Loué sois-tu avec ta Création !

Edito Eglise d'Arras 13-2015

Loué sois-tu avec ta Création !

 

Pour méditer sur le monde présent et à venir, faut-il se retrouver seul sur une bretelle d’autoroute devant le tunnel de Calais, environné de centaines de camions à l’arrêt avec des centaines de migrants qui courent pour monter dans un camion, alors qu’ils ont poursuivis par des dizaines et des dizaines de C.R.S ?. Cette attente permet d’apercevoir les barrières, grillages et barbelés. Alors que d’autres pays installent barrières et murs pour empêcher les migrants d’entrer, en France, on les installe pour empêcher les migrants de sortir !!!

 

Ce même jour, le 17 juin, le monde entier s’apprête à recevoir pieusement ( ?) l’encyclique du pape pour qui le combat pour les exclus et le combat pour une terre durable, ce n’est qu’une seule et même matière et elle n’est pas à option. Pollution et culture du déchet affectent la planète entière (Laudato si, § 20). Le pape François n’invite pas à créer en soi un gentil sentiment devant la beauté du monde, même s’il s’inspire de François d’Assise. Ainsi deux versets lucides du Cantique des Créatures se succèdent : “ Loué sois-tu, par ceux qui pardonnent pour ton amour… Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels”. Jusques à quand seront-nous prédateurs de la Création alors que nous devrions en être les gardiens dans la fraternité, la justice et la fidélité aux autres ?

 

L’encyclique commence et se termine par un appel à l’émerveillement, mais le cœur du document interpelle tout homme, qu’il soit croyant ou non : Que se passe-t-il dans notre maison commune ? On ne peut séparer détérioration de la qualité de la vie humaine et dégradation sociale. Dit autrement : sciences sociales, économie et écologie sont à mettre en œuvre sans les dissocier. Soyons cohérents dans tous les registres de notre vie. Puisse le temps l’été ne pas mettre cette lettre sous le boisseau (ou au fond du tiroir !)

 

Début juin, les catéchistes d’un doyenné ont pris le temps de remercier le Seigneur pour ce qu’ils avaient vu au cours de l’année, de la part des enfants, des parents, des chrétiens de la paroisse ou de l’école. Bien d’autres chrétiens du diocèse ont pu vivre des temps de bilan et d’émerveillement : l’Esprit saint ne fait-il pas des merveilles par nous et par ceux que nous rencontrons ?

 

Nous ne pouvons cependant pas oublier les chrétiens de Mossoul et autres minorités décimées par Daesh, ni les migrants qui meurent en haute mer, ni les victimes des injustices et du chômage. L’interdépendance des créatures est voulue par Dieu, affirme le Catéchisme, et nous devons mettre en œuvre le principe du Bien commun… Il présuppose le respect de la personne humaine, exige le bien-être social et le développement des divers groupes intermédiaires (familles, ethnies, etc.)

 

A nous de prendre soin de ce monde blessé, comme Marie a pris soin de Jésus.

Dieu d’amour, montre-nous notre place dans ce monde comme instrument de ton affection pour tous les êtres de cette terre, parce qu’aucun n’est oublié de toi.

 

Profitons du temps de l’été pour retrouver le regard du Christ sur toute chose et toute créature, comme le rappelle François aux § 95-100 : « Jésus n’apparaissait pas comme un ascète séparé du monde ou un ennemi des choses agréables de la vie. Il était loin des philosophies qui dépréciaient le corps, la matière et les choses de ce monde. … Ressuscité, il est présent dans toute la Création. Dieu s’est plu à faire habiter en lui toute plénitude et, par lui, à réconcilier tous les êtres, aussi bien sur la terre que dans les cieux. »

Abbé Emile Hennart

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