Ma chair donnée pour la vie du monde

19ème dimanche ordinaire

1 Rois 19, 4-8 ; Ephésiens 4, 30 à 5,2 ; Jean 6, 41-51

Jésus pain de la vie.

Avec l’évangile des dimanches, nous sommes entraînés, plusieurs semaines durant, sur le chapitre 6 de Jean, intitulé discours du pain de vie. Selon son habitude, l’apôtre Jean, à partir d’un signe, développement une réflexion théologique et spirituelle. Jean se réfère à l’Ancien Testament, et en particulier à l’épisode de la manne et des cailles. Quand les Hébreux feront mémoire de l’Exode, ils se souviendront que Dieu les a accompagnés, qu’il a fait alliance avec eux et que eux ont noué cette alliance avec Dieu qui les a délivrés. Notre manière de lire risque d’en faire un épisode légendaire, oubliant toute la dimension quotidienne qui a participé à l'élaboration du peuple de Dieu, ramassis de populations qui s’unifient autour de l’alliance proposée par Yahvé. La construction du peuple de l’Alliance s’est faire dans la longue durée avec des séquences glorieuses, d’autres douloureuses, d’autres encore en rupture avec Yahvé. Il ne faut donc par lire mot à mot les récits du Pentateuque, mais apprendre à y reconnaître une longue marche au milieu des nations.

 

Du Dieu du Sinaï, nous gardons l’image d’un Dieu puissant qui tonne au milieu des éclairs, celui qui écrit les tables de la Loi à coups d’éclairs là-haut… Le prophète Elie dont il est question dans la première lecture fera une toute autre expérience. Au départ il agissait pour son Dieu comme un djihadiste actuel fait respecter son Dieu y compris par la mort du mécréant, trucidant des centaines de prêtres. Obligé de fuir devant l’armée de la reine Jézabel, il veut en finir avec cette vie où il n’arrive pas à faire respecter son Dieu. Alors il peut faire l’expérience d’une image de Dieu tout autre, non le tout -puissant, mais le tout petit, celui qui parle dans le silence dans la brise…  Ainsi la Bible n’a pas qu’une seule image pour parler de Dieu. A propos de Jésus-Christ, les Juifs de capharnaüm espèrent qu’il sera le roi tout-puissant dont le pouvoir donne à manger à tous. Jésus s'y refuse.

 

Dimanche dernier l’Evangile évoquait la responsabilité de chacun pour participer à l’œuvre de Dieu. La construction du Royaume ne se fera pas sans eux, cela ne leur tombera pas tout cuit dans l’assiette comme les cailles au temps de Moïse. Elie a du continuer son travail, en retournant auprès des rois (fin du récit) comme demandé par Yahvé. On trouve aussi dans les évangiles synoptiques cette participation des apôtres : “donnez-leur vous-même à manger,” et encore Jésus qui donne aux disciples pour qu’ils donnent aux foules. Cela n’apparait pas dans saint Jean. Il insiste davantage sur Jésus, la source.

 

Ainsi, à partir des lectures de ce dimanche, nous pouvons tirer la certitude que, lorsque nous sommes découragés, nous pouvons encore et toujours nous confier à celui qui est la source, le pain qui descend du ciel. L’eucharistie peut être ce lieu où nous refaisons nos forces. Quand Elie pense que sa route est terminée, il est relancé. Pour les apôtres, à la fin du récit de Jean, nous pourrons entendre la parole de Pierre : “A qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle”. Aujourd’hui encore, je me tourne vers toi Seigneur, même si je ne vois pas clair pour demain, clair pour les migrants qui attendent un peu de pain et le passage, attente aussi quand on commence à regarder nos activités pour l’an prochain : avec toi, Seigneur, nous irons à la rencontre de nos frères. E.H.

 

Fermer