Hommage à l'abbé Aloys Michalak

Ses funérailles ont été célébrées le 28 juin

Aloys Michalak 2 Aloys Michalak 2  En février 2017, dans l’église saint-Géry de Rouvroy, notre communauté paroissiale a fêté le jubilé de platine du sacerdoce du père Paul Michalak OMI. 

 

Quatre mois après, le mercredi 28 juin, dans la même église nous avons célébré les funérailles de son frère cadet, Aloys, prêtre du diocèse d’Arras que Dieu a convoqué à sa lumière et sa paix le 22 juin 2017, le lendemain du jour de la fête de son Patron.

Avec sa famille, ses confrères prêtres, ses anciens paroissiens de Lens, de Loison-sous-Lens, de Noyelles-sous-Lens, de Harnes et de Rouvroy ainsi que ceux qui ont collaboré avec lui dans le service communication et informatique du diocèse d’Arras se sont rassemblés autour de son cercueil à la prière commune.

Le père Vincent Blin, vicaire général du diocèse, a présidé la messe des funérailles et c’est lui qui a proclamé également une homélie. Homélie de Monseigneur Jaeger

Nous confions l’abbé Aloys dans notre prière en demandant au Seigneur qu’Il lui permette de contempler son visage à jamais, qu’Il lui accorde le repos éternel.

 

Au revoir Aloys

 

Que c’est beau une vie !

 

Le 17 août 1929, dans cette commune de Rouvroy, une parole a circulé dans la famille : « un enfant nous est né, un fils nous est donné. Aloys il est nommé. »  Comme pour la naissance du prophète Jean-Baptiste , une question surgit « que sera cet enfant, que fera cet enfant ? »

Personne ne put répondre et connaître l’avenir; mais aujourd’hui, 88 ans après, nous le savons.

 

A l’âge de 24 ans Aloys a été ordonné prêtre au service du diocèse. Puis, nommé professeur éducateur au collège saint-Joseph à Arras. Durant la belle période du Concile, enthousiaste, il a  apprécié la pastorale renouvelée à laquelle il a collaboré dans cette région des mines. A l’âge de 34 ans, il a bénéficié d’une année de formation spécialisée à l’université de Lille sur les questions économiques et sociales. Puis il a reçu une responsabilité diocésaine au catéchuménat des adultes.

En 1993, à l’âge de 64 ans, il ne prend pas sa retraite, il prend un nouvel envol, il « rebondit ». C’est le moment de la naissance de l’informatique. C’est alors que commence mon cheminement avec Aloys, dans le cadre de la communication diocésaine. Cachés dans ses mains et dans son cerveau, Aloys découvre des dons, des capacités manuelles, techniques et scientifiques. Avec un tournevis ; il entre à l’intérieur de l’ordinateur, remplace une carte-mère, augmente la capacité d’une mémoire vive. A Paris il découvre chez un marchand chinois le matériel dernier cri. Il est demandé comme conseiller-collaborateur par les grands chefs d’entreprise qui inventent de nouveaux logiciels. Dans le diocèse il s’entoure d’une équipe de prêtres et laïcs en créant le service diocésain informatique et pastorale. Il se rend à domicile dans les secrétariats paroissiaux, il crée un logiciel performant avec une base de données pour les listes de baptêmes, communions, mariages, funérailles…

 

Ces compétences informatiques, il faut les transmettre ; ce qui n’est pas donné est perdu, voilà la pensée directrice d’Aloys et de ses adjoints. Alors commence la longue période des stages à Condette, Belval, Arras, Béthune.

Le premier stage a eu lieu à Condette, il y a bientôt 25 ans. Vincent Blin, alors séminariste, futur ingénieur, apporta sa contribution.

 

C’est beau une vie, disions-nous il y a un instant.

Aloys chaque soir dans la prière du bréviaire à Complies, tu as répété les paroles du vieillard Siméon : « Seigneur, j’ai vu ton salut ; tu peux laisser partir ton serviteur en paix. »

Mission accomplie. Aloys, maintenant, sans écran tu vis en paix auprès de Jésus

Vis en paix avec notre bon souvenir et nos innombrables remerciements

 

Abbé Roland Delplanque, le 28 juin 2017

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Témoignage de Sœur Claire (Communauté de Belval, où des stages infoSoeur Claire et Aloys Soeur Claire et Aloys  rmatiques étaient organisés) : « Avec vous dans la peine et l’action de grâce pour sa vie donnée aux autres. J’avais un lien particulier avec lui étant du même jour de naissance 17 août. Toute la communauté du val d’Igny se joint à vous et vous assure de sa prière.  »

 

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Témoignage de Patricia Langenove, animatrice : « C’était une personne de qualité qui nous a quittés, qualités tant humaines qu’intellectuelles et spirituelles, qu’il partageait généreusement dans la modestie et la discrétion. J’appréciais son humour subtil sous son air de ne pas y toucher… »

 

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Pierre Henry Pierre Henry  

Témoignage de Pierre Henry, animateur à Boulogne-sur-Mer, ancien ingénieur (Comme Aloys, et à sa suite, il allait dans les paroisses pour former les chrétiens à l’informatique) : 

« Aloys m’a appris à chercher sur les écrans, à trouver, puis à expliquer aux autres ». --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Témoignage de Bernadette Lieven, animatrice laïque en pastorale dans le doyenné de Béthune-Bruay : 

« J’ai rencontré Aloys et Roland au cours d’un premier stage informatique de cinq jours à Condette, c’est l’abbé Garégneaux qui m’y avait envoyé. J’y suis venue pendant trois années et après Aloys m’a demandé de former des stagiaires. Cela fait maintenant vingt ans que je participe aux stages informatique et pastorale soit à Condette, Belval, Arras, Béthune, Richebourg…

Il m’a apporté beaucoup depuis vingt ans par les différents stages, il m’a fait rencontrer de nombreuses personnes d’horizons différents : prêtres, diacres, religieuses, baptisés engagés… recommençants et aussi de nombreuses personnes qui se sont reconstruites grâce à l’informatique.

Il nous a appris à former des personnes avec leur matériel en nous adaptant à leur demande par petit groupe, ce qui n’est pas courant dans d’autres formations dans la société. 

Les personnes qui ont bénéficié des stages sont reconnaissantes et ont su voir dans Aloys ses qualités de don de soi, qualité humaine, spirituelle, sa discrétion et restant toujours humble alors que nous admirions ses compétences en informatique et en technique… Il nous a tous appris quelque chose. Il avait beaucoup d’humour également. Nous nous souviendrons également que par ces stages nous avons tissés des liens qui ne s’effaçent pas, nous nous souvenons de ces belles ambiances, conviviales où chacun s’entraidait, le « maître » ou l’élève ou les élèves entre eux.

Aloys est souvent venu chez moi réparer mon ordinateur. Il aimait les chiens en ayant un chez lui lorsqu’il venait à la maison notre chien lui faisait toujours la fête. Aloys l’appelait v«l’informatichien. ».

Malgré la peine, je rends grâce à Dieu pour ce qu’il a fait et qu’il a été… un père, un frère, un ami.…» Nous continurons sa mission pour l'Eglise diocèsaine.

http://arras.catholique.fr/1-stage-informatique-pastorale.html

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Témoignage du petit neveu et filleul d'Aloys : François Jankowiak

 

Il me revient de livrer un bref témoignage, au titre de la famille, sur Aloys et sur ce qu’il a été, ce qu’il a figuré et continue de représenter, du moins à mes yeux, dans mon regard, un regard de petit-neveu et aussi, ce qui est plus singulier, de filleul. Je ne saurais dire ce qui l’a emporté dans notre relation, des liens du sang ou de ce que les théologiens et les canonistes dénomment la « parenté spirituelle ». C’est une question peut-être sans pertinence, mais ce qui est certain, c’est que chez lui la dimension de l’accompagnement, avec une curiosité et une attention bienveillantes pour mon parcours — pas toujours linéaire ni lisible, et d’abord pour l’intéressé — a été constante.

Cette curiosité et cet intérêt, à vrai dire, il les nourrissait pour chacun, qu’il écoutait vraiment, qu’il ne se contentait pas d’entendre. Et symétriquement il suscitait en moi une curiosité semblable. Vers l’âge de sept ou huit ans, dans la maison de Rouvroy où je séjournais fréquemment chez ma grand-mère, Maria, j’étais fasciné par son atelier, à l’étage, regorgeant de postes de radio et de télévisions — les ordinateurs viendraient ensuite —, un capharnaüm, une caverne d’Ali Baba, une profusion d’appareils et d’outillage pour les réparer ou les améliorer, ce qui savait faire à merveille. Et je n’avais pu m’empêcher de lui dire, en toute innocence : « Mais, Parrain, tu aurais dû être ingénieur en électronique, tu aurais pu gagner beaucoup d’argent, enfin, tu as raté ta vocation », ce qui l’avait fait beaucoup rire. J’avais dû songer alors que, selon la trop libre paraphrase de l’Épître aux Romains, les voies du Seigneur étaient décidément impénétrables – davantage que les canaux empruntés par les ondes hertziennes… - et les talents étrangement distribués…

Mais ce trait a été pour moi une clef d’entrée pour essayer de le comprendre, de saisir sa personnalité, complexe autant qu’attachante. Aloys, par tempérament ou par blessure, parlait peu ; il avait le verbe rare, mais acéré ; les mots, quand ils sortaient de sa bouche, étaient précis, chargés de sens, utiles à la pensée, accompagnés souvent d’un humour ciselé, voire d’une ironie mordante. Et cette pensée chez lui s’enracinait, était nourrie d’une immense culture, qui pouvait aller jusqu’à une érudition stupéfiante, lorsqu’il évoquait par exemple la liturgie, la théologie, les langues du christianisme, l’histoire de l’Église contemporaine mais aussi plus ancienne, ou encore l’histoire de la région, dont il était passionné.

Ce dialogue, que malgré ses difficultés il avait réussi à instaurer avec moi, comme il parvenait à le faire avec quelques autres, s’est aujourd’hui interrompu. Or ce dialogue en partie m’a façonné, a forgé ma sensibilité et ma compréhension de nombre de choses. Par petites touches, parfois décisives, marquantes, saillantes, Aloys m’a guidé et de cette façon a accompli envers moi sa mission de « parent spirituel ».

C’est là le plus précieux, le véritable héritage que je garde de lui, au fond du cœur, avant que je l’espère nous reprenions, selon le beau mot d’Adam Smith, « nos conversations au Ciel ».

Adieu donc Aloys, adieu Parrain.

 

François Jankowiak

 

Patricia en rose clair Patricia en rose clair  

Patricia en rose clair (stage à Condette)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article publié par Association diocésaine d'Arras • Publié • 786 visites