Edito 12 - Comme un arbre planté par le Seigneur.

Église d'Arras

Comme un arbre planté par le Seigneur.

 

Les prêtres ordonnés au service du diocèse se sont réunis autour de Mgr Jaeger. Ils constituent avec les fidèles laïcs l’unique peuple de Dieu. Les prêtres de moins de 75 ans étaient invités à une journée à la Maison diocésaine d’Arras, fin mai. Ce fut une assemblée de prêtres heureux de se retrouver. Leur nombre, plus de 120, peut rassurer quelque peu les défaitistes sur l’avenir de l’Eglise… au moins sur le nombre de prêtres.

 

Cependant, après la dernière ordination presbytérale du 14 juin, il n’y a en perspective qu’une seule ordination pour le proche avenir, les jeunes entrant au séminaire se faisant plutôt rares. Notre évêque compte sur les ordinations de diacres cette année et l’an prochain, soit sept ordinands. Mais il rappelle la nécessité de différencier le ministère diaconal du ministère presbytéral. L’Eglise veut continuer à honorer le service (diaconie) et trouverait regrettable que cette vocation disparaisse au profit de la dimension liturgique, célébration des mariages et baptêmes. Cela suppose que le peuple de Dieu prenne conscience des dimensions théologiques des différents ministères ordonnés, presbytérat et diaconat, au-delà de la satisfaction de ses propres besoins. Le synode provincial avait pour objectif de préciser les orientations pour s’organiser dans les paroisses de la province.

 

A l’occasion de l’assemblée des doyens a été présenté un prévisionnel à trois ans sur la présence des ministres ordonnés, exercice que chacun peut faire pour son propre doyenné. Dans trois ans combien y aura-t-il de prêtres de moins de 75 ans ? Et pour combien de paroisses ? Et pour quels services ? Pourra-t-on trouver auprès des animateurs laïcs en pastorale, auprès des bénévoles de nouveaux assistants ou coopérateur ? Bien sûr la présence de prêtres aînés permet de répondre aux demandes de célébrations dominicales et aux bénédictions sacramentelles… Leur service effectif actuellement peut cependant cacher quelque peu la pénurie. Cet exercice de prévision ne donne pas de solutions mais il est reçu comme un appel à prendre en compte les recherches d’organisation des paroisses dans le diocèse, la participation de tous les baptisés, les souhaits et orientations émis par le synode provincial.

 

Tout début juin se sont aussi réunis les prêtres de plus de 75 ans. Ils étaient une cinquantaine à Condette, à l’initiative de l’équipe Siméon. Ces prêtres étaient heureux de pouvoir se rencontrer et échanger sur leurs activités actuelles. Leur vie actuelle est allégée par rapport au poids des responsabilités antérieures, mais ils savent combien leur présence demeure appréciée.

 

En juin, de nombreux groupes, catéchèse, catéchuménat, mouvements, maisons d’Evangile ont pu partager ce que produit leur souci commun d’annoncer la Bonne nouvelle, de rendre la Parole de Dieu proche d’eux et de leurs amis. Ils étaient heureux de voir jaillir de nouvelles pousses, un peu à l’image d’Ezéchiel qui voyait le Seigneur repiquer de nouveaux plants sur la montagne.  Des plants qui donneront de nouveaux rameaux où pourront habiter de nombreux passereaux.  

 

Utopie ou espérance ? Ezéchiel parlait au temps de l’épreuve appelée destruction de Jérusalem et Exil, où le peuple n’avait plus d’horizon ni d’espérance. Or le prophète a ranimé les espérances éteintes. N’est-ce pas notre désir de voir se lever de nouvelles plantations pour que naissent de nouvelles communautés de proximité et d’églises de fraternité ? Faire exister de nouveaux lieux ! Faire de nouvelles plantations mais, d’après Ezéchiel, à partir du tronc commun, du grand cèdre : Je planterai un rameau pris sur le grand cèdre. Il porter des rameaux et produira du fruit… Ez 17, 23-24 Ce n’est donc pas une autre Eglise, mais une Eglise qui continue avec les gènes des origines depuis 2.000 ans. Plus tard, Jésus parlera de la petite graine de moutarde qui deviendra grand arbre. Le croyons-nous ?

 

Abbé Emile Hennart

 

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