Recevez l’Esprit-Saint et illuminez tout homme.

2ème dimanche de Pâques

 

 

 

 Actes 5,12-16 ; Apocalypse 1, 9-19 ; Jean 20, 19-31

 

Dans le chapitre 20, l’évangile de Jean rassemble les différentes expressions de la foi pascale, de la foi des premiers chrétiens :

* le tombeau est vide. Ce n’est donc plus là que se continue la vie du croyant.

* La rencontre avec Jésus et l’envoi en mission d’annonce et de recréation du lien avec Dieu ;

* le don de l’Esprit-saint. Jean, comme Luc ne réserve pas la rencontre avec Jésus aux seuls “apôtres” mais aux disciples, c’est-à-dire à tous ceux qui acceptent de le suivre.

C’est Jésus qui se donne à voir et à reconnaitre… cela ne vient pas d’une volonté d’homme, mais d’une réception par l’homme de la Parole de Jésus.

Côté spectaculaire nous pouvons être déçus car rien ne vient donner quelque détail que ce soit sur la manière dont Jésus se rend présent, nous avons seulement des éléments de dialogue qui accompagnent le souffle de l’Esprit. Pour Jean, c’est une manière de dire ce qu’il est important de retenir.

 

Don de l’Esprit et envoi en mission

La rencontre avec Jésus et la reconnaissance s’accompagne d’un envoi en mission, là est l’essentiel pour Jean. Jésus, l’envoyé devient celui qui envoie. Cet envoi s’accompagne du don de l’Esprit : il « souffla sur eux ». L’expression souffle ne se retrouve qu’au début de la Bible au commencement de la création… Jean choisit donc de relier une fois encore l’évangile de Jésus avec le Dieu des origines qui crée. “Remettre les péchés” a été perçu par certains théologiens comme un pouvoir accordé aux seuls apôtres. Il vaudrait mieux reprendre une expression de saint Paul : réconciliez-vous avec Dieu, ou la formule de Jean « faire venir à la Lumière ». Les disciples présents, tous les disciples, reçoivent à la fois l’Esprit et la mission de mettre en communication tout homme avec le Dieu Père de tous. Tous les disciples ont appelés à travailler à l’œuvre de réconciliation.

 

Shalom ! la paix sur toi !

L’évangile avait précisé la peur, la crainte dans lequel se trouvaient les disciples, il faut y ajouter aussi le doute. Doute sur “qui est Jésus” en qui ils avaient mis leur confiance ; doute aussi sur ses paroles. Que pouvaient donc croire et retenir ce Lui ses disciples, puisqu’il avait été condamné et exécuté : Shalom : ne soyez pas troublés, ne soyez pas sous l’emprise du doute !

 

Voir et croire

Le disciple Thomas absent représente la multitude de ceux qui se refusent à Jésus. Jésus se donne à voir, à toucher par lui, mais la dernière phrase revient à Jésus : bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru ! L’articulation des deux verbes croire et voir est une caractéristique de Jean.

 

Aujourd’hui nous faisons partie de ceux qui croient sans avoir vu Jésus physiquement. Nous croyons que là ou deux ou trois sont réunis en son nom il est présent ; nous croyons que ce que nous faisons au plus petit des hommes, c’est à Jésus que nous le faisons… Voici donc venu le temps de semer la paix entre Dieu et les hommes et entre les hommes. Voici le temps de redonner confiance à celkui qui doute ou désespère.

 

Les dernières lignes du chapitre constituent l’ancienne finale, rédigée en même temps que la première « édition » de cet évangile. Le ch 21 est le fruit des éditeurs définitifs quelques années plus tard. On retiendra donc la motivation qui a poussé les premiers rédacteurs : tout n’a pas été écrit ! “Mis ceci a été écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ (= envoyé de Dieu et consacré par lui) et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom.  Ceci nous renvoie à l’introduction du 4ème évangile :le Verbe, en lui était la vie, et la lumière des hommes… et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise »

 

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