Lire la Bible, entendre les questions des sciences

Les découvertes actuelles aident-elles à devenir mieux croyants?

 

Titre de revue Recherche biblique  
Titre de revue
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Le texte de cette intervention a été rédigé à partir de la présentation du PowerPoint par l'abbé E.Hennart, lors de la journée Enjeux et Questions du 3 mai 2007 à Wardrecques. Ce document n'est qu'un schéma qui peut aider à remettre en mémoire un contenu plus développé. suppose Un autre texte sera publié qui reprendra l'intervention de l'abbé Marc Jacob.

L'objet de la journée était de présenter un panorama des évolutions de la récherche, et de la manière dont la recherche peut nous provoquer à entrer en dialogue avec d'autres croyants d'hier, pour que grandisse notre foi aujourd'hui.

 

 

Première partie

Bible et Histoire L'histoire de Moïse interrogée Moise  
L'histoire de Moïse interrogée
L'histoire de Moïse interrogée

 

L’histoire « d’après la Bible » est interrogée par les archéologues, historiens et chercheurs. De nombreuses revues et livres paraissent qui remettent en cause ce que nous avons appris de « l’histoire sainte », en particulier au sujet des dates et personnages lointains.

 

Le temps de Josias puis de l'Exil, ont vu émerger la rédaction de la Bible Titre de revue  
Le temps de Josias puis de l'Exil, ont vu émerger la rédaction de la Bible
Le temps de Josias puis de l'Exil, ont vu émerger la rédaction de la Bible
Moïse, l’histoire et la légende

Moïse, Abraham: qui sont-ils ? A quelle époque?Comment comprendre les récits à leur sujet ?

 

Des questions…Invitation à comprendre les démarches interprétatives Titre de revue  
Invitation à comprendre les démarches interprétatives
Invitation à comprendre les démarches interprétatives

Des questions sont soulevées par les découvertes ou non-découvertes, par exemple :

* Pas de traces archéologiques de l’Exode (300.000 hb. pendant 40 ans; des centaines de char au fond de l’eau etc., çà devrait se voir.

* Pas d’allusion au ‘départ d’un peuple’ hors d’Égypte dans les textes d’Égypte que l’on sait déchiffrer

* Des incohérences ou impossibilités entre plusieurs textes.

Alors on a vite fait de parler de légende, de mythe… Les croyants sont invités, non à nier les origines, mais à comprendre les récits sur les origines, et d’abord la manière dont ces textes ont pu être rédigés, et en vue de quoi.

 

 Une nécessité pour rester fidèles aux intentions des auteurs. Décoder les textes  
Une nécessité pour rester fidèles aux intentions des auteurs.
Une nécessité pour rester fidèles aux intentions des auteurs.
 

Notre rapport au texte et à l’histoire

Différentes méthodes de lecture ont cours, qui aident ou au contraire compliquent et rendent impossible la compréhension… certaines lectures refusent tout effort de compréhension.On lira avec intérêt le texte de la Commission Biblique Pontificale publiée en 1993, et préfacée pa rle cardinal Ratzinguer, ""L'interprétation de la Bible dans l'Eglise".

  • La lecture fixiste (ou fondamentaliste)
    elle refuse toute idée d’interprétation. Cà s’est passé comme c’est écrit, y’a pas à discuter !
  • L’illusion positiviste: c’est un désir légitime mais illusoire de croire qu’on peut arriver au fond historique brut, au-delà des textes, et que les recherches
    d’en arriver au fait brut, dépouillé de tout. Par exemple, dans les années 50, on espérait retrouver les paroles même de Jésus, après avooir déshabillé le texte de toute sa construction !
  • La tentation du concordisme
    Elle est fréquente dans bien des livres de vulgarisation, cela revient à dire : la bible avait raison, la preuve on a trouvé ceci… C’est faire coller telle trouvaille (histoire, géographie, archéologie) avec tel texte de la bible. Ce peut être parfois intéressant et utile, mais cela ne donne pas la compréension de l’écriture du texte.
  • Les replis dans la symbolique ou le mythe sont des risques.
    Certains acceptent que le texte ne rendent pas compte de la vérité de type historique ou expérimentale. Ce qui compterait, c’est la symbolique que cela représente. Cette attitude laisserait entendre que dans l’Ecriture, la foi et histoire seraient de deux ordres différents et séparées. Or, avant de parler symbolique et allégorie, peut-être faudrait-il accepter de considérer que la manière dont las anciens comprennent  l’histoire et la manière de l’écrire sont très différente de la notre. Il suffit de comparer Froissart et Joinville (Moyen-âge) au sujet de leur rapport à l’histoire et manière d’écrire
  • L’interprétation interrogée par les sciences
    C’est une attitude d’ouverture qui entend les recherches et les questions qu’elles posent, et acceptent de revoir les affirmations, d’entrer dans une pensée qui chemine à la recherche de ce qu’on bien pu exprimer le sauteurs avec leurs mots et expression à eux. (A lire : le texte de la Commission biblique de 2003)

Archéologie, histoire, exégèseLa base du mur élevé par Hérode pour l'esplanade du Temple est accessible par souterrain. Le mur d'Hérode  
La base du mur élevé par Hérode pour l'esplanade du Temple est accessible par souterrain.
La base du mur élevé par Hérode pour l'esplanade du Temple est accessible par souterrain.

 

Les progrès et recherches des sciences sont permanentes. Ainsi les fouilles autour du mur d’enceinte de l’esplanade du temps d’Hérode, assise du Temple, ou encore la compréhension du premier siècle, avant et après J6C grâce à Qumran, mais aussi la conscience d’écrire l’histoire aux 5-5èmes siècles en Gréce, Egypte, Israël…

Le fonctionnement des sciences humaines peut se résumer ainsi :
1) découvertes ;
2) interprétation et nouvelle hypothèse ;
3) vérification. Et on recommence le cycle à chaque fois, ce qui peut donner à penser que tout est toujours remis en cause, surtout lorsqu’on ne participe pas, pas à pas, à la recherche, et qu’on est mis au courant que lors d’une déclaration exceptionnelle.

N’est-ce pas notre compréhension de ce que les auteurs sacrés nous ont laissé qui est à rectifier?

 

Les rapports science et foi

Trois repères chronologiques  et des personnes jalonnent les débuts d'une relation tumultueuse: :

Copernic  1473-1543
astronome: découvre la rotation de la terre autour du soleil

Galilée 1563-1642, a pris le risque de divulguer les découvertes de Copernic, laissant entendre que des vérités de la Bible étaient fausses.

Darwin 1809-1882 théorie de l’évolution. Il y a aujourd’hui un retour au créationisme (Amérique, fondamentalistes, le new âge et ‘l’intelligence qui guide l’univers).

Avec eux, c’est la Bible qui est interrogée

 

L’archéologie, la  Bible et l'histoire

 Il nous faut apprendre à passer des lectures fixiste aux lectures interprétatives.

 Les sciences du langage, linguistiques et historiques invitent à porter l’attention à ‘’ce qui est écrit’’, au ‘’comment c’est écrit’’. Or nous fonctionnons souvent avec l’affirmation « ce texte, çà me parle ».

 Les sciences du langage (linguistique) et l’histoire invitent à prendre en compte le contexte d’écriture, le rapport des auteurs du texte avec la société de leur époque.

Une insistance aussi se fait jour, (à manier cependant avec prudence) autoour de l’intentionalité : pour---->quoi ce texte est écrit, pour----> qui est-il écrit, ? en vue de produire quel résultat chez les lecteurs ?  Nous sommes donc invités à passer de « çà c’est passé comme c’est écrit » à  « quelle est l’intention du rédacteur ?»

 

Remarque: des influences souterraines, politiques (cf. Ygaël Yadin pour Massada en 1963) ou mercantiles (fausses inscriptions sur sarcophage ; publicité pour tel film de cinéma);mais aussi le poids des habitudes de pensée viennent orienter (ou désorienter notre désir d’interpréter au mieux !… Il en est de même des "images qui se sont inscrites dan snos mémooires après avoir vu un film comme lres dix commandements, oet on ne peut les effacer.

 

Deuxième partie

Changer nos repères de chronologie

 

La chronologie classique que nous avons apprise prend comme base l’époque de David, situé autour de l’an mil. A partie de là, des calculs établissent le temps de Moïse -1250 ans, puis grâce aux indications internes concernant les générations et certians chiffres bibliques, on remonte le temps et établit une chronologie : De la sortie d’Egypte à l’entrée par Jcob et ses fils : 460 ans ; ce qui situait Abraham vers 1700-1800 . En prenant à la lettre les récits sur les patriarches, et leurs âges, ainsi que les généalogies, on estimait la création d’Adam, tel qu’on chantait à Noël : Depuis plus de quatre mille ans nous le promettaient les prophètes.

 

Cette chronologie “d’après la Biblen’est plus tenable depuis les années 70 et les propostions issues des découvertes et analyses en histoire et archéologie (mais pas seulement). Il nous faut désormais prendre comme base la chronologie universelle, âge du Bronze, du Fer etc. et relier les évènements de la Bible avec cette échelle du temps.

 

Le schémas d’Etienne Charpentier,

Etienne Charpentier, en 1980 “Pour lire l’Ancien Testament” p.22-23, propose des schémas, à partir de l’ancienne datation. Or bien des éléments d’interprétation sont à revoir et à actualiser.

 

Quelques éléments remis en cause, parmi bien d'autres: 

L’idée d’une invasion massive par un peuple

La puissance de Jérusalem au 10°s : C’était une seigneurie s’étendant sur un habitat plus ou moins dispersé de 5.000 hb. .

La division du Royaume entre Juda/Israël, après Salomon, ne correspond pas à la réalité.

 

Hypothèses récentes sur les origines,

Entre  14° et 10° siècle

  •  Après la disparition de grands empires aux XV-XIVè siècles (hittites etc,) on assiste à l’émergence de royaumes (villes-états) dans les plaines et lieux fertiles, comme Damas ou Samarie.
  •  Des mouvements de populations nomades (et exclus des villes), entrainent des implantations de populations, plus ou moins précaires, dans les collines, plateaux et régions montagneuses. (Cf hypothèse de Finkelstein). Ainsi pour Jérusalem où la population se fixe à partir du XIIème, ce qui est en partie cohérent avec l'arrivée et la constitution d'une identité "d'hébreux", ou l'hypothèse de plusieurs arrivées en Canaan.
  •  L’expansion de l’Assyrie se développe dans le croissant fertile, en direction de l'Egypte, mais s'arrête avec la conquête de Samarie (chute de Samarie en 722). On connait les méthode de destruction massive et de barbarie de cet empire.

Entre le 8° et le 5° siècle,

  •  Expansion de JérusalemDes populations fuient le Nord de la Palestine, se réfugient à Jérusalem. L’expansion de Jérusalem, est affirmée par les archéologues, qui repèrent l'extensiojn des remparts à plusieurs reprises. 
  •  Le règne de Josias (639-609 ;  lire Chroniques 34), apparait comme un moment de réforme, où l’on prend en compte les développements de population. Vivre ensemble à 50.000 hb n’est pas pareil qu’à 5.000. Nouvelles législation sociales, souci d’unifier ces populations émigrées en unifiant le culte autour d’un seul Temple, une même loi religieuse, mais aussi interprétation religieuse de la réussite comme un signe d’alliance de Yahvé avec eux etc. Création d’une histoire commune, où par le jeu des généalogies, on fait comprendre à ces diversités qu’ils on tune origine commune  : une origine commune, une seule loi, un seul Dieu et temple.
  • La réforme religieuse et politique trouve son expression écrite dans la rédaction d’une deuxième loi, appelée Deutéronome. Rôle des scribes, des fonctionnaires du palais royal pour cette entreprise. On l’appellera école deutéronomique.

L’école deutéronomique.

Elle rédige et met en forme le Livre, en particulier le Pentateuque. Elle cherche à

  • fonder le présent sur ‘les origines’. Ils projettent dans le passé leurs questions du présent et leur réponse « pour vivre aujourd’hui ».
  • exprimer et soutenir la foi en Yahvé,
    définir l’alliance avec Yahvé et non avec Assyrie
  • Invente « l’histoire judaïque » et construit des personnages = relier l’aujourd’hui jusqu’aux origines en Dieu: il remonte le temps, et non l’inverse!

C'est une oeuvre commencée sous Josias qui se continue pendant l'Exil et après le retour: Pour cela, elle réutilise des traditions antérieures, construit des personnages ; elle revisite à sa manière les annales des Rois (Israël et Juda) ; elle emprunte aussi aux civilisations étrangères, surtout mésopotamiennes.(Gilgamesh, Marduk, législation des villes, etec.). Oeuvre de croyants, elle affirme que Dieu n'abandonne pas son Peuple, son alliance, la Promessse qu'il a faite; elle propose l'observance de la Loi comme signe d'appartenance à l'Alliance avec Yahvé. Elle interpréte la catastrophe de 587 comme conséquence du non-respect de la Loi par les rois et populations précédéntes

 

587, chute de Jérusalem.

La régression commence avec la mort de Josias au combat, en 609. Elle continue avec l’invasion de Sennachérib en 597, puis la destruction de Jérusalem et 587 et l’exil (déportation des élites, des artisans. D’où la question fondamentale : Yahvé aurait-il abandonné son peuple, serait-il moins fort que les dieux des vainqueurs (Nabuchodonosor ?)

 

Normalement, Juda aurait dû disparaître par assimilation à partir de 587! Or, l’école deutéronomique reste présente dans le coeur dezs exilés comme de ceux qui resteront à Jérusalem. Les croyants relisent, revoient les traditions écrites sous Josias. La réflexion sur Yahvé et l’alliance est reprise à frais nouveaux à la lumière des évènements. De même la fidélité à l'égard de Dieu... "et si c'était nous, qui avons ooublié le Seigneur, peut-être revinedra-t-il de l 'ardeur de sa colère?" Ecriture et  relecture soutiennent foi, espérance. Le peuple vaincu n’est pas assimilés par les vainqueurs.

 

Une identité juive se forge alors, grâce aux paroles des prophètes (écoles d’Isaïe, de Jérémie, d’Ezechiel). C’est au cours de cette période que nait la pratique qui deviendra le culte de la synagogue : assemblées autour de l’Ecriture, et chant des psaumes (cf « au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et pleurions… (psaume 137). En imposant le sabbat et la circoncision au milieu des nations étrangères, l’identité s’affirme. Cyrus apparaitra comme le libérateur, celui que Dieu a choisi pour son peuple (Isaïe 44,25 à 45, 7).

. La reconstruction se fait, sans doute difficilement, mais le peuple juif a su préserver son nidentité, il continue à réécrire son histoire. Esdras, Néhémie etc.. ;

 

Troisième partie

Évènements ou textes fondateurs?

 

  • Au milieu du 20ème siècle, on parlait d’évènements fondateurs (en particulier pour la sortie d’Egypte). Aujourd’hui on préfère parler de textes fondateurs, de récits qui, reprenant l’histoire ou l’inventant, donnent au Peuple de l'Alliance des raisons de garder la foi en Yahvé et son alliance. Les scribes reprennent des traditions du Nord et du Sud
  • Tel sera l’onjectif de ceux qui rédigent et mettent en ordre le Pentateuque, comme une histoire continue, faisant remonter à Dieu même l’existence du peuple, sa bénédiction (genèse 2 et 9 etc.). Les hauts faits racontés dans l’Exode ont un but précis :
    * Les plaies d’Égypte: affirmer la puissance du Dieu Yahvé sur les dieux Égyptiens
    * Le passage de la Mer: passer de l’autre côté.
    * La manne : invitation à se comprendre comme œuvre de Dieu que Dieu “entretient”
    * Le veau d’or: témoigne du besoin de faire comme les autres peuples ; dans la plaine, les gens dressent une ‘image de Dieu' comme les autres nations: un Dieu de la force (le taureau, et non le veau). Ainsi on passe de l’image de l’arche comme piédestal où Yahvé pose ses pieds au milieu de son peuple, à la représentation d’un dieu fort, sous forme de taureau.)

Quelques principes de l’Ecole deutéronomique

La Loi prend valeur par son origine, à savoir Yahvé lui-même qui la confie à Moïse.

Mais la loi prend valeur plus encore par la qualité de celui qui la reçoit : Moïse, homme extraordinaire. Elle prend encore plus de valeur par la manière dont elle est reçue et honorée dans son peuple.

 

Avec l’Exil destruction et disparition du Royaume de Josias, une relecture s’impose. L’évènement destructeur bouscule ce que l’on croyait (alliance, fidélité et puissance de Dieu etc.)

 Il nous faut avoir en tête les techniques d’écriture, où le rédacteur met dans la bouche de ses personnages principaux sa pensée : ainsi les paroles mises dans la bouche de Moïse représnete la pensée des rédacteurs, ce qu’ils souhaitent voir se développer.

Commencements
 6ème

Les images qui nous habitent n’aident pas toujours à comprendre : ainsi les images du film ‘les dix commandements’ ; de même la représentations de la traversée de la mer rouge, dans Pierres Vivantes, ou encore la dernière page du dossier enfants « commencements qui représente une foule (à l’image des hébreux quittant l’Egypte)… pour entrer en terre promise.

 

La lecture de la Bible

Lire la Bible est une longue et passionnante histoire, où l’on découvre des croyants de différentes époques, qui expriment ce qu’ils comprennent des relations de Dieu avec eux, eux comme Peuple de Dieu. Lire aujourd’hui est invitation à comprendre et exprimer notre propre relation à Dieu

 

Par exemple, lire le récit de Noé Gn 6-9 en comparaison avec Gilgamesh est une manière de découvrir que chaque civilisation a une manière différente de se comprendre devant Dieu, et de se représenter le Dieu auquel il croit.

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 5137 visites