Si tu déchirais les cieux et venais à nous !

Baptême de Notre Seigneur

Isaïe 55, 1-11 ; 1 Jean 5, 1-9 ; Marc 1, 7-11

Il était normal de choisir les quelques lignes de l’Evangile selon Marc, en cette année B, pour évoquer le baptême du Seigneur, thème de la fête de ce dimanche… Cependant on sera un peu déçu “faute de détails”, tels que notre mémoire les rapporte en faisant la synthèse des autres récits. Raison de plus pour s’attacher à ces quelques ligne du premier des quatre évangile.

 

Tout d’abord, aucun détail sur l’enfance de Jésus, comme en Matthieu ou Luc, ni aucune introduction comme en Jean. Marc nous prend à froid. Les chrétiens des communautés de Rome lui ont demandé de mettre par écrit l’essentiel de ce qu’il a u vivre lui-même et de ce qu’il a entendu des nombreuses prédications, de saint Paul et surtout de saint Pierre. Il nous revient donc de repérer ce que Marc a retenu et exprimé pour “ouvrir” son Evangile. D’abord le titre : Bonne Nouvelle ou Evangile… l’objet de son livre est bonne nouvelle et elle concerne Jésus, messie et fils de Dieu.

 

A l’époque de Jésus, le mot messie fait fantasmer bien des Juifs, car ils étaient en attente d’un chef qui viendrait mettre dehors les romains et ceux qui marchaient avec eux. On peut bien sûr penser au grand prêtre qui préfère qu’un seul homme meure pourvu que Pilate soit satisfait ; on peut aussi penser aux sadduccéens, race de prêtres copains et coquins des romains…

 

Comme entrée en matière, Marc parle immédiatement de l’activité d’un prédicateur, Jean le Baptiste. Son enseignement est de type “moral”, retour à une vie plus droite selon la Loi et selon Yahvé. Mais il précise qu’il précède un autre… Du baptême il en retient que ce que Jean a bien vouloir en dire, ou que lui-même Marc a mis en forme. Ce que nos artistes peintres présentent comme « « çà s’est ainsi passé”  est en fait un langage codé. L’évocation des cieux déchirés aurait dû nous ouvrir l’esprit ; En effet, évoquer la couche de nuage enfin brisée, c’est signifier que la communication entre Dieu et l’humanité est enfin établie. L’image est fort ancienne puisque déjà Isaïe l’avait utilisée (63, 19) : “Ah ! si tu déchirais les cieux et descendais”.

 

Pour Jean le baptiste et les disciples, la réponse est là devant eux, en cet homme venu d’on ne sait où et qu’une colombe vient coiffer de son ombre. Ajoutez la notion de voix venue du ciel, venue de Dieu qui affirme : Tu es mon fils bien-aimé ; en toi je trouve ma joie”. Voici donc introduit en langage codée celui qui peu après sera ainsi présenté : il proclamait la Bonne nouvelle de Dieu en disant : le temps est accompli (sous-entendu : fini le temps difficile) ; le royaume de Dieu de Dieu s’est approché… ce sera l’évangile du 25 janvier, car entre temps la liturgie nous fait lire quelques lambeaux de l’Evangile de Jean. Un Dieu qui se rend proche est une Bonne nouvelle. Merci de ne pas l’oublier !

 

Après les jours de fête, nous allons reprendre le chemin d’une vie ordinaire… mais est-ce une vie ordinaire, une vie où nous nous savons approchés par Dieu lui-même ? Un rapide regard vers les deux premières lectures de c dimanche nous entraîne aussi dans ce regard positif d’une relation restaurée (renouvelée) entre Dieu et sa création, tel est le témoignage rendu par Jésus auprès de nous.

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