Edito: Avant de passer au carême

Eglise d'Arras n° 3-2015

Avant de passer au carême !

Le mois de janvier 2015 a été traversé par des évènements qui ont pu perturber les consciences, jusqu’à ébranler les racines mêmes de la société et du vivre-ensemble, jusqu’à semer le doute sur l’espérance en un avenir réconcilié pour toute l’humanité.

 

Nous voici déjà en février et la tentation viendra vite de vouloir “tourner la page”, sachant qu’un évènement en chasse un autre. Il se fait que les Eglises étaient invitées à une journée de prière pour le réfugié et le migrant. Le département du Pas-de-Calais, comme celui du Nord est confronté chaque jour par la proximité et l’attente de réponses immédiates aux besoins vitaux des migrants : parqués dans des espaces invivables, croisés le longs des routes et autoroutes, ils sont là. Quelques témoignages ont été donnés qui manifestent le souci du frère. Un début de prise en charge par la société civile semble se mettre en place.

 

La même semaine, les chrétiens des différentes confessions priaient ensemble pour que vienne l’unité des chrétiens tant espérée. Depuis plus d’un siècle, la pensée du père Couturier se répand qui interroge les chrétiens et leurs divisions : les divisions entre confessions chrétiennes sont autant de divisions de la tunique du Christ et ces divisions ne témoignent pas d’un Christ “venu pour tous, venu non pour condamner mais pour qu’ils aient la vie” (Cf. Jean 3, 16-17).

Les récentes paroles du pape François à l’égard des cardinaux de la curie (au sommet de la hiérarchie ecclésiastique) ainsi que pour les nouveaux futurs cardinaux est invitation à se découvrir serviteurs, invitation à se garder de « l’esprit de mondanité qui étourdit plus que l’eau de vie à jeun ». Ces paroles ont pu être reçues de manières diverses voire opposées. Elles reprennent pourtant la demande du Christ aux disciples, quand il leur lavait les pieds et invitait chacun à se mettre en tenue de service. Il est toujours dérangeant de se faire serviteur…

 

Le message officiel pour la prochaine journée des communications sociales insiste sur la place de la famille comme lieu où s’expérimente et se vit au quotidien la rencontre de l’autre, où l’on apprend à déchiffrer le visage de l’autre avec ses silences et ses rires, etc…  Cette phrase ne donne pas la solution aux problèmes évoqués ci-dessus, mais elle invite à redécouvrir le chemin de la famille comme premier lieu du vivre ensemble. Ce document n’ignore pas les conditions et les difficultés de vie, mais rappelle que la famille est le premier lieu de découverte et de construction de la proximité : “Réduire les distances, se rencontrer et s’accueillir mutuellement est un motif de gratitude et de joie”.

 

Le même document précise l’agir concret au niveau des paroisses : il appelle ainsi chaque communauté chrétienne « à franchir le seuil qui la met en relation avec la société qui l’entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin. L’Eglise est par nature missionnaire, et elle n’est pas repliée sur elle-même mais envoyée à tous les hommes ». De là ce souhait exprimé que « les lieux où se manifeste l’Eglise deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ; sans oublier, les gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin ».

Le synode provincial qui vient de se terminer rappelle aux paroisses de vivre et développer la proximité. Avec le service de formation permanente Eglise d’Arras aura l’occasion d’y revenir. Le synode à Rome sur la famille requiert toute notre attention. On trouvera le questionnaire dans le site diocésain.

 

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