Porter sa croix

23ème dimanche ordinaire

 

 

 

Sagesse, 9, 13-18 ; Philémon 9-13 ; Luc 14, 25-33)

 

Nous voici encore, ce dimanche, devant « des paroles dures de l’Evangile. Le Christ les a-t-il prononcées telles quelles, c’est possible. Ce qui est certain, c’est qu’elles correspondaient à ce que purent vivre les premiers disciples et les premiers chrétiens, tant en Galilée que dans l’empire romain. Bon nombre de disciples autour de Jésus et de chrétiens après Lui furent contestés, par les gens de la Synagogue, par les autres membres de leurs familles, ou par les gens de leur milieu de vie.

 

Se déclarer chrétien, disciple de Jésus n’allait pas de soi, ni en Judée, ni dans l’empire gréco-romain. Plus d’un disciple de la nouvelle religion a dû se séparer des membres de sa famille, de sa communauté naturelle, ou bien, sur place il devait subir railleries et moqueries, ostracismes et quolibets. Tel devait être la première expérience de « porter sa croix ».

 

Porter sa croix. On a réduit le sens de l’expression, quand on l’a résumée à porter la souffrance inhérente à toute vie humaine, et qu'on a fait appel au sacrifice associé au sacrifice de Jésus pour le salut du monde. Ceci n’est pas faux. Mais ne devrions-nous pas relire quelques passages de l’évangile de Jean, où il est explicitement question du signe de contradiction posé par Jésus sur le croix (3,14 ; 8, 28 ou 12, 24-36).

 

Aujourd’hui aussi, suivre Jésus est devenu signe de contradiction. Dire que l’on croit en Dieu venu chez nous partager notre existence au quotidien, dire que Jésus est mort, ressuscité, affirmer l’option préférentielle de Dieu pour tous les Lazare (les pauvres) et les exclus de la modernité et de la post-modernité, cela est réellement porter sa croix à la suite du Christ. Si l’on est homme de prière, passe encore ! On dira ‘c’est un spirituel, un homme intérieur, un sage dans un monde déboussolé’. Mais prêcher l’amour du prochain, l’attention au frère humilié, provoquer la société à inventer des lois qui réduisent les inégalités et favorisent les moins favorisés, voilà une croix bien lourde à porter. Et pourtant c’est bien là que les disciples de Jésus et les hommes de bonne volonté sont attendus… Ne pourrions-nous pas relire heureux les affamés et assoiffés de justice, ceux qui vivent la miséricorde etc. (Matthieu ch 5) ? ceci est parole d’Evangile, mais ce n’est pas une parole porté par l’ambiance du siècle. E.H.

 

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