24 septembre, 25ème dimanche ordinaire

Pour vous, qui suis-je?

 

Sagesse 2, 12-20 ; Jacques 3,16 à 4,3 ; Marc 9, 30-37

 

 

L’évangile de Marc est construit autour de la question de l’identité de Jésus. On y rencontre ceux qui reconnaissent, hésitent et doutent, ceux qui rejettent que Jésus soit l’envoyé du Père. Ainsi dès le chapitre 3, les pharisiens classent Jésus comme l’homme à abattre (3,6). On voit aussi les disciples devenir de plus en plus hésitants au sujet de Jésus, ils deviennent comme un aveugle qui ne voit pas trop clair. Au chapitre 10, 52, il ne reste que Bartimée, l’aveugle guéri qui suive Jésus de près. Sans doute les autres suivent-ils aussi, mais l’évangéliste ne le dit pas.

 

Aujourd’hui, nous entendons la réponse de Pierre, limpide et de bonne foi : « Tu es le messie ! ». Et voici que Jésus lui réplique tu ne sais pas ce que tu dis, « passe derrière moi, Satan ! » Il y a de quoi perdre son latin, si toutefois le latin était la langue officielle de Jésus et des siens. D’où vient cette réplique cinglante ?

 

Pour essayer de comprendre je propose une autre question que pose Jésus aux noces de Cana : « Qu’y a-t-il de commun entre toi et moi ?» Ce ‘qu’y a-t-il de commun’ invite à exprimer les liens, l’adhésion à la personne de Jésus ; c’est tout autre chose que la bonne réponse à une question du catéchisme. Jésus propose des signes de cette relation à lui : « marcher derrière moi, prendre sa croix, le suivre, accepter de perdre sa vie et non de la sauver etc. ».

 

Oui, qu’y a-t-il de commun entre toi et Jésus, toi qui reviens de Taizé ou de Lourdes, toi qui es allé à Amettes ou à Boulogne, toi qui étais à la procession à Notre Dame de Boulogne ou d’ailleurs ? Qu’y a-t-il de commun entre toi et Jésus ? Cette présence est-elle signe que tu es prêt à suivre Jésus sur le chemin du service et de la Croix ?

 

Pour comprendre la réplique de Jésus à Pierre, on est en droit de penser que Pierre n’était pas encore prêt à suivre Jésus sur le chemin de la croix. Sa réponse signifiait en fait l’attente d’un messie glorieux, mais pas le messie annoncé par le prophète Isaïe, messie souffrant, humilié qui porte le poids du monde, ses misères et son péché… La réponse que Pierre donne aujourd’hui est une réponse intellectuelle, ce n’est pas encore celle du cœur et de la personne tout entière. Cela viendra plus tard.

 

Quoi de commun entre toi et moi, demande Jésus à chacun de nous (« ti sun kai moi »en grec dans le texte original,Jean 2,4). A chacun de donner sa réponse à Jésus, en quittant le bord du chemin pour marcher sur le chemin, avec lui, derrière lui…  

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