénitence, se distinguent l’abstinence et le jeûne, rendus obligatoires à certains jours, et pour des personnes déterminées selon les canons suivants.

 

1250 — Ce canon indique les jours et les temps à caractère pénitentiel pour l’Église tout entière : tous les jours du Carême et chaque vendredi de toute l’année. Tous les jours et temps de pénitence indiqués par ce canon, il y a obligation de faire des œuvres de pénitence selon le c. 1249, mais cette obligation ne prend la forme de l’abstinence ou du jeûne, ou des deux, que certains jours. L’obligation d’observer les jours et les temps de pénitence est grave dans son ensemble.

 

1251 — Parmi les jours de pénitence, les plus importants — le mercredi des Cendres et le Vendredi Saint — comportent l’obligation du jeûne et de l’abstinence ; d’autres — chaque vendredi de l’année — seulement l’obligation de l’abstinence ; le reste — les autres jours du carême — l’obligation générale de faire une œuvre de pénitence.

 

1253 — Ce canon donne une grande souplesse à la pratique de la pénitence, de sorte qu’elle peut être adaptée aux particularités de chaque pays ou de chaque région. Il est habituel que les conférences des évêques laissent les fidèles choisir d’autres pratiques pénitentielles ou pieuses (par exemple, s’abstenir de boissons alcoolisées ou de fumer, s’abstenir de l’usage des écrans – internet, télévision… – réciter le chapelet, rendre visite à des malades ou à des prisonniers…).

 

Ce que dit la Conférence des évêques de France :

 

Les catholiques doivent traduire en actes, d’une manière habituelle, leur volonté de se conformer à Jésus-Christ, notre Sauveur, d’approfondir la conversion baptismale, de rejoindre tous ceux qui, près de nous et à travers le monde, sont dans la souffrance ou le besoin.

 

1. Tous les vendredis de l’année, en souvenir de la Passion du Christ, ils doivent manifester cet esprit de pénitence par des actes concrets : soit en s’abstenant de viande, ou d’alcool, ou de tabac...; soit en s’imposant une pratique plus intense de la prière et du partage.

 

2. Pendant le temps du Carême :

a) tous les vendredis, ils doivent s’abstenir de viande s’ils le peuvent ;

b) le mercredi des Cendres, jour où commence le Carême, et le vendredi saint, jour de la mort du Sauveur, ils s’abstiennent de viande, ils jeûnent en se privant substantiellement de nourriture selon leur âge et leurs forces, et réservent un temps notable pour la prière.