Journée des équipes d'animations de paroisses.

Portez la Lumière - Assemblée diocésaine 2006

Tous les trois ans, se tient  l’Assemblée générale diocésaine. Etaient convoqués par Monseigneur Jaeger  tous les curés et les laïcs associés à l’exercice de la charge pastorale. Ce fut une journée spirituelle, temps de ressourcement, occasion de relire les étapes de la restructuration des paroisses à la lumière de l’Evangile.

 

Le temps de l’eucharistie
La journée commençait bien tôt par la liturgie eucharistique dans la cathédrale de Saint-Omer que n’avaient pas encore réchauffée les rayons du soleil printanier. Dans son homélie, Mgr Jaeger rappelait le sens de la démarche : « vous venez pour entendre la Parole de Dieu et c’est en elle que nous trouvons la raison de cette assemblée. Alors que nous sommes préoccupés d’organiser la pastorale, de suppléer l’absence de prêtres et de rassembler les jeunes, nous commençons par écouter la Parole. Nous sommes des envoyés et des témoins de la Parole, Bonne nouvelle de l’Amour de Dieu qui invite à renaître : non pas proclamer de fuir l’humanité et ses combats mais annoncer et manifester la présence, l’amour et le pardon de Dieu qui vient à la rencontre des hommes. Dans l’eucharistie nous exprimons notre joie du chemin parcouru, même si nous sommes parfois en colère devant les difficultés… ».

 

Le temps de l’enseignement  lire le texte de Paul Scolas

Le père Scolas, théologien et vicaire épiscopal du diocèse de Tournai proposait de suivre le fil conducteur de l’évangéliste Jean quand il nous parle de Nicodème. Nicodème qui vient de nuit ne représente-t-il pas notre propre histoire avec les questions et les doutes ? Nous voulons voir, nous voulons voir demain, et nous sommes dans la nuit. Nous cherchons, comme Nicodème. De la rencontre surgit l’appel à renaître d’en-haut, une naissance qui nous tire vers le haut. Comme Nicodème, se pose la question « comment cela se peut-il ? »

 

C’était déjà la question de Sara à propos de l’annonce d’une naissance dans ses vieux jours ; c’est encore la question d’Elizabeth avant la naissance de Jean-Baptiste, c’est aussi notre question dans la nuit : comment se fera la (re)naissance de l’Eglise ?. Le père Scolas évoque nos lamentations : on ne trouve plus personnes, on a tout essayé, etc. Notre tentation est de tenter d’organiser, de réorganiser , de combler les trous, alors qu’il faut engendrer, naître à nouveau et non vouloir refaire comme hier.

 

La pointe d’ironie de Jésus « Tu es maître en Israël et tu ignores cela ! » s’adresse à tout responsable. Comme pour Nicodème, le savoir et la connaissance amènent le risque de passer à côté de l’expérience du Christ en croix. Au cœur de la nuit, Jésus appelle à venir à la lumière, à faire la lumière et à faire les œuvres de Dieu. Alors que tout semble terminé, c’est alors que tout commence : Jean voit dans le Christ transpercé la naissance de l’Eglise.

 

Le père Scolas invite alors à méditer deux questions : « Comment sentons-nous et portons-nous les questions du Peuple de Dieu ? Quand avons-nous vu des hommes et des femmes renaître ?

 

EAP EAP  L’enseignement se poursuit l’après-midi par une réflexion sur le désir de voir, de savoir l’avenir. Le père Scolas invite à reprendre ce qui se vit aujourd’hui, ce qui naît dans les paroisses comme initiatives comme signes d’une nouvelle naissance. Cela ne se peut que dans la prière et l’espérance. L’assemblée chrétienne est invitée à continuer la vision d’Ezéchiel (ch.47) . Alors que Jérusalem est détruite et le Temple rasé, Ezéchiel voit en vision le Temple reconstruit. Du coté droit jaillit une source qui va irriguer jusque dans les déserts les plus arides. Du côté du Christ il sort du sang et de l’eau… Nicodème et nous-mêmes sommes invités à renaître d’eau et d’Esprit. Comment cela se fera-t-il ?

 

Nous n’avons d’autre possibilité que de voir avec les yeux de la foi et d’annoncer que la vie n’est pas définitivement perdue. Dans un monde au regard court, nous avons à annoncer que la chair, souvent blessée, peut être le lieu de la source. Mais pour inscrire dans le concret cet acte de foi, ce mystère de la foi, l’Eglise nous donne trois axes de l’unique mission : autour de la célébration, autour de l’annonce, autour du service. Dans ces trois dimensions, nous témoignons en paroles et en actes qu’un avenir est ouvert.

 

Par le service de la prière, commune et privée, l’Eglise pose un signe au milieu du monde : elle élève une prière de louange et d’espérance dans un monde qui désespère.
Par le service de la Parole elle ouvre un avenir. Le père Scolas invite à travailler la Parole de Dieu. A la suite de St Augustin et de St Thomas, grands penseurs d’Eglise et d’humanité, l’Eglise doit oser une parole prophétique dans la diversité de ses membres. L’Eglise est convoquée par la Parole et elle a pour mission d’annoncer la Parole.

Le service du frère. Il s’enracine dans le geste du Christ qui lave les pieds des disciples. Quand l’Eglise devient créatrice de lien social elle est fidèle à sa mission. Révélatrice de fraternité, c’est sa manière d’inscrire l’Evangile dans l’histoire aujourd’hui.

En conclusion, nous sommes appelés à faire la lumière, à venir à la lumière, à la source qu’est le Christ pour pouvoir ensuite porter cette lumière.

 

Le temps des ateliers.
Ateliers Ateliers  L’assemblée diocésaine était appelée à aller à la rencontre de témoins. Une cinquantaine d’espaces de rencontre ont permis d’entendre et de dialoguer : Petite enfance ou catéchuménat, célébrer et se rassembler, rallier les jeunes et aller vers, annoncer l’évangile. C’était autant de manières d’exprimer une Eglise qui naît, parce que des baptisés prennent en main des lieux de vie. Les échanges dans ces stands ont permis de se nourrir, de puiser des idées, de découvrir des démarches autres, d’établir des contacts dans le souci de rendre la paroisse toujours plus missionnaire.

 

Le temps de la prière et de l’envoi

 

Je t’offre Seigneur ces quelques fleurs… je les dépose au pied de la croix… Quelques notes de musique sur quelques mots, quelques gestes simples ont suffi pour rassembler ce que chacun avait au fond du cœur au soir de cette longue journée. Des fleurs pour Jésus, mais aussi des fleurs pour les participants, les acteurs de la vie de l’Eglise.

Vous êtes au service de l’Eglise, de l’homme, de la société dira Mgr Jaeger. Le pari des EAP est en passe d’être gagné. On est allé vite et loin, en particulier dans l’association de prêtres et de laïcs. Les blessures et l’attachement aux choses qui disparaissent peuvent troubler la lumière… mais j’ai vu et entendu naître des fruits dont vous êtes les jardiniers... Nous continuerons d’être au service des petits, nous continuerons d’appeler les jeunes. A ceux qui disent qu’on n’y arrivera jamais, je sais qu’il y a du pain sur la planche, mais je sais aussi qu’il y a des ouvriers pour le pétrir ! Monseigneur remet alors à chaque responsable d’EAP une bougie en signe d’envoi : portez la lumière.

 

Sur un air d’accordéon, Xavier et Christophe s’étaient interpellés :
Comment tu t’appelles ?
Joyce ! et toi ?
Life, Peter Live… en français, Joie, et Pierre vivante…
nous sommes tous des Peter Live, des pierres vivantes ! qu’on se le dise !

E.H

 

Micro-trottoir

A l'occasion de l'Assemblée diocésaine, un micro-trottoir permettait à quelques animateurs d'équipe d'animation de paroisse d'exprimer quelque chose de leurs joies, de leurs attentes, leurs insatisfactions, parfois… Neuf membres d’EAP témoignent.

 

Chantal, de Lens, animatrice à l’EAP de la paroisse Saint-François d’Assise parle au nom de son équipe :

Notre grande joie, notre grande satisfaction fut notre pèlerinage à Assise, l’an dernier. Il a rassemblé des personnes de nos huit communautés. Nous n’étions pas sûrs, au départ, de pouvoir faire quelque chose avec toutes ces sensibilités différentes. Ce fut formidable, un ciment pour l’EAP et la paroisse que nous voulions souder dès l’origine.

Des souhaits, une attente ? Oui… Tournée vers les jeunes que nous avons tant de mal à accrocher. Trouver le moyen de les accrocher et surtout celui de les retenir. On les a ponctuellement mais on ne les voit plus jusqu’à la fois suivante, où on les réinvite. 

Petite déception : Nous avons des communautés vieillissantes et nous craignons de laisser beaucoup de monde sur le côté, notamment les personnes les plus âgées. Elles ne refusent pas la paroisse nouvelle mais ont du mal à adhérer, à nous suivre : c’est nouveau, ça va vite. Beaucoup veulent bien « accepter » mais c’est tout.

 

Guy, de Wacquinghen. Il  habite un petit village de 230 habitants, qui fait partie de la paroisse nouvelle Saint-Martin-au-pays-de-Marquise, dans le doyenné du Boulonnais rural.

La première joie qui me vient à l’esprit c’est celle que j’éprouve lorsque je rencontre les enfants à l’occasion des messes que notre EAP organise, soit de jeunes soit avec les enfants du catéchisme. Joie aussi d’y voir les grandes personnes, même les personnes âgées, partie prenante de ces assemblées. C’est un renouveau, un souffle, un « esprit jeune » qui passe.

Je désirerais, en fait de souhait, que notre EAP se réunisse plus souvent, pour mieux sérier les problèmes. On veut aborder beaucoup de choses et on n’arrive pas à tout faire. Il nous faut donc des rencontres plus nombreuses pour être plus concret, pour travailler dans le quotidien et non pas dans « les grandes idées ».

Une insatisfaction ? Elle est liée à mon souhait. On a parfois l’impression de ne pas avancer alors qu’il y a des choses qu’il faut régler une fois pour toutes. Il nous faut donc non seulement parler mais décider.

 

Anne, Marie-Thérèse, et Gérard, tous trois membres de l’EAP de la paroisse nouvelle Bienheureux-Marcel-Callo-en-Mines, s’expriment à leur tour :

« Ma joie première est de faire équipe pour l’Eglise » nous confie Anne Léchevin de Loison-sous-Lens. Je me rends compte que je suis acteur dans l’Eglise. C’est une joie pour moi de ne plus ‘subir’. »

Aller vers l’autre, avoir le souci de l’Autre, ne plus s’enfermer, se tourner vers l’extérieur,  est la satisfaction exprimée par Marie-Thérèse, de Méricourt. « Et, dans l’EAP, ce sont nos différences, nos complémentarités qui nous permettent  de nous tourner vers l’extérieur », ajoute-t-elle.

« C’est l’équipe qui permet de tenir dans l’Espérance », renchérit le curé de  cette paroisse nouvelle, l’abbé Gérard.

Des attentes ? « Que l’assemblée, les fidèles soient moins passifs. Que les jeunes vivent plus nos rencontres intergénérations. », dit Marie-Thérèse. Attente et impatience, pour Gérard N. : « Nous vivons actuellement une période de transition. Parmi mes attentes, il y a la volonté de sortir le plus rapidement possible de cette période de transition. Qu’une Eglise traditionnelle devienne beaucoup plus universelle ».

 

Gabriel du Touquet,  est membre de l’EAP de la paroisse La Sainte-Famille-en-Terre d’Opale couvrant  les communes de Cucq-Trépied, Stella, Le Touquet, Merlimont.

Sa joie, ce sont les liens d’amitié qu’il a tissés et avec le curé et avec les autres membres de son EAP, ainsi qu’avec d’autres personnes qui suivent des formations auxquelles il participe, des responsables de mouvements, de services. « Il y a tout un tissu de relations entre nous. Or je crois que si nous pouvons dire quelque chose aux autres ce sera par la façon dont nous vivons entre nous »

Des attentes ? « Oui, une attente surtout : Que l’on ose davantage. Il me semble que d’une façon ou d’une autre on est encore trop prudents. En me référant à ce que nous a dit le père Paul Scolas, j’ajouterai : ne pas hésiter à faire des propositions nouvelles aux paroissiens, mais aussi aux non paroissiens, des rencontres, des échanges, des actions en commun.

 

Michel et Renée-Ange sont membres de l’EAP de la paroisse arrageoise Notre-Dame-des-Blancs-Monts.

Ils se font une joie, en premier lieu, de voir que ce qui ne semblait pas facile, c'est-à-dire rassembler une des communautés, celle de Dainville, avec deux autres, s’est fait et évolue encore favorablement. « Nous faisons des choses ensemble, faisons Eglise ensemble malgré les grandes différences entre Dainville, le village, et Les Blancs Monts, la « banlieue » arrageoise », précise Michel.

Un souhait ? Oui, un objectif ! Aller de plus en plus vers ceux qui sont nouvellement arrivés, comme dans les cités nouvelles, les nouveaux quartiers. Comment les accrocher ?.

Un autre souhait plus qu’une déception : que les gens s’engagent en plus grand nombre avec l’EAP. « Mais ma conviction reste de dire, ajoute Michel, que les bonnes volontés ne sont pas disparues. C’est surtout de notre côté que l’effort est à faire. Comment, nous-mêmes, sommes-nous capables de nous remettre en cause pour être appelants ? »

Article publié par Alicia Lieven - Gestionnaire technique du site internet du Diocèse • Publié • 6572 visites