Introduction au livret Thess et Corinthiens

Maisons d’Evangile – Lettres de Paul

1 Thessaloniciens et 1 Corinthiens

 

Introduction livret

Depuis plusieurs années, la pratique des Maison d’Evangile a été l’occasion de nombreuses découvertes Maison d'Evangile:  Paul Maison d'Evangile: Paul  sur des textes que l’on croyait connaître. Les échanges entre chrétiens, sans avoir la prétention de tout savoir mais animés par le désir de grandir dans la rencontre de Jésus, ont été sources de dynamisme pour la foi. Découverte des premières communautés, découverte de la manière dont chacune a essayé de rendre compte de sa foi au Christ, découverte des rédacteurs.

Entre les années 70 et 100 de notre ère, quatre évangélistes ont donné chacun une approche de Jésus, de son enseignement, et de ses pratiques. Ces écrits ont inspiré des générations de chrétiens jusqu’à nous. Le cœur de la réflexion est la conviction que Christ est mort et ressuscité pour nous. C’est la première affirmation de Pierre dans les Actes des Apôtres, ch. 2. Même affirmation de Paul en 1 Corinthiens 15.

 

Nouvelle étape pour les Maisons d’Evangile

Aujourd’hui, les Maisons d’Evangile sont à la croisée des chemins. Il est proposé à celles et ceux qui n’ont pas lu Marc, la première année, ce faire cette lecture à l’aide des fiches déjà présentes dans le site web du diocèse : http://arras.catholique.fr/evangiledemarc. Elles seront aussi réimprimées. Pour les autres, il est proposé une nouvelle étape : lire quelques lettres de Paul. Paul n’écrit pas un nouvel évangile, il parle un peu de Jésus, des bases de la foi… Il veut surtout aider les premières communautés chrétiennes qui se posent bien des questions, sur des sujets “pointus”. Ils ont parfois des comportements étranges, par exemple les divisions entre chrétiens, ou les “manifestations de l’Esprit” sujets d’orgueil devant les autres chrétiens. Si les Evangiles et les Actes des apôtres se présentent comme des récits, parsemés de discours, les lettres des apôtres sont plutôt des discours, des réponses adressées aux destinataires, mais nous n’avons pas les questions d’origine adressées par ses interlocuteurs à Paul.

Actes, carte des voies romaines Actes, carte des voies romaines  

 

Les lettres dans le Nouveau Testament

Ces lettres de Paul sont les premiers témoignages écrits que nous ayons des origines du christianisme, bien avant les Evangiles. La première aux Thessaloniciens a été écrite sans doute en 48, soit une quinzaine d’années après la mort de Jésus, vingt ans avant Marc. Le Nouveau Testament comporte plusieurs lettres de Paul, quelques lettres de Pierre, de Jacques, de Jean. L’ordre des textes dans nos bibles ne suit pas la chronologie des rédactions, mais reprend l’ordre des premiers parchemins, où les scribes recopiaient d’abord les textes les plus longs et terminaient par les plus brefs (Romains, Corinthiens…, Philippiens et Thessaloniciens sont beaucoup plus courtes).

 

Ces lettres sont des paroles en direct, d’un croyant à d’autres croyants éveillés à la foi en Jésus Christ, Sauveur. Ces écrits s’adressent aux premières communautés, issues en partie du monde juif, mais insérées en monde païen, grec ou romain. On y trouvera aussi des encouragements et, parfois, les remises en causes de certaines déviations. Il faudra nous habituer à penser au contexte de vie des destinataires et à leurs questions, dans une civilisation qui n’est pas la nôtre, par exemple les pratiques rituelles des autres religions (viandes immolées, prophéties des pythies, place des femmes dans l’univers juif, grec ou romain, mœurs locales “à la corinthiennes”, la notion de résurrection et l’espérance des croyants qui ne correspondent pas à la philosophie d’Athènes. Certains commentateurs actuels font attention au contexte, d’autres non, hélas.

 

 

Développement de l’annonce jusqu’à Thessalonique

Si les communautés chrétiennes de Judée sont plutôt restées repliées sur elles-mêmes, d’autres groupes de chrétiens, à commencer par Etienne, annoncent l’Evangile aux juifs de la diaspora et à leurs amis, d’origine païenne. Une communauté chrétienne existe à Damas, une autre se constitue très vite à Antioche. En l’an 36, à Jérusalem, Saül avait été témoin du martyre d’Etienne. Il poursuit les chrétiens jusqu’à Damas. Sur le chemin, il découvre l’appel du Christ et se convertit. On retrouve Paul à Antioche, deuxième ville de l’empire romain. A partir d’Antioche, vers 45, Paul étend la proclamation de l’Evangile en Asie mineure, à Chypre et en Galatie dans un premier voyage puis, plus à l’ouest dans un second voyage : Philippes, Thessalonique, Athènes, Corinthe, retour à Jérusalem. La prédication de Paul dans les synagogues provoque des sentiments contrastés (Actes 13, 42-45). Plusieurs fois, Paul est obligé de fuir, espérant cependant voir se développer ce qu’il a semé. Il en est ainsi à Philippes, puis à Thessalonique. Les ch. 13-17 des Actes rendent compte des premières missions de Paul et Barnabé. Le désir de ne pas abandonner ceux qu’il à éveillé à la foi sera à l’origine des premières lettres : elles sont le prolongement de sa prédication.

 

Nous devons imaginer les conflits de civilisations : Paul est Juif, de culture juive et rencontre la culture grecque, romaine, ainsi qu’une multitude des religions païennes locales. L’incompréhension entre Paul et les grecs à Athènes illustre ce type d’incompréhension. Comment pouvait être reçue l’annonce de la résurrection de Jésus (et la nôtre), à des philosophes et des sages dont l’idéal est que l’esprit (l’âme) rejoigne la Lumière éternelle loin d’un corps mortel et voué à la destruction ? Au fil des lectures, les fiches tiendront compte de ces points de ruptures culturelles sans lesquels nous risquons de ne pas comprendre Paul et les chrétiens de son temps.

 

 

Aux origines de la lettre aux Thessaloniciens

Paul a quitté précipitamment les Thessaloniciens et il se fait du souci pour leur foi fragile. Il envoie Timothée aux nouvelles. A son retour, Paul s’empresse d’écrire une lettre de soutien et d’action de grâces. En même temps, il apporte quelques précisions au sujet de l’agir chrétien et de la résurrection. Les Thessaloniciens s’interrogent : en effet, le Christ avait annoncé son très prochain retour ; or des chrétiens étaient morts avant qu’il ne revienne : auront-ils part aux fêtes du grand retour ? Dans cette première lettre de Paul, on ne trouve pas les grandes affirmations théologiques qui fleuriront avec Corinthiens Philippiens ou Romains, mais des images sont à décrypter. 1 Thessaloniciens est le tout début d’un nouveau genre littéraire dans la civilisation occidentale.

C’est le premier écrit de notre bibliothèque appelée “Nouveau Testament”. Selon les habitudes épistolaires, la lettre commence par le nom de l’expéditeur et celui des destinataires. Elle se continue par une prière en forme d’action de grâce. En 1 Th., elle est très longue, puis le corps de la lettre traite l’objet de ce courrier. La lettre se termine à nouveau par l’action de grâce, des nouvelles des amis et des vœux.

 

 

La lettre aux Corinthiens

Paul avait quitté précipitamment Thessalonique pour Bérée. Il passe à Athènes (cf. Actes17-18) mais son discours n’est pas convaincant. On peut imaginer Paul qui déambule dans la ville des philosophes ; il est même invité à présenter sa doctrine à l’Agora (place publique), mais l’idée de résurrection des corps ne passe pas. Le relatif échec à Athènes explique la manière ont Paul se présente aux gens de Corinthe : “ je n'ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Moi-même, je me suis présenté à vous faible, craintif et tout tremblant, et ma parole et mon message n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse…” 1 Co 2, 1-3. Paul est resté 18 mois à Corinthe avant de retourner à Jérusalem. Paul reste en contact avec les communautés qu’il a fondées. Au cours d’un autre voyage où il passe par Antioche et la Galatie, Paul arrive à Ephèse où il séjourne deux ans. C’est de là que lui parviennent de nombreux échos de la vie des communautés corinthiennes (de Corinthe à Ephèse, il n’y a qu’un bras de mer à traverser).

Les Actes, ce ville en ville Les Actes, ce ville en ville  

 

 

La première aux Corinthiens est une longue lettre. Elle rassemble probablement plusieurs billets de circonstance envoyés par Paul en réponse à des questions précises, par exemple les divisions et les appartenances à divers groupes, les pratiques des religions païennes, les mœurs, l’organisation des assemblées, la place des femmes, la résurrection, les charismes. On trouvera des principes d’organisation ecclésiale, fort utiles aujourd’hui encore, comme par exemple l’ordre des ministères (cf. 12, 28-30), ou les critères pour apprécier ce qui se dit et se fait : non en fonction de soi-même ou de l’esprit qu’on s’attribue, mais au service de l’édification de l’unique Corps, au service de l’Assemblée. La diatribe au sujet du “parler en langues” au ch.14 est explicite et se termine par un rappel au bon ordre. Il arrive aussi à Paul de s’énerver : “Et si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude !” 1 Co.11, 16. Puisse la lecture attentive nous faire apprécier Paul.  E.H.

 

Fermer