Interview d'Agnés

Je m’appelle Agnès Lictevout. J’ai 61 ans. Mariée, deux enfants, aujourd’hui mamie d’une petite fille. J’habite La Couture. J’étais institutrice. Je suis à la retraite depuis près de 4 ans et je le dis haut et fort : « La retraite est un cadeau de la vie

Interview d' Agnés

 

Ma porte était toujours ouverte. L’Esprit Saint est un filou !

 

  1. Bonjour Agnès, je te laisse te présenter

Je m’appelle Agnès Lictevout. J’ai 61 ans. Mariée, deux enfants, aujourd’hui mamie d’une petite fille. J’habite La Couture. J’étais institutrice. Je suis à la retraite depuis près de 4 ans et je le dis haut et fort : « La retraite est un cadeau de la vie ». Je suis très sollicitée, notamment dans les activités de mon mari pluriactif. Il travaille à la banque et le weekend, nous sommes à la ferme. Je partage avec lui également le plaisir de rénover ou de construire...nous aimons ça ! Ces travaux nous détendent ! C’est un peu notre part de loisirs.

 

  1. Quelles sont tes activités ?

Hormis les corvées ménagères, la préparation des repas, parfois les courses, l’aide que j’apporte au quotidien pour soigner la maman de Bernard, mon implication dans la logistique agricole dont les travaux dans les champs, et la rénovation de bâtiments, sans oublier, notre besoin, à Bernard et moi de servir les malades en tant qu’hospitaliers de Lourdes, je reste toujours attachée à mes loisirs de jeunesse.

Je suis à la chorale des Huchets de Lestrem depuis que je suis à la retraite. J’ai toujours aimé chanter.

J’assure depuis quelques années le secrétariat du comité de jumelage de Lestrem dont je fais partie depuis l’âge de 16 ans. J’ai plaisir à rédiger les comptes rendus de réunion. Je participe à tous les événements, le dernier étant le 50ème anniversaire de l’amitié entre Schwitten et Lestrem.

J’ajoute une dernière activité qui me tient à cœur. Je fais du caté. En fait, j’étais déjà catéchiste pendant la formation de mes propres enfants. J’ai poursuivi à l’aumônerie. Un jour de septembre 2014, au sortir de la pharmacie, je rencontre Jeanne Marie, responsable du caté à La Couture. Je n’ai pas osé dire non à ses sollicitations. Aujourd’hui, je consacre un temps certain à cette activité : formation diocésaine à Chocques de 2 à 3 h toutes les 6 à 7 semaines ; une fois les informations reçues, je les transmets à mes collègues lors d’une réunion. S’y ajoutent les préparations (Le diocèse met à notre disposition un livret d’animateur remarquablement bien fait. Ce sont des « prep » toutes faites !) avant chaque séance de caté, ma présence aux temps forts, les réunions animées par Audrey de l’Equipe d’Animation Paroissiale, qui ont pour but de participer à l’organisation des messes et surtout aux préparations des grandes fêtes, telles Noël avec nouvelle configuration matérielle de l’église et la crèche vivante, les cérémonies avant et après Pâques, et surtout les premières communions.

Il m’arrive également de rédiger des articles pour la revue « Regard » à la demande d’Anne Françoise.

 

                  Quand on conjugue toutes ces activités, il me reste un peu de temps le dimanche

pour me rendre à la messe, et avoir le bonheur d’accueillir mes enfants et ma petite fille Sophie.

                   Quel bien-être que de se retrouver tous en famille !

 

  1. Pas de regrets ?

Aucun. J’ai réussi à garder, grâce au caté, une transition avec les enfants. En tant qu’instit, je n’ai pas perdu la main et je garde toujours le même enthousiasme. J’ « enseigne » avec plaisir l’Evangile. Pas de préoccupations pédagogiques ...Tout est fait...il suffit de relire chaque préparation proposée par le diocèse et de mettre en application.

J’ai plaisir à donner de moi-même. Ça me fait du bien. Je ne cherche pas à recevoir...C’est dans ma nature, j’ai besoin de me consacrer aux autres.

 

  1. Qu’est-ce que ça t’apporte ?

Le plaisir d’être utile quelque part et une sensation de réconfort intérieur. Toutes ces implications donnent un sens à ma vie. Ça me fait du bien de rester en relation avec le monde qui m’entoure, et puis je reste proche des enfants.

Ce que j’apprécie beaucoup, ce sont les réunions entre catéchistes. Ce côté relationnel amical, très convivial, nous permet d’échanger, de parler de nos enfants du caté, des bonnes choses que nous vivons avec eux mais aussi des mauvaises car il y en a. Par ailleurs, le livret d’animateur, qui accompagne chaque module, guide nos réflexions. Nous y évoquons Marie, Jésus, les bienfaits de Dieu, l’Esprit Saint qui, très subtilement, travaille à ce que nous transmettions la Parole de Dieu, et tous ces grands personnages bibliques, mais aussi contemporains,qui nous ont transmis leur foi. Nous prenons le temps de discuter des cérémonies mises en place ou à préparer, des aléas matériels (ex : disfonctionnement des micros). Autour d’un bon café que nous offre Jeanne Marie, il nous arrive parfois de partager nos soucis du moment.

 

  1. Rencontres-tu des difficultés ? Ne serait-ce au niveau du temps ?

Lorsque je dois être au caté ou à la chorale, ou assister à une réunion, et que Bernard me sollicite pour l’aider à atteler une machine par exemple, ça me gêne. Il a besoin de moi et je dois m’occuper des autres.

 

  1. Il faut tenir !

La santé est un bien précieux ! J’ai quitté l’école pour des raisons de santé. L’inspecteur me disait que je ne pouvais pas courir au secours d’un élève avec mes béquilles. J’ai pris ma décision. Il me restait deux ans à faire. Je ne regrette pas. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de béquilles et je ressens un soulagement évident : plus de tracas pédagogiques et une disponibilité à toute épreuve, pour ma famille et ceux et celles pour qui je me suis engagée.

 

Ce qui me donne du baume au cœur, c’est de voir les anciens élèves me reconnaître et me dire : Ah c’était la classe où on était le mieux. Ils gardent un très bon souvenir. Je ne manque pas de leur demander où ils en sont dans leurs études ou dans leur vie d’adulte.

Lorsque j’enseignais, ma porte était toujours ouverte. Il arrivait que Nathalie, EVS de l’école, assiste à mes cours en cachette, avec la complicité de mes élèves. Le travail et l’atmosphère n’en étaient que plus détendus.

J’ai eu le plaisir en fin de carrière d’accueillir une petite aveugle dans ma classe. Elle a toujours été entourée et choyée par mes gamins. Ça a été une année de bonheur pour moi, pour Inès et Tatiana, son Assistante de Vie Scolaire, pour tous les élèves de l’école. J’ai eu des nouvelles récemment par ses parents. J’ai appris qu’Inès voulait être magistrate et qu’un juge lui avait dit : « Tu sais, c’est possible, parce que moi je suis malvoyant ». J’espère qu’elle réussira.

 

  1. Retrouves -tu les satisfactions que tu as connues dans tes classes avec le caté ? as-tu des déceptions ?

Je constate que certains enfants en situation de groupe se permettent de ‘chahuter’, de poursuivre une conversation qui n’a rien à voir avec le caté, de ricaner pour attirer l’attention sur eux. Ils ont cette tendance à se permettre de ... et selon moi, cela signifie que derrière cette attitude, il manque un peu d’éducation.

Ces comportements, je ne les ai pas connus en classe. Le bavardage gênait, certes, mais le respect existait. L’envie d’apprendre, la nécessité de travailler et l’autorité du maître permettaient un bon déroulement des cours. Au caté, il m’arrive d’avoir recours à cette autorité pédagogique car le respect est bafoué. C’est ce qui me déçoit un peu !

Pourtant, j’obtiens de vraies satisfactions lorsque je les écoute parler de Jésus. Ils sont si heureux de croire en Dieu. Ils se tournent souvent vers la Vierge Marie pour prier. Ils aiment découvrir l’Ancien et le Nouveau Testament. Ce qui est beau à voir, c’est cet attachement à la prière. Ils sont à ce moment-là très respectueux et si sincères.

 

  1. Voudrais-tu profiter de l’interview pour passer un message ou un appel ?

Qu’advient-il de ces enfants qui ne sont pas catéchisés ? Les enfants qui ne reçoivent pas la parole de l’Evangile, Dieu, les accueille-t-Il en son Royaume ? Je m’interroge. Que pensent ces enfants qui ne reçoivent pas la Parole de Dieu ? J’étais en école laïque. Les 3/4 n’avaient pas de religion. Ça m’a toujours préoccupée. Ces enfants « sans Dieu » auront-ils droit à la Vie Eternelle ? Les parents, s’en inquiètent-ils ? Considérons cela un peu comme un appel !

 

 

Après réflexion, selon moi, si la religion, pour certaines personnes, est « inutile », c’est que pour elles, ou Dieu n’existe pas, ou les actions qu’elles mènent dans les associations bienfaitrices leur suffisent et remplacent toute croyance, ou les loisirs, devenus de nos jours une priorité, se substituent à toute pratique religieuse.

Je reste pourtant convaincue qu’il faut bien donner un sens à notre vie ! Je ne peux accepter que cette vie se résume à un simple passage sur terre. Pour moi, écouter la Bonne Parole et vivre à l’image de Dieu est primordial.

Tout cela m’interpelle !

 

             9. Dieu se présenterait devant toi, que lui dirais-tu ?

Je lui dirais merci. Merci de vous occuper de tous ces enfants, de tous ces parents, de tous ces êtres humains. Beaucoup (pas tous !) ont la chance de Vous connaître. Toutes les joies que nous vivons sur terre, nous les devons à notre Père, à Son Fils et au Saint Esprit. Quant aux peines, il nous faut les accepter puisqu’elles font partie de la vie humaine. Je dis à Dieu merci de nous aider à les assumer, les affronter et à les surmonter chaque jour. Je dis aussi merci à Dieu de nous laisser nous tourner vers la Vierge Marie, notre Maman du ciel, qui sait nous combler de ses grâces lorsque la Vie nous fait traverser des moments difficiles.

Je me suis rendu compte au fil des années qu’aller à la messe renforce la foi,

prédispose à la prière. Pour ma part, j’aime prier en chantant et donc m’intégrer aux chorales paroissiales. J’essaie de répondre au mieux aux appels de l’Eglise. Je réalise aujourd’hui que l’Esprit Saint intervient dans toutes choses à sa façon. Il se sert de nous. J’en déduis même que L’Esprit Saint est un « filou » car, mine de rien, quoiqu’on fasse, Il arrive à obtenir tout ce qu’Il veut, même s’il faut du temps pour y parvenir. Je pense par exemple qu’Il passe par Internet pour atteindre ses objectifs. N’est-ce pas l’outil que nous utilisons le plus pour communiquer entre nous ? Audrey, responsable de l’Equipe d’Animation Paroissiale de notre secteur, en sait quelque chose.

Tant mieux si cela se passe ainsi. En tout cas, je comprends aujourd’hui qu’être chrétien passe par le service aux autres. Avoir reçu le baptême donne un sens et une signification spirituelle à nos actions qui se concrétisent au travers de tous les gestes d’amour que nous partageons avec les autres. Je crois même que, parce que nous sommes baptisés, l’Esprit Saint s’investit et nous insuffle, avec discrétion, patience et confiance, une mission sur terre que nous accomplissons sans nous en rendre compte. Il s’en remet à nos capacités physiques et intellectuelles et nous laisse libres de nos choix, de nos actions. A nous, chrétiens, de suivre avec foi, persévérance et abnégation ces chemins, qui un jour nous conduiront à la Vie Eternelle.

Je vois aussi que des personnes, de toutes catégories sociales, de toutes professions, donnent de leur temps à l’Eglise avec beaucoup d’humilité, de dévouement, de sincérité et de compétences.

 

De tout ce que je viens de dire, j’en retire une certaine philosophie de la Vie sur terre : L’Etre humain n’a rien à craindre. Même s’il doit traverser des moments difficiles, des guerres, des catastrophes naturelles, la maladie, la jalousie ou la haine des autres, l’Homme sera toujours protégé. Dieu nous aime trop. Et sa miséricorde est si grande ! Il ne nous abandonnera jamais, même si nous n’adoptons pas toujours un comportement exemplaire.

 

       10. Le Pape se présenterait devant toi, que lui dirais-tu ?

Le Pape est un homme simple. Il prie pour nous. Il fait confiance à l’Esprit Saint qui est omniprésent. Le Pape a une sacrée foi. Il a besoin de la présence de Dieu et de tous ces gens qui participent à la vie de l’Eglise. De plus, l’homme est une créature bien faible qui a besoin d’être secondée, parfois secourue. Si le Pape se présentait devant moi, je lui dirai : Merci, très Saint Père, d’accomplir une telle mission. Notre foi a besoin d’être confortée par votre Soutien et votre Amour de Dieu.

 

Clin d’œil du journaliste du jour :

                  un quart d’heure après s’être quittées, Agnès me téléphonait pour me dire

                 (ou redire !) que l’Esprit Saint ne faisait rien au hasard contrairement au diable

                  sournois. Là, si on n’a pas compris...

 

Article publié par Philippe Breviere - Sainte Famille en Bas Pays • Publié • 124 visites

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