Message de l'Abbé Xavier, Administrateur de notre Paroisse

Hier matin, je suis allé au cimetière de Vendin-les-Béthune. J’ai prié avec le fils du défunt, et quelques proches. Grâce aux charitables et aux pompes funèbres, nous devions être une douzaine de personnes autour du cercueil.

 

Juste après, je suis parti au cimetière de Verquin. Là aussi, nous n’étions que quelques personnes réunies afin de prier pour le repos de l’âme d’une personne âgée.

 

Depuis le début du confinement, c’est la quatrième fois que j’accompagne des familles en deuil.

 

Perdre un des siens est déjà une grande douleur. Ne pas pouvoir célébrer son départ en étant entouré de la famille et des amis est une épreuve sans nom. Bien sûr, dès que cela sera possible, nous célébrerons des messes avec les proches, mais en attendant, le deuil est particulièrement pénible. Merci de prier pour celles et ceux qui sont confrontés à un deuil durant cette période de confinement.

 

Je remercie les charitables et les pompes funèbres qui aident les familles à traverser cette épreuve.

Je remercie aussi toutes les personnes qui accompagnent les deuils au cours de l’année.

 

Je l’ai toujours dit : ce service est primordial. L’Eglise se doit d’être proche des souffrants. A travers l’accompagnement des familles en deuil, elle soulage - en partie au moins - des peines immenses. Oui, vraiment, merci aux fidèles qui écoutent, consolent, accompagnent et relèvent ceux qui pleurent.

 

L’Evangile de ce dimanche nous montre Jésus se rendant au cimetière. Il pleure.

 

Prenons le temps de regarder Jésus pleurer. Il ne s’agit pas de voyeurisme. Observons Jésus. Comprenons le sens de ses larmes. D’où lui vient une telle émotion ? Qu’a-t-il donc vécu avec son ami pour être affecté à ce point ? Entrons dans sa peine, comme il entre dans la peine de Marthe et Marie. Acceptons d’être émus.

 

Regardons-le parler avec Marthe. Le dialogue qui s’instaure est paisible. Pourtant, Marthe semble le commencer par un reproche « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. » Jésus ne prête pas attention à la critique. Il entend la confiance. Il entend combien Marthe croît en lui. Au lieu de retenir son mouvement d’humeur légitime, Jésus entend combien Marthe affirme encore sa foi en lui. « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, je crois que tu es le Fils de Dieu » finira-t-elle par dire. La compassion de Jésus permet l’expression de la foi de Marthe.

 

Chers charitables, chers agents des pompes funèbres, chers accompagnateurs des familles en deuil, votre compassion permet ce chemin de foi. En pleurant avec ceux qui pleurent, vous ouvrez un espace en leur cœur… Doucement, ils découvrent l’Espérance.

 

Le mystère de la résurrection de Lazare est aussi notre mystère. Le Christ nous fait sortir du tombeau de nos peurs ou de nos jugements hâtifs. Il nous rejoint, nous écoute. Il prend sur lui. Et quand vient l’instant, il nous aide à comprendre la vérité sur les événements, et surtout sur sa propre personne. Il est notre Sauveur. Il nous ressuscite. Il nous fait sortir de toutes les ornières, de toutes les ténèbres. Sa vérité est plus forte que tout.

 

Je prie pour qu’aujourd’hui et demain, notre Eglise sache encore mieux vivre sa mission auprès des familles éprouvées par le deuil.

Je prie pour que des vocations se lèvent : que des hommes et des femmes se forment, non pour remplir une fonction, mais pour témoigner de la compassion du Christ, seul chemin vers le Père.

 

« Beaucoup de juifs qui étaient venus auprès de Marthe et Marie et qui avaient vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui » Jn 11, 45. Le véritable amour rayonne toujours au-delà de ceux à qui il semblait destiné.

 

Bon dimanche à tous.

 

Que Dieu vous bénisse et vous protège.

 

Xavier