Le berger connait ses brebis. Le mercenaire…

4ème dimanche de Pâques

Actes des Apôtres 4, 8-12 ; 1 Jean 3, 1-2 ; Jean 10, 11-18

 

Le Bon Pasteur - Césarée Le Bon Pasteur - Césarée  
Statue du 3ème siècle
Statue du 3ème siècle
Ce dimanche a été choisi par l’Eglise universelle comme dimanche de prière pour les vocations. Cela est dû au choix des évangiles de ce dimanche. Le liturge a en effet choisi de découper en trois morceaux la parabole de Jésus, où l’évangéliste rapporte son regard, sa méditation sur Jésus, qui est la porter de l’enclos, d’où chacun peut entrer ou sortir, où il reconnait la voix de son maître, qui n’est pas un mercenaire, parabole qui se conclue sur les relations entre le Père et le Fils, précisant que le fils donne sa vie, qu’on ne la lui prend pas.

 

Puisqu’il nous est donné de méditer la partie centrale, celle où il est question de loup, de mercenaire qui s’enfuit, mais aussi de brebis qui ne sont pas dans l’enclos, nous avons une nourriture en abondance pour notre méditation. La multiplicité des enclos et des gourous qui conduisent une partie des brebis, en ce début de 21ème siècle devrait nous faire réfléchir. Combien ont préféré déserter l’Eglise du concile Vatican II, préférant se mettre à l’ombre des traditions tridentines, préférant l’Opus Dei ou le père Maciel ou l’Institut du Bon pasteur ?

 

Ce n’est pas un phénomène récent, puisqu’une lecture attentive de l’Évangile de Jean laisse entendre en plusieurs occasions qu’il y avait des tensions des ruptures au sein même des communautés chrétiennes. Les allusions à la tunique à ne pas déchirer (ch. 19) ou au filet qui ne rompt pas (ch 21) ; la prière pour l’unité du ch 17 sont là pour confirmer les risques évoqués au paragraphe que nous avons pu lire ce dimanche : il y a de nombreux pasteurs, hier comme aujourd’hui, chacun cherchant à s’accaparer une part du troupeau et de ses biens.

 

Un récent livre intitulé “François au milieu des loups” et d’autres productions laissent entendre les combats sournois ou devenus visibles où l’on déchire la tunique du Christ pour des motifs bien étrangers au Christ de rassembler en un seul troupeau les hommes dispersés à la surface de la terre. Certains groupes, à la Curie comme dans certains services se complaisent à extraire des citations du pape Jean-Paul pour les opposer au pape François.

 

Aussi nous devons nous rassembler autour de celui qui invite à vivre intensément la miséricorde. Il est écrit : “Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, la miséricorde atteint son sommet en Jésus de Nazareth. Le Père, «riche en miséricorde” n’a pas cessé de se faire connaître. A travers sa parole, ses gestes, et toute sa personne, Jésus de Nazareth révèle la miséricorde du Père.

 

La parabole du berger selon Jean illustre cette miséricorde infinie de Dieu. Elle rappelle aussi l’intensité du dialogue de Jésus avec la samaritaine au bord du puits. Comme Jésus, l’Église aussi ressent le devoir de s’asseoir aux côtés des hommes et des femmes de notre temps, pour rendre présent le Seigneur dans leur vie, afin qu’ils puissent le rencontrer. Telle était la méditation des pères du synode en 2012,  trois mois avant que Benoit XVI ne cède la place à son successeur le pape François.

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