Interview de Pascale

Interview de Pascale Copin

 

Ce sont eux qui sont importants

 

  1. Bonjour, je te laisse te présenter

            Je m’appelle Pascale Copin. J’ai 59 ans. J’habite rue de l’Epinette à Lestrem.

            J’ai 4 enfants et 4 petits enfants.

 

  1. Quelles sont tes activités ?

                Je fais des ménages chez les particuliers. J’ai toujours fait ça. J’adore ce que je fais. Je fais partie d’associations comme le club Marchons Ensemble, ainsi que de l’ensemble vocal Les Huchets. Je suis hospitalière de Lourdes. J’ai pas mal d’occupations et notamment m’occuper des petits-enfants. Tout gérer est un peu compliqué mais on y arrive. Les journées ne sont pas assez longues. Quelquefois  je voudrais faire plein de choses, mais je dis non, je ne peux pas. Je ne prends pas d’autres occupations dans d’autres associations car je le ferais mal.

                Je fais un peu de secrétariat pour les Hospitaliers, je suis trésorière de l’ensemble vocal. C’est très prenant. Je ne peux pas m’investir plus.

 

  1. Qu’est-ce que ça t’apporte ? Rencontres-tu des difficultés ?

J’adore ce que je fais sinon je ne le ferais plus. Il ne faut pas que quelque chose vienne se mettre en travers car ça m’énerve un peu. Je suis carrée et j’aime bien rester droite dans ce que je fais. Et si un jour on me dit ça ne va pas, j’arrêterais et laisserais la place à quelqu’un, il n’y a pas de souci.

Jusqu’à présent, ce n’est pas une corvée, jusqu’à présent… Quand je fais par moi-même ça va. Je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même quand ça ne marche pas.

 

  1. Etre hospitalier, ça consiste en quoi ?

Il y a plusieurs façons. La première, c’est être hospitalier à Lourdes. C’est accueillir les malades, les accompagner, s’occuper d’eux (les toilettes, aller avec eux au restaurant), être à leur écoute, sans t’imposer. L’important, c’est eux, les malades, les personnes en situation d’handicap. Ce sont eux qui sont importants.

On est aussi hospitalier en allant rendre visite aux personnes âgées à l’Ehpad ou à domicile. Ça peut être aussi être près des personnes qui ont besoin d’être écoutées.

Hospitalier, c’est ça, c’est être au service des gens, être à l’écoute des autres.

Moi je vais à Lourdes, quelquefois 2 fois dans l’année. Le problème avec moi, c’est quand je commence, je ne sais pas m’arrêter. J’ai besoin de ça.

Par exemple, l’année dernière, il y avait le Son et lumière, et j’ai été très fatiguée. Alors je me suis dit, la prochaine fois ce serait bien que je n’y aille pas en juin. Mais je ne suis pas sûre de ne pas y aller. C’est tellement fort pour moi.  Et ne pas aller en août, en fait je ne sais pas choisir.

Je travaille aussi chez une cousine qui a 87 ans. Quand ça va bien, ça va, mais quand elle n’est pas bien, j’y vais plusieurs fois,  aussi dans la semaine après mon travail, sinon, elle ne verrait personne. Quand je peux, je passe dans la semaine. Je ne lui dis jamais à l’avance, car si je lui dis et que je ne peux pas y aller, c’est un problème.

 

  1. Que ressens-tu quand tu dis, c’est tellement fort ?

C’est être à ma place. Ils sont tellement heureux d’être là ! Et nous de dire, et si nous n’étions pas là, ils ne pourraient pas y être. Et c’est pour ça que je me dis, je ne peux pas ne pas y aller. Ils ont besoin, ils ont besoin… Je ne sais pas dire non. Quand je suis là-bas, je suis heureuse. Et quand je reviens, je me sens ressourcée. Voir un sourire sur un visage vaut tout l’or du monde. Je donne pour recevoir le triple, c’est très enrichissant et plein d’émotion.

Les hospitaliers, c’est aussi ma famille. Par exemple, on fait le chemin de croix tous ensemble. Et c’est différent que de le faire avec des personnes malades. J’apprécie la participation des bérets rouges et aussi de témoignages réels. C’est festif et j’aime bien, c’est autre chose.

Pour les malades, c’est bien aussi quand on les fait participer.  Comme avec les malades de St Venant, ils comprennent, ils sont acteurs. Ça reste pour eux. Lourdes pour eux c’est très important.

 

  1. Et tu arrives à aller chanter !

 C’est le mercredi soir. Mes enfants le savent, c’est sacré. Ça me fait du bien de chanter. J’espère que ça va continuer longtemps car il manque des hommes. Pour un ensemble vocal, il faut des hommes. Les répétitions sont à 19h. J’ai les clefs de la salle, j’arrive à 18h30 pour préparer la salle. Comme ça quand ils arrivent, tout est prêt. Eh oui, c’est toujours la course. Certains malgré tout arrivent en retard. On ne sait jamais comment bien faire . Tu n’as pas toujours le retour. Mais je me dis que quand je fais quelque chose, c’est parce j’aime bien, et je n’attends rien. C’est ça être bénévole. C’est faire parce que tu aimes et tu as envie de le faire sans attendre forcément quelque chose en retour. Et si quelqu’un venait me dire que ça ne va pas, eh bien je lui dirais : viens avec moi ou prends ma place.

 

  1. Souhaites-tu profiter de l’interview pour passer un message ou un appel ?

                Merci à tous les bénévoles qui,dans vos associations, donnez de votre temps et

plus encore au service des autres.

                C’est d’abord un appel pour les hospitaliers qui sont en manque de personnes car certains sont vieillissants. Ils viennent à Lourdes en tant qu’hospitaliers mais ils ne peuvent pas tenir pleinement leur rôle.

 

 

  1. Dieu se présenterait devant toi, que lui dirais-tu ?

                          Pardon et merci.

               Quand on donne quelque chose, il faut toujours dire merci. Il m’arrive de Lui parler, de

               Lui demander de m’aider à avancer, me soutenir tous les jours, à aller de

                l’avant, toujours être présente pour les autres.

                Et j’oublie quelquefois de lui dire Merci. Alors Pardon pour mes oublis.

                Je lui parle, je n’ai pas toujours mes réponses, mais ce n’est pas grave.

                Voilà je l’ai dit  à quelqu’un et ça m’aide à avancer. On ne sait pas toujours à qui aller

                dire les choses. Et quelquefois les réponses arrivent plus tard.

               Je laisse toujours la porte ouverte.

 

  1. As-tu une règle de conduite ?

J’essaie toujours d’aller de l’avant sans oublier de regarder derrière moi mais ce n’est pas toujours facile. Ce n’est pas dans mon tempérament de laisser quelqu’un derrière moi. Quelquefois je me dis mince, je voudrais pouvoir dire non, comme ça j’avancerais encore plus vite, mais ce n’est pas dans mon optique. Et si je vois que ça ne va pas, je vais encore aller vers cette personne.

Article publié par Philippe Breviere - Sainte Famille en Bas Pays • Publié • 141 visites

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