Entrer dans le Royaume de Dieu

28ème dimanche ordinaire

Sagesse 7, 7-11 ; Hébreux 4, 12-13 ; Marc 10, 17-30

La littérature regorge de maximes. Ce sont des expressions ciselées qu’il convient, sinon d’appliquer, tout au moins de méditer. Elles servent de guide pour vivre et apprécier ce qui nous environne et nous touche de près et de loin. Les maximes ne sont pas des dogmes, encore moins des règlements, elles sont le fruit de la réflexion faite au cours des âges. On en ignore bien souvent les auteurs, mais elles font partie du patrimoine, de la sagesse d’un peuple.

 

Ainsi les quelques lignes de la lettre aux Hébreux sont comme une maxime : “la parole de Dieu est plus coupante qu’une épée à deux tranchants…” La première lecture de ce dimanche, déjà, nous invitait au discernement en toute chose, à faire route commune avec la Sagesse. Entre Sagesse et richesse, il faut choisir. Grâce à la Sagesse nous pouvons prendre la mesure de toute chose : qu’est-ce qui vaut le coup ? Qu’est-ce qui donne sens à ce qui fait la vie, ma vie ? La Parole de Dieu est-elle un couperet qu’on utilise pour condamner les uns au bucher, les autres à la pendaison ? La parole de Dieu serait-elle source de peur devant la colère de Dieu ?

 

Il arrive que des hommes de religions, au nom de leur foi (leur compréhension de Dieu), transforment le Dieu de la vie en Dieu de mort… Les chrétiens ont eu leurs inquisiteurs, les musulmans ont leurs intégristes. Même au sein de l’Eglise catholique en ce début de XXIème siècles, il se trouve des courants emprunts de rudesse, d’autres de sagesse. Dans les actuels débats à Rome au synode de la famille… où sont les paroles de sagesse, où sont les paroles d’Evangile ? Il arrive aussi que l’on fasse dire aux textes des Evangiles ce qu’on souhaite qu’ils disent.

 

Le jeune homme de l’Evangile est prêt à suivre le Christ, à condition que les paroles de Jésus et son comportement aillent dans son sens à lui…Cela exprime pourquoi il fait demi-tour non pas devant les exigences du Christ, mais devant la divergence d’intérêt. A nous d’entrer dans les vues de Dieu et non de faire entrer Dieu dans nos propres vues. A cela sont confrontés les membres du synode de la faille à Rome. Mais cette réflexion porte aussi sur la manière d’interpréter les récits de la Création. L’encyclique Laudato si demande qu’on ne se comporte plus en propriétaires intransigeant mais en utilisateurs bienveillants de la Création prenant en compte non nos propres intérêts mais les intérêts de tout le création. On en revient à l’Evangile de ce jour,  sur les richesses où, plutôt sur le lieu où vit notre cœur.

 

Christ nous invite à vivre pour recevoir l’amour de Dieu et pour le communiquer. Il a témoigné de son amour pour nous jusqu’à la croix. A notre tour, nous voulons continuer à témoigné de cet amour, reçu et donné. E.H.

 

Fermer