Jésus chamboule les habitudes religieuses

3ème dimanche de carême

 Exode 20, 1-17 : le contrat d'alliance entre Dieu et son peuple; 1 Corinthiens 1, 22-25: prêcher un messie crucifié. Jean 2, 13-25: les vendeurs chassés de la cour du Temple.

 

Nous sommes habitués à situer l'épisode des vendeurs chassés du Temple quelques jours avant l'arrestation de Jésus. Or la lecture entendue ce dimanche, de l'évangile selon Jean, nous montre l'expulsion des vendeurs comme le premier geste de Jésus à Jérusalem tout au début de sa mission: chapitre 2, juste après le passage de Jésus aux noces de Cana.

On peut toujours dire que cela n’a pas d’importance ! On peut aussi prendre le temps de se demander pourquoi Jean a voulu placer en tête de son évangile cette histoire. Ce Jésus qui se pointe à Jérusalem vient faire le ménage dans une religion qui s’est habituée à un certain décorum, marqué par les fumées des offrandes et sacrifices, le ballet des prêtres et officiants dans l’espace tout neuf que vient de restaurer Hérode… On trouve ainsi des catégories de personnes qui ont accès (ou non) au plus près de l’espace sacré, les autres relégués au loin. On s’est même habitué à voior la plaque de marbre qui interdit l’accès à Dieu pour les impurs.

Jésus vient bousculer ce bel agencement prévu par la religion, c’est-à-dire par les prêtres et leurs petits amis… car on oublie de préciser que ces vendeurs sont les petits copains des grands prêtres et qu’ils ont su montrer patte blanche pour avoir accès à leur office. Etait-ce le cœur du contrat d’alliance conclu entre Yahvé Moïse et son peuple au Sinaï, tel que le rapporte Exode ch. 20 (première lecture) ?

 

Qui n’a pas émis quelques appréciations (positives ou négatives) sur ce pape venu d’Amérique latine et qui bouscule les habitudes paraliturgiques de ses prédécesseurs, comme si l’essentiel était de porter pallium sur le dos et mules rouges aux pieds, ou calotte saint Sixte sur la tête… alors que le cœur de la foi est de pouvoir s’approcher de Dieu et de le prier chacun dans sa langue avec les mots du cœur : Notre Père… Ce fut un étonnement de voir la foule des étrangers au Vatican place saint Pierre prier pour l’Eglise, le monde et le pape nouvellement élu.

 

La restauration actuelle du décorum sacré voulu par quelques-uns ne correspond pas à Jésus-Christ et la mission à lui confiée ainsi qu’à son Eglise. Voilà sans doute le motif principal qui mènera Jésus à la mort et pour lequel Jean place en tête de son évangile ce grand chamboulement. La réaction ne s’est pas fait attendre, puisque dès ce premier geste il y a allusion à la mort du jeune trublion. La suite de l’Evangile (ch. 5-11) ne sera que succession de contestations et refus d’entendre Jésus, celui qui est Lumière, Vérité et Vie pour tout homme et toute femme, y compris la femme adultère (ch.8).

 

Comment faire pour accorder notre religion aujourd’hui avec le visage que voulait en donner Jésus au début de la proclamation de l’Evangile. EH.

  

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