Il courut au devant du fils dissipé

4ème dimanche de carême

 

Josué, 5, 10-12 ; 2 Corinthiens 5, 17-21 ; Luc 15, 1-32

 

 

« Notre curé ne s’occupe pas de nous ! Il est toujours avec des gens qui ne vont pas à la messe ! » ...Responsable du site diocésain, il m’arrive de recevoir ce type de courrier, expression d’une souffrance réelle. Mais cette souffrance est-elle justifiée ?

 

A entendre les reproches faits à Jésus en sons temps, on comprend mieux qu’il ait inventé la parabole des deux fils et du père trop bon.  Dans cette parabole, l’un des fils serait indigne de l’amour du père, tandis que l’autre n’aurait rien démérité. Or voici que le père se tourne vers le fils qui lui cause tant de soucis… comprenne qui pourra!

 

Il s’agit ici du pardon de Dieu pour les plus éloignés, les moins méritants. Mais que nous, devant Dieu, nous passions en dernier, cela nous reste en travers de la gorge!

 Quelle est donc la mission des baptisés, la mission des ministres ordonnés, sinon de témoigner de la présence aimante de Dieu auprès de ceux qui s’en croient les plus éloignés, et non les plus proches.

 

Il est bien d’autres récits de la Bible, ancien et nouveau Testaments, qui dérangent notre ordre établi. Nous acquiesçons à cette parole : "ce ne sont pas les bien portants, mais les malades qui ont besoin du médecin", et pourtant nous prenons bien soin de nous entourer de garanties, de bilans, de diagnostics, au cas où… mais nous ignorons superbement ceux qui n’ont aucune garantie, ni de vie, ni de survie, En Afrique, en arrière pays de Chine ou en Tchéchénie.

 

Je pense aussi, tout proches,  aux réfugiés de Calais, qui n’ont aucune garantie de vie, qui n’osent même plus sortir du bois pour ramasser un morceau de pain, par crainte que la police municipale ne les embarque vers Vernon ou plus loin. Quelques chrétiens et hommes de bonne volonté sont pour eux le visage, la main, la Parole de Jésus. Ce sont bien eux, ces étrangers chez nous,  qui ont besoin de présence humaine et chrétienne, bien plus que nos enfants ou nos parents qui réclament la présence d’un prêtre. Encore heureux si l’on ne demande pas une prière en latin pour rendre Dieu encore plus proche… 

 

Pendant que les élites du Peuple choisi fréquentaient le Temple et ses institutions, Jésus fréquentait les  non fréquentables, et le bon fils, l'aîné reprochera au père de donner de son amour au fils va-nu-pied qui revient de Pigalle.

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