le Dimanche 05 mai 2019


Bapaume

Nous sommes des semeurs d’étoiles

 

Ce matin, je rencontre Agnès Debray de Flers, ancienne professeure des écoles, mariée, mère de cinq enfants et six petits-enfants.

A sa retraite en 1998, elle a voulu s’investir dans le bénévolat, c’est Sœur Marie-Pierre qui l’a accueillie au sein de l’aumônerie de l’hôpital de Bapaume et l’a formée.

Aujourd’hui, Agnès est chaque mardi après-midi à la Maison de Retraite, où elle rencontre les personnes valides en salle, et apporte la communion à plusieurs.

Depuis 2006, sa mission s’est élargie aux soins palliatifs.

 

Quel accompagnement donnez-vous aux personnes en fin de vie ?

C’est un accompagnement global de toute la personne : le physique par les gestes, le toucher, le psychologique par l’écoute, les regards ; le spirituel, selon les demandes par la prière et l’accès aux sacrements.

Je fais partie de l’association « Nymphéas », spécialisée en soins palliatifs sur l’hôpital de Bapaume. Nous voyons des personnes de toutes confessions ; nous accompagnons les familles, autant que les malades.

 

Comment êtes-vous perçue ?

Aider les personnes en attente du passage, c’est leur offrir une ouverture sur la vie, leur faire entrer du soleil dans des moments douloureux, casser leur solitude, témoigner un peu de tendresse pour leur montrer qu’elles ont de l’importance pour Dieu et pour nous. Quelqu’un disait que nous sommes « des semeurs d’étoiles ». Bien souvent, ils attendent notre passage et nous accueillent avec un grand sourire ; nous sommes aussi des repères dans le temps, ils comptent les jours en attente de nous revoir…

 

Et vous, comment le vivez-vous ?

Nous devons essayer de ne pas nous attacher sentimentalement, mais c’est difficile ! Je me souviens de ce jeune de 33 ans et de ses parents très présents que j’ai accompagné bien longtemps. Parfois en sortant j’ai besoin de respirer et je ne peux empêcher mes larmes.                             J’ai vécu un moment difficile après le décès de ma mère, j’ai demandé à l’équipe de lever le pied pendant un mois, c’était trop dur !

Lorsque la charge nous submerge, nous en faisons part lors des réunions hebdomadaires avec le médecin et l’infirmière. En équipe d’aumônerie, nous avons l’abbé René Deleflie qui nous aide lors de nos rencontres mensuelles.

Même si c’est parfois difficile, je ne pourrais pas m’en passer, je rentre chaque fois avec quelque chose de nouveau dans le cœur, je ne peux pas expliquer, mais il y a toujours de quoi rendre grâce ! On côtoie la solitude, la souffrance, le désespoir parfois, mais on rencontre toujours un accueil chaleureux, un sourire, un merci, une lumière qui brille dans les yeux de la personne à laquelle on offre notre présence, on ressent surtout un besoin d’amitié, d’attention fraternelle.

 

Que voulez-vous ajouter ?

Notre équipe de Bapaume n’est plus assez nombreuse, nous ne pouvons pas visiter tous les résidents. C’est de grand cœur que vous serez accueillis, venez nous rejoindre ...

 

« Vous les chrétiens, quand vous passez nous voir, votre visite nous réchauffe le cœur, davantage que la flamme d’un brasier »    Abbé Roland Delplanque

 

 

                                                               Propos recueillis par Nadine Demory

 

 

 

 



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