Messe d’action de grâce

pour remercier Odile et Bienvenu

Sallaumines, le 12 juin 2016

Messe d’action de grâce pour remercier Odile et Bienvenu

MC3-eux2-SUR PAGE UNE MC3-eux2-SUR PAGE UNE  

Avant une quelconque parole, je vous invite à regarder la Parole…

 

Le merci, le merci incarné, la parole incarnée, c’est Jésus, le Fils de Dieu, le verbe de l’amour, le verbe aimer. C’est lui. Et tout ce que nous recevons les uns des autres, il en est la source. C’est notre foi. Tout ce que son corps a permis, toutes les relations qu’il a tissées, nous en sommes les bénéficiaires. Et aujourd’hui en Eglise, en peuple, en famille, on essaie, du mieux que l’on peut, d’être son image, son corps. Nous essayons, aussi bien que possible, de créer des liens qui disent Dieu au cœur du monde.

 

Aujourd’hui c’est vrai, et on l’a dit, beaucoup auraient aimé être présents, mais pour différentes raisons ne peuvent pas l’être. Ils sont unis à nous par des cartes, par la prière, par le téléphone. Parmi eux, on pense aux prêtres, aux diacres, aux religieux, religieuses, à ces innombrables laïcs engagés dans le monde, et puis à celles et ceux qui sont à Lourdes et qui prient pour vous, pour vous deux particulièrement, et pour nous tous. Depuis Lourdes ils demandent à Dieu que nous fassions communauté, que nous soyons un signe de cette Parole qu’est le Christ pour un monde qui, trop souvent, est dans le bruit.

 

Sans trop braquer l’objectif sur l’un et sur l’autre, il est quand même important, et normal, de souligner quelques éléments de la manière dont toi, Odile, et toi, Bienvenu, êtes des témoins de cet amour du Christ, de cette Parole dans le monde.

 

D’abord te concernant, Odile, une présence dans un quartier, avec les sœurs. Une présence toute simple, et il faudrait laisser ici la parole à vos voisins et voisines. Une présence pour dire qu’on est ensemble, on est avec. Une présence avec du punch… C’est vrai quand on y pense, Odile ne tient pas en place ! Mais vous le savez aussi bien que moi. Et si jamais un jour vous pensez être dans l’immobilisme, surtout évitez de la croiser. Mais ça c’est le feu de l’Esprit Saint qui prend une personne, et qui de fait, au cœur d’un quartier, ou plus largement au cœur de la ville, amène à vivre des projets, parfois fous.

 

Une présence également bien particulière, et depuis longtemps, à ses amis demandeurs d’emploi, aux personnes qui trop souvent sont à la marge. Combien de discussions, combien d’échanges, de coude à coude, pour essayer de trouver des solutions, pour redire l’espérance et la vivre. Avec eux oser la vie. Car ce n’est pas parce que l’on est sans emploi qu’on est sans cœur, au contraire ! Bien souvent, les gens qui ont peu donnent tellement. Et tu en fais l’expérience.

 

La fraternité, le sens de la communauté peut vivre la prière au cœur du monde, une prière qui porte le monde, tous les bruits du monde. Pas seulement les bruits difficiles, « le boucan », mais aussi toutes ces petites choses, tous ces petits événements qui font que des hommes et des femmes transforment le monde, dans des associations, des écoles, toutes sortes de lieux. Ces bruits du monde où l’on dit merci à Dieu, avec la communauté, avec les sœurs et avec chacun.

 

On va arrêter là notre panel, il y aurait trop à dire. Et nous allons voyager vers un pays qui est venu nous visiter… Ce pays, c’est un beau pays. Certains d’entre vous le connaissent. Nous, pour la plupart, ne le connaissons pas encore. Alors Bienvenu, tu nous invites ! Voilà : on sait que c’est un pays où, comme dans tous les pays, tout n’est pas simple. Mais il y a des artisans de paix et nous savons, nous l’avons éprouvé, tu en es un ! Et tu l’as montré dans de nombreux moments différents de cette vie ici : ta douceur, ton écoute, ton humilité, l’obéissance, comme celle d’Odile, la constance fraternelle, tout cela nous est resté comme un beau témoignage. Et vraiment, là aussi, à toi également, MERCI ! Les membres des équipes END, les membres de la paroisse ici, et bien d’autres savent que cette parole de Jésus, elle est en toi et tu le perçois en nous.

 

Tous les deux, vous avez accepté d’être disciples du Christ, et nous aussi par notre baptême. C’est un chemin de croix quelquefois. Le Christ l’avait dit : « Prenez votre croix. » On ne peut pas être disciples du Christ sans cette dimension-là dans la mission. Il y a des déchirures. Un départ en est une. Mais au-delà de ces souffrances, il y a la joie immense, inouïe, indicible, de servir.

 

Et ça vous le savez. Le plaisir de servir. De servir au nom de Dieu. On n’est pas à son compte. On ne fait pas les choses pour être vu, pour recevoir une quelconque gloriole. Le bonheur, la joie des béatitudes, c’est de servir Dieu par les frères, pour Dieu et pour les frères. Jésus nous dit : « Allez, faites des disciples et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit… Et quand nous commençons une célébration comme celle-ci, c’est le geste que nous faisons. Nous sommes au nom d’un Autre, pour un Autre et nous annonçons cet Autre que nous aimons.

 

Le départ, votre départ, mais aussi le départ de l’abbé Gérard qui devient doyen dans le Calaisis, qui aurait vraiment voulu être là et qui, encore une fois, prie pour nous, l’arrivée de Vincent comme nouveau curé de la paroisse puisque Bienvenu nous quitte, ma nouvelle responsabilité... Des changements qui amènent à la question suivante : comment allons-nous faire pour que l’Evangile, au cœur de cette paroisse Marcel Callo, mais plus largement, continue d’être annoncé, pas simplement à la messe le dimanche, aussi essentielle soit-elle, mais dans les quartiers justement, auprès des jeunes, à l’occasion d’événements familiaux tels que les mariages, les baptêmes ou les funérailles ?

 

Bien sûr vous me voyez venir. Il manque, pour vivre la vie chrétienne au cœur de cette ville, et de ces villes, des personnes qui donneraient un peu de temps, un peu plus. Mais ces personnes ne sont pas forcément parmi nous, parce que, vous connaissant, voyant vos visages, je sais à quel point beaucoup sont déjà bien engagés. Comment allons-nous chercher d’autres acteurs de l’évangélisation ? Est-ce qu’il faut à tout prix des gens qui ont des niveaux d’études supérieurs pour annoncer l’Evangile ? Non ! Il faut des gens qui ont du cœur. Et nous en connaissons tous. Allons leur demander leur aide pour annoncer la miséricorde de Dieu. Parce que c’est ça l’enjeu : il ne s’agit pas de grossir les troupes. L’enjeu, c’est de dire au monde que ce monde est aimé de Dieu, quelles que soient ses failles quelquefois.

Vous avez choisi de prendre l’évangile de l’annonce (Matthieu 28, 16-20), justement pour dire qu’il faut la vivre ensemble cette annonce. Si nous avions pris l’évangile du jour (Luc 7,36 - 8,3), nous aurions vu comment Jésus accueille une femme que d’autres disent pécheresse. Elle est enfermée dans un jugement de la part de tant de monde. Et Jésus va dire à celui qui l’accueille, à Simon : « Tu vois cette femme ? » Il regarde en elle non pas le péché, car il y a le péché, il le dit d’ailleurs, cette femme aux « nombreux péchés ». Mais ce n’est pas cela qu’il regarde. Il regarde l’amour de cette femme, la manière dont elle vit et le Christ pardonne.

 

L’enjeu, ici, dans notre secteur, dans notre paroisse, c’est d’annoncer le regard bienveillant de Dieu sur le monde et le pardon de Dieu. Et il faut des évangélisateurs pour cela. Mais ils ne sont pas nombreux parmi nos proches. Ce ne sont pas les prêtres et les religieux uniquement qui annoncent l’Evangile au monde aujourd’hui. Ce sont tous les baptisés que vous êtes. Alors oui, il faut du monde pour les équipes funérailles, l’accueil, les mariages et j’en passe, … pour fonder des mouvements. Il faut former des apôtres. Il faut annoncer la miséricorde de toutes les façons possibles.

 

Et puis, et je finirai là, si vous voulez faire un cadeau magnifique à l’un et à l’autre, bien sûr il y a ces fleurs réunies en bouquet, bien sûr il y a toutes les cartes que vous avez écrites, bien sûr il y a tous ces gestes. Mais le plus beau cadeau que vous pouvez faire à un consacré, c’est d’aimer Dieu et de l’annoncer. « Allez donc ! ... Faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. » Amen.

 

Abbé Xavier

Fermer