Dieu est relation

32ème dimanche ordinaire

 

2ème livre des maccabées 7, 1-14 ; 2 Thessaloniciens 2, 16 à 3,5 ; Luc 20, 27-38

 

L’évangéliste Luc a situé vers la fin de son évangile, ch. 20-21, avant l’arrestation de Jésus, plusieurs récits des controverses entre Jésus et les juifs de son temps. La parabole des vignerons qui tuent l’héritier résume bien l’attitude des opposants à Jésus, selon l’interprétation de Luc. La contestation portait sur l’autorité de Jésus, sur sa légitimité à venir de la part de Dieu, sur le versement de l’impôt à l’occupant etc. Ce dimanche, les sadducéens viennent épingler Jésus sur la croyance en la résurrection. En plaçant cette discussion avant la mort de Jésus et la foi des disciples en la résurrection, Luc prépare ses lecteurs à entendre le récit de résurrection.

 

Luc situe son récit dans le cadre d’une multiplicité de croyances en la résurrection : certains croient, d’autres non… Mais pour le disciple de Jésus il n’y a pas diversité d’opinion. Jésus pose la foi en la résurrection comme un point incontournable. On aurait aimé avoir davantage de précisions, de détails sur l’au-delà, de justifications physiques ou philosophiques. Or rien de tout cela. Jésus reste fidèle à  ce qu’il a compris de Dieu et dont il a témoigné : Dieu est un Dieu de relation… et cela ne peut disparaître. Pour celui qui accepte la Parole des croyants rapportée dans la Bible, du début à la fin, Dieu est présenté dans sa relation à  l’homme. Cela commence avec Adam et Eve, où Dieu ouvre le dialogue, est présenté comme celui qui marche dans le jardin avec le désir de s'entretenir avec Adam et Eve. Les récits sur Abraham nous présentent les rencontres comme une relation sans cesse réactivée à l’occasion de multiples dialogues.

 

Cela peut aider à purifier notre foi, nos paroles sur Dieu : il est relation, il converse avec nous en ami. Il est tout autre que le Tout-Puissant, où l’éternel courroucé dont il faut apaiser la colère. Il est celui qui n’éteint pas la mèche qui fume encore, celui qui va à la rencontre de la brebis perdue. Le Dieu de Jésus est le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob. Ce n’est pas simplement une formule, c’est une manière d’exprimer le rapport que Dieu souhaite entretenir avec l’homme. Luc n’explique pas la résurrection. Il pose comme affirmation première la foi en un Dieu avec qui nous acceptons d’être en relation. A partir de là, pouvons-nous imaginer que cette relation puisse s’arrêter un jour.

 

Ceux qui ont participé au congrès de la responsabilité catéchétique, Ecclesia 2007 à Lourdes ont pu entendre l’insistance des intervenants sur la foi en Dieu relation, qui veut être présent au monde, aux hommes, qui attend aussi notre réponse à vivre présents au monde et à Dieu, dans une relation de frères, fils d’un même Père. Il y aura toujours beaucoup à faire pour répondre à l’attente de ce Père !

E.H.

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