Au-delà du bien et du mal, suivre Jésus

12ème dimanche ordinaire

Job 38, 1 et 8-11 ;  2 Corinthiens 5, 14-17 ; Marc, 4, 35-41.

 

La première lecture simule un dialogue entre Job et le Seigneur, au moment où le malheureux crie contre le Seigneur pour tout ce qu’il subit. La réponse du Seigneur est de demander à Job qui d’autre que son Dieu a pu déterminer l’organisation du monde… Faut-il relire ce texte comme une fin de non-recevoir, par Dieu, de nos prières de plaintes et d’accusation ? Les chapitres qui concluent le livre de Job sont, de fait, un réquisitoire contre ceux qui reprochent à Dieu que le monde ne soit pas comme on souhaiterait qu’il soit.

 

Le livre de Job aborde la question du mal ; il présente l’homme qui se révolte contre un monde qui semble laisser libre cours à l’arbitraire. On y retrouve des questions posées à tous les âges de l’humanité. Dans nos lectures discontinues du dimanche, comment faire pour avoir une vue d’ensemble, sinon en parcourant le livre lui-même ? Si l’on se mettait quelques instants à la place d’un chrétien de Syrie ou d’Irak, l’un de ces persécutés par des régimes sanguinaires… quelle interrogation pourrions-nous élever vers Dieu ?

 

Les quelques lignes de ce dimanche, dans leur ironie, pourraient laisser croire qu’il faudrait recevoir aussi le mal comme venant de Dieu… La fin du livre affirme que le mal ne vient pas de Dieu mais que Satan en est l’instigateur. Job est resté fidèle à Dieu malgré toutes les adversités qui lui sont tombées dessus. Le livre de Job présente la maturation de la pensée (de Job et des Juifs) concernant la question du mal dans le monde, de la toute puissance de Dieu.

 

On peut imaginer une des réponses de Yahvé à Job : “Je ne t’ai pas oublié, mais en ce moment, j’ai eu d’autres choses plus importantes à m’occuper”. Le livre de Job ne donne pas les réponses à nos questions sur le bien et le mal. Il explore les itinéraires du chercheur de Dieu dans les dédales de sa pensée, pour rester fidèle à Dieu envers et contre tous. C’et cet itinéraire que chacun est amené à faire pour son propre compte. Reconnaissons que cet itinéraire n’et pas facile. Je peux bien consulter toutes les réponses de tous les manuels du monde, il me faudra un jour donner moi-même ma réponse à Dieu.

 

L’évangile de Marc, lu à la suite de Job pourrait laisser entendre le même type de question : Dieu est-il en train de dormir alors que nous sommes submergés par les évènements ? La réponse du Christ en paroles et en actes laissent entendre que « « Non, Dieu ne dort pas !”. Mais alors, qui est-il pour moi ? N’est-il pas celui qui appelle :" Viens, suis-moi" ? Ou "avançons au large" ? ou encore “Jetez les filets de l’autre côté" ?

Pour ceux qui terminent ces jours-ci la lecture de l’Evangile selon Jean, la finale au ch.21 est une méditation sur la suivance de Jésus. Que ce soit Pierre, que ce soit Jean ou n’importe quel autre chrétien, la réponse de Jésus est bien : “Qu’importe ! Toi, viens suis-moi” Jean 21, 22. E.H.

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