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Diocèse d'Arras Société
Observatoire diocésain de la vie sociale
Beaucoup d'interrogations le Samedi 05 janvier 2008
Lors de sa dernière réunion, l'Observatoire diocésain de la vie économique et sociale s’interroge.
Générosité et solidarités sont admirables. Pour l’observatoire l’intérêt porté par un grand nombre pour la solidarité, les solidarités, est indéniable. Il y a disponibilité pour répondre aux appels, et s’il y a multiplication des associations, des opérations coup de cœur, de tout cela on ne peut que se réjouir. Mais est-ce suffisant ?
La mémoire perdue L’observatoire se demande s’il n’y aurait pas émergence d’un phénomène nouveau, celui de « mémoire perdue ». La multiplication et la succession interrompue de faits de communication, l’absence de commentaire et d’analyse créent un sentiment de saturation et désintérêt. “Un clou chasse l’autre” dit le dicton. Ceci devient une constante dans une société hyper communicante, où tout se dit sur le même ton, tout se dit, même son contraire du jour au lendemain. L’accumulation empêche la réflexion. Il est de plus en plus difficile de s’arrêter sur ce qui vient d’être dit, chaque jour voyant apparaître un autre sujet.
Communication, information, et compréhension ne vont plus de pair. Chaque jour qui passe voit l’annonce d’un nouveau décret, d’une nouvelle loi. Le lendemain on passe à autre chose etc. La grand’messe du 20h, assène des parcelles de vérités à avaler (gober) tout crû, tout comme les deux tunnels publicitaires qui l’encadrent. L’annonce de l’accumulation de richesses pour quelques-uns côtoie une étude sur l’augmentation des précaires et des sans abris, sans établir de rapport avec la redistribution des richesses produites. On oublie qu’un salaire à temps plein ne suffit pas toujours pour payer loyer, déplacement pour le travail et minimum vital. Quand constatera-t-on que le paiement des heures de RTT, sans versement cotisations sociales inhérentes, c’est amputer les institutions de redistribution (Assedic et Sécurité sociale) d’une part qui leur est due… Tour de passe-passe habile ou inconscient. Parle-t-on de cure d’amaigrissement pour les sociétés pharmaceutiques ?
Déficit d’analyse
Il semble même qu’il n’y ait guère de lieux où parler et échanger sur ces questions. « Je crois en l’homme capable de comprendre (si on lui explique) » disait l’un des participants. Peut-on imaginer des groupes de « solidarité » ou « groupes parole » qui ne prendraient pas en compte l’évolution des lois économiques et sociales ? Où et comment interpeller sur les valeurs qui sous-tendent les décisions. Que deviennent les valeurs de dignité, de solidarité, de travail lors des décisions ? Les économies sont-elles guidées par le souci du bien commun, au service des hommes et pas seulement d’elles-mêmes ?
Des techniques de communication bien huilées. L’observatoire s’interroge donc sur le déficit grandissant d’analyse. Parmi les causes de déficit, il y a la succession d’infos très ponctuelles, sur des sujets trop différents. Cela ne permet plus de relier les évènements entre eux, ni même de commencer une réflexion. Le proverbe ‘un clou chasse l’autre » semble approprié à cette technique de communication. Tel jour n’annonce-t-on pas que la France est en faillite, et d’inviter le lendemain à mettre la main au porte-monnaie en abandonnant 50cts par boîte de médicament. Autrefois, il y avait bien les pièces jaunes. Faire people, jouer dans le reality-show suffit-il à poser les bonnes questions, à nourrir les intelligences ?
Appel aux chrétiens pour qu’ils ouvrent les yeux de l’intelligence autant que le cœur Au sein des instances d’Eglise, il est régulièrement fait appel aux gestes de générosité (de solidarité), mais où parle-t-on de remise en causes des lois inadaptées. Où y a-t-il études sur les mécanismes, et fonctionnements des discours ambiants, de leur rapport avec les réalités vécues par telle personne de son propre entourage et en proximité ? Que devient la notion de proximité quand il y a éloignement des centres de gestions, des tribunaux d’instance et des prud’hommes. L’observatoire a ainsi accumulé nombre d'exemples qui laissent voir que, bien souvent, des moins favorisés par la vie sont davantage mis à contribution : dans le domaine de la santé par exemple, 50cts pour un salaire de 500 € pèsent plus que sur un salaire de 5000€ ; les coûts de déplacements pèsent davantage pour les petits boulots, et les temps partiels, etc
La société se trouve en tension entre rentabilité, efficacité, proximité des services. N’est-ce pas le rôle de l’Etat et des citoyens de veiller à cet équilibre, et même de favoriser des choix où les derniers aient encore leur chance. Si les chrétiens désertent le champ du social, de l’humanité, que leur reste-t-il à vivre du "suivre Jésus sur les routes humaines"? E.H.
Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse
Publié Samedi 05 janvier 2008 -
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