17 septembre, 24ème dimanche ordinaire

Pour vous, qui suis-je?

Isaïe 50, 5-9 ; Jacques, 14-18 ; Marc 8,27-35.

 

Deuxième lecture

La lettre de Jacques est explicite sur la foi dans sa dimension sociale : Si quelqu’un prétend avoir la foi, alors qu’il n’agit pas, à quoi cela sert-il ? Si vous rencontrez l’un  de nos frères, ou l’une de nos sœurs qui n’a pas de quoi s’habiller ni de manger tous les jours et que vous leur dites « Rentrez tranquillement chez vous… », et si vous ne donnez pas ce que réclame leur corps, à quoi cela sert-il ? Et l’apôtre continue : toi, tu prétends avoir la foi, moi je la mets en pratique !

 

Cela me fait penser aux débats actuels d’une Eglise qui veut retourner à sa sacristie et abandonner le champ social. Cela me fait penser à un titre, dans Le Monde, sur quatre colonnes : « Benoît XVI critique une Eglise européenne plus attentive au social qu’à Dieu ». Cela me fait penser au retour du latin, des ors et des encens dans la liturgie, alors qu’on laisse la société désorganiser les législations garde-fou au service des plus pauvres. Pourquoi tant insister sur l’adoration du Saint Sacrement exposé, et ne pas honorer la présence du Christ dans le frère pauvre, démuni, abandonné de tous ? Jean-Paul II, dans sa dernière lettre, sollicitait les chrétiens à honorer les deux à la fois : "Après avoir reconnu le Seigneur dans l’eucharistie… les disciples sont renvoyés auprès de leurs frères". Il faudrait ici relire les § 27 et 28 de Reste avec nous, Seigneur : « l’authenticité de la participation à l'Eucharistie, célébrée dans la communauté: c'est l'élan qui s'en dégage en vue d'un engagement effectif dans l'édification d'une société plus équitable et plus fraternelle »

 

Pour vous qui suis-je ? » Texte de l'évangile.

Jésus pose la question aux disciples. Il est remarquable qu’aucun d’eux ne cite dans ses réponses: "le prêtre, le grand prêtre", ou "l’homme du Temple" ou "le maître de choeur", mais de de rapprocher la figure de Jésus de l'un des grands prophètes en Israël, de ceux qui contestaient l’habitude de se servir soi-même plutôt que de servir le frère et l’étranger. Le fils de Dieu est celui qui renonce à lui-même et porte la croix à la suite de Jésus.

 

Le signe de la croix.

Il m’arrive parfois de donner au signe de croix le sens suivant : "je veux aimer Dieu avec mon intelligence, je veux aimer Dieu avec mon cœur et, mon voisin de gauche comme mon voisin de droite, je veux le porter avec Jésus. Amen". Faire le signe de croix, c'est reporter sur son propre corps ce que fut la vie de Jésus, un corps exposé aux critiques et railleries de tous, pour avoir voulu porter auprès de tous l'Amour du Père.

La difficulté dans la reconnaissance de Jésus comme Fils de Dieu en son temps venait, non pas de ce qu’il était en tête du hit parad des célébrités d'alors, mais de ce qu’il se plaçait au dernier rang, se faisant serviteur de la multitude. Le retour du religieux aujourd’hui ressemble au désir d’être au-dessus de la mêlée, à côté de la mêlée. Or ce ne fut jamais l’attitude de Jésus sauf quand il se retirait pour parler à son père. Puissent les chrétiens aujourd’hui vivre ces deux dimensions : se retirer pour parler au Père et le prier, et être au milieu des hommes acteurs de solidarité et de savoir vivre ensemble

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