19 novembre 2006, 33ème dimanche ordinaire

 

 

Daniel 12, 1-3 ; Hébreux 10, 11-18 ; Marc 13, 24-32

 

Avec ce dimanche, voici notre dernière rencontre avec des textes de l’Evangile de Marc (année liturgique B). Comme il se doit, le choix des textes nous invite à regarder au-delà du présent. Mais leur interprétation fait problème. Le langage utilisé par Marc (comme Daniel), fait partie du « style apocalyptique », très en usage en Israël depuis le 3ème siècle avant Jésus-Christ. C’est un langage qui est né dans une période de souffrance pour Israël, période de contestation de la foi par d’autres peuples, période de martyres (Le livre des Maccabées a laissé des traces dans notre langage). Saint Jean utilisera et abusera de ce langage apocalyptique lorsque les premiers chrétiens seront confrontés aux persécutions par les empereurs romains : Néron, puis Vespasien, puis Domitien. Il n’a pas eu à inventer les images de cruauté, il les avait sous les yeux. Tout au plus les a-t-il chargé d’une imagerie galactique que ne rejetteraient pas les clips vidéos des groupes sataniques, Gothic, métall et autres post-modernes.

Le but des écrivains religieux d'alors n’était pas de se complaire dans le mal et le malheur, mais d’oser proposer un avenir, un au-delà au temps du malheur. L’Apocalypse, bien relue, est un appel à l’espérance et non à la désillusion ou désespérance !.

 

L’évangéliste Marc fait la même chose… Lui aussi a vu des catastrophes, en particulier la destruction de Jérusalem par l’armée romaine. Il a connu l’exécution de Pierre, de Paul et d’autres chrétiens dans le cirque de Néron. Aux chrétiens qui souffrent il n’annonce pas la catastrophes, car ils la vivent déjà au présent. Marc essaie de leur dire qu’il y a un au-delà au présent: le Seigneur viendra rassembler tous les élus que la persécution aura dispersés. Mais cette ligne de l’Evangile (Mc 13,27), il est rare qu’on la lise et commente, dommage !

 

Aujourd’hui les fidèles du Christ, avec Vatican II, ont un message à délivrer aux hommes de leur temps qui doutent que la terre ait un avenir : "temps de mort que la modernité!" disent certains ?. Ce n'est pas une parole prophétique de chrétien. La Parole est de dire: "Il faut passer ce temps de l’épreuve, en veillant, actifs et résolu au servi e des frères. Il faut oser croire qu’un printemps çà se prépare". Si nous savons reconnaître la venue du printemps à l'arrivée de jeunes pousses encore bien fraîches, savons-nous discerner la venue d’un monde nouveau dans les gestes, parfois bien frêles et timides en vue de la paix, de la meilleure gestion de l’économie, de l’organisation des sociétés, pour un véritable vivre-ensemble… savons-nous discerner ces faibles pousses et leur donner les chances de grandir ? Savons-nous ne pas nous laisser abattre par les vents contraires?

EH