L’amour de Dieu répandu en nos cœurs

Fête de la Trinité

Proverbes  8,22-31 ; Romains 5, 1-5 ;  Jean 16, 12-15

 

Après la fête de Pâques, nous avons continué à vivre au rythme de Jésus et de l’Esprit durant les cinquante jours qui ont mené à la Pentecôte : récits des apparitions, du discours de Jésus le jeudi saint, proclamation de l’Evangile à toutes les nations. Avec la liturgie nous entrons dans le temps ordinaire, celui de la vie de l’Eglise. Le nouveau Testament est clos avec les derniers écrits de l’époque apostolique. Mais l’histoire de l’Eglise se continue, se développe. Au fil des siècles, il y eut des réussites, mais aussi des déceptions, des échecs, des conflits entre chrétiens. La mort récente d’un astrophysicien est là pour rappeler que les rapports entre les prédicateurs le dogme et les sciences furent parfois conflictuelles et souvent détestables. Tout ne fut pas inspiré par l’Esprit saint loin de là. Comment une religion de la vérité a-t-elle pu à ce point interdire la lecture des textes sacrés de ses fondateurs… sinon par une vue aveuglée et un esprit de toute puissance. Il ne suffira pas de dire que l’Esprit saint a répandu en nos cœurs l’amour du Père pour que toute tension soit résolue, mais elle est invitation à imiter la volonté de Dieu.

 

Cette volonté de Dieu est de rassembler tous les hommes en un seul peule, une même alliance ; cette volonté est de faire partager à tout homme sa propre vie. Il s’y est engagé en donnant son Fils, en poursuivant son œuvre par l’Eglise au souffle de l’Esprit (relire le chapitre 1 de Lumen gentium). La psychologie et la sociologie des peuples pourraient expliquer pourquoi il n’en est pas ainsi. Certains expliqueront que des esprits, des forces hostiles à Jésus-Christ imprègnent le cœur de chaque homme. Que dire des outrances du Wahhabisme ou des conquêtes des empires coloniaux ? 

 

On fête ces temps-ci la fin de l’esclavage : mais où était l’esprit de fraternité ? Pourtant c’est un fils d’un village de l’est de la France, Jacques Antoine Priqueler, officier de la marine à Nantes, qui dénonce l’esclavage dans les cahiers de doléances, lors de la révolution française… Dieu met au cœur de chacun l’Esprit d’amour. Mais il se peut qu’on le fasse taire ou qu’on refuse de l’écouter. L’Esprit est donné à tous, mais chacun garde sa liberté pour faire fructifier ce don ou l’ignorer. La parabole des talents illustre l’attitude de trois serviteurs, dont le troisième garde bien au frais ce qu’il a reçu pour le redonner sans y avoir touché. Le temps ordinaire est celui où chacun, animé des dons de l’Esprit promis et donné par le Père essaie de mettre en œuvre ce qui lui a été donné “pour la gloire de Dieu et la salut du monde”. De cela chacun aura à en rendre compte. E.H.

Fermer