Le baptême de Notre Seigneur

Premier geste "public"

  Isaïe 42 1-7 ; Actes 10, 34-38 ;
évangile: Matthieu 3, 13-17

 

Avec ce dimanche se clôt « le temps de Noël », commencé avec le premier dimanche de l’Avent. Les quatre évangélistes parlent du baptême de Jésus. Ce passage au bord du Jourdain, auprès de Jean-Baptiste est la première étape de ce que l’on a souvent appelé « la vie publique »

 

Parti de Nazareth, pour suivre sa vocation, Jésus passe quelques temps auprès des courants baptistes, au bord du Jourdain. C’est là que se retrouvaient les déçus du Temple, ceux qui attendaient une prédication que ne soit pas que rites et prescriptions plus ou moins juridiques. Leur attente était l’annonce d’un retour en grâce possible auprès de Dieu. A eux, pécheurs et petites gens, publicains ou soldats, même scribes ou pharisiens Jean proclame un baptême de repentir, signe d’un ardent désir de marcher vers le Seigneur, de préparer son chemin…

 

Le chemin de Jésus: de Nazareth à la foule de Capharnaüm en passant par le Jourdain.

Nous savons aujourd’hui qu’il y avait plusieurs courants juifs qui s’étaient éloignés du Temple, attendant la venue de Dieu : les plus connus sont les esséniens, les habitants de Qumran, les baptistes. Leur caractéristique est à la fois une "religion purifiée" et un "vivre à l’écart". Jésus ne les suivra pas sur ce dernier point.

Après avoir séjourné quelques temps dans l’environnement du baptiste, Jésus va rejoindre les gens du peuple, là où ils vivent au quotidien : ce sera d’abord le village de Capharnaüm, bourgade bien active semble-t-il avec les activités de pêche essentiellement, le commerce avec la ville romaine toute proche (Tibériade). Comme partout il y avait des malades, des gens mal considérés. Jésus les fréquente. Dans son cercle il y aura des femmes, ce qui était exclu par les autres courants. En cela Jésus se différencie des courants rénovateurs mais marginalisés au bord du Jourdain et de la Mer Morte. Le choix de Jésus sera bien expliqué plus tard par les évangélistes : Jésus n’est pas venu pour les bien portants ; c’est lui qui s’avance vers ceux qui n’attendent plus grand-chose, ni de la vie, ni de leurs compatriotes, ni même de Dieu. Marcher à la suite de Jésus aujourd’hui, ce sera partir à la rencontre de celui qui n’en peut plus, et non s’enfermer en attendant que ces derniers viennent. Ce sera annoncer la Bonne nouvelle de l’amour de Dieu et non prêcher des rites et des prescriptions. Le chemin de Jésus est un chemin à la rencontre du pauvre, du faible, de celui qui n’ose plus espérer quelque chose de Dieu. Ce regard sur l’attitude de Jésus, sur son chemin à la rencontre de l’humanité mérite plus que quelques lignes.

 

La symbolique du baptême de Jésus

Le passage de Jésus dans le Jourdain n’est pas sans évoquer le passage des hébreux à travers la Mer Rouge, manière de signifier le commencement d’un peuple nouveau qui célébrera plus tard l’Alliance. Trois autres éléments sont signalés par les quatre évangélistes : la présence d’une colombe ; les cieux ouverts (ou déchirés), la Parole « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Ne nous sommes pas habitués au langage symbolique, un langage qui en dit beaucoup plus que la simple description d’une réalité matérielle. Par la colombe, nous sommes renvoyés au début de la Genèse où l’Esprit de Dieu plane sur les eaux… début de la création. Avec Jésus au bord du Jourdain commence une Création nouvelle, sous le signe de l’Esprit. Les cieux déchirés, cela renvoie à une image fréquente chez les prophètes tardifs : il leur semblait que Dieu cachait son visage ne se montrait plus, qu’il n’y avait plus de rapport entre le ciel et la terre. Avec Jésus le dialogue avec Dieu est renoué, Dieu montre son visage. Enfin la parole « Celui-ci est mon Fils bien aimé » venue d’on ne sait où est le cri de l’évangéliste au début de son évangile : ce qui va vous être conté dans les pages qui suivent, c’est l’Evangile du Fils de Dieu venu chez nous ». Il reste à chacun de suivre la lecture de l’Evangile et le chemin avec Jésus ou au contraire, de s'arrêter. Aucun évangéliste ne cache son jeu. Bientôt nous pourrons entendre « Viens, suis-moi ! ». Quelle sera ta réponse ?

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