Le collège Sainte Ide en visite à la communauté Cenacolo à Hondeghem

Des ténèbres de l'addiction à la lumière de la vie....

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La pastorale à Sainte Ide, c’est la préparation au sacrement du baptême, au sacrement de l’eucharistie, la profession de foi, mais aussi des groupes de paroles qui nous permettent d’aborder des sujets qui touchent de très près les jeunes, tels que le « paraître » ou encore les addictions. Et c’est justement ce dernier sujet qui nous amène, depuis quelques années déjà, à la communauté Cenacolo d’Hondeghem.

Cette communauté, créée par Sœur Elvira d’abord à Turin en Italie, puis un peu partout en Europe, en Amérique latine et en Afrique, permet à des jeunes, sans l’aide de médicaments, uniquement par la volonté et la prière, de se désintoxiquer. Les addictions sont variées : l’alcool, la drogue ou encore les jeux vidéos, Internet et autres réseaux sociaux.

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La quarantaine d’élèves de 4e, encadrée par Renée Zebbadji, responsable pastorale et de quelques animateurs de son équipe ont été accueillis par Johan et Dario. Tous deux ont derrière eux plus de deux ans de cheminement. Johan arrive d’Italie et est, depuis quinze jours, responsable de la communauté d’Hondeghem, secondé par Dario qui lui, arrive de Lourdes.

Le principe est simple : les jeunes arrivent dans l’une des maisons de la communauté, en France ou ailleurs dans le monde. La langue officielle est l’italien. Ils doivent donc pouvoir parler, lire et comprendre cette langue qui, pour la plupart, leur est totalement étrangère. En six mois, quasiment tous sont totalement bilingues et peuvent ainsi échanger les uns les autres. Leur but : se détacher, prendre du temps pour se reconstruire. C’est un chemin humain et spirituel. La vie en communauté, le partage, le travail, vivre de la Providence, avec ce qui leur est donné, est pour eux une vie nouvelle.

 

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Et Johan de nous expliquer ce qui l’a amené jusqu’à la communauté. A 7 ans, son papa quitte le foyer familial. Il devient alors turbulent, animé d’une colère froide envers ce père qui les a abandonnés. Dépassée, la maman appelle le papa à la rescousse. La solution est toute trouvée: il faut le mettre au pensionnat. Johan se renferme de plus en plus sur lui-même, se crée un monde imaginaire à travers les jeux vidéos dont il devient totalement dépendant. Pour s’identifier à ses « héros », il se met à la musculation et aux sports de combat. Il a la haine contre la vie. Il voulait fuir sa vie si vide à l’intérieur. Des petits boulots par ci – par là puis le chômage. A 26 ans, il est seul, sans ami, sans objectif, sans rien. Seul l’amour de sa maman, croyante, et un pèlerinage lui permettront d’avoir envie de sortir des ténèbres.

Et c’est alors qu’il se dit « pourquoi ne pas essayer la communauté » ? Il part alors dans une communauté du côté de Turin où il réapprend à vivre, à travailler et devient même menuisier. Peu à peu, il se rend compte que la vie est précieuse, que c’est un don et que pour tomber amoureux, il faut d’abord être amoureux de soi.

Sa reconstruction est lente et non sans douleur. Cependant, c’est un jeune épanoui qui nous a ainsi livré son témoignage, poignant, émouvant et ô combien encourageant pour tous ceux qui souffrent d’addiction.

 

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Dario, quant à lui, nous a expliqué le déroulement d’une journée dans la communauté. Lever à 6h, prière (1er chapelet), travail. Le travail consiste au jardinage, à la confection des repas, à nourrir les cochons, poules, coqs et autres volatiles ; l’entretien de la maison. A midi, partage du repas et 2e chapelet. Ils ont ensuite 45 minutes de temps libre où ils peuvent jouer au football, se retirer à la chapelle pour prier, lire ou échanger entre eux. Puis ils reprennent le travail jusqu’à 18 h. Repas du soir et 3e chapelet. La chapelle reste ouverte et même pendant la nuit, au cas où l’un ou l’autre ressent le besoin d’y aller pour prier ou se recueillir. La chapelle est le centre de leur chemin en communauté dont les trois piliers sont : le travail, la prière, l’amitié.

A les voir nous recevoir avec autant de chaleur et de gentillesse, dans un endroit magnifique, reposant, tellement ressourçant qu’on a beaucoup de mal à imaginer que ces deux là ont, il y a quelques années, été sous l’emprise d’une addiction. Ce qui aurait pu les détruire, les a finalement rendus fort grâce à leur volonté, leur courage et leur foi. Ils sont emplis d’amour et ils rayonnent.

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Quelle belle leçon de vie pour nos jeunes collégiens ! Dans cette vie tumultueuse, où nous ne prenons pas toujours le temps de nous concentrer sur nous-mêmes et de nous laisser parfois aller à la tentation, souvenons-nous de ces témoignages pour revenir à l’essentiel !

Un grand merci à nos hôtes. Puissent-ils persévérer sur ce chemin qui les amènera, à n’en pas douter, à une vie douce et pleine d’amour !

 

Renée LACROIX-LHERBIER

Article publié par Renée Lacroix - Saint Jean XXIII d'Avion • Publié • 440 visites