N°03 - Le désir de Dieu

Edito d'Eglise d'Arras N°03

« Dès l’aurore, je te cherche Seigneur ;… montre-moi ton visage ; que j’entende ta voix… », ces quelques phrases des psaumes expriment le désir de Dieu, l’attente que l’on éprouve. En même temps elles sont la réponse de l’homme à l’attente de Dieu envers l’homme.

 

Alors que tout s’affole autour de soi, le désir de la rencontre se fait plus fort. Le 2 février, les religieuses et religieux renouvellent leurs vœux. Elles sont les témoins du nécessaire dialogue avec Dieu. Le XIXème siècle a vu la multiplication des congrégations religieuses, féminines en particulier. Beaucoup d’entre elles assuraient une présence aux plus pauvres, aux malades : prière, vie commune, service de l’humanité souffrante. « Elles se sont retirées du monde » disait-on. Quelle horrible expression pour désigner toutes celles qui ont choisi de témoigner de l’amour de Dieu en se rendant proches des frères et sœurs en humanité. Beaucoup ont aussi participé à l’animation des communautés chrétiennes.

 

Les chrétiens ne peuvent se satisfaire de voir le départ de communautés religieuses. Cela ne signifie pas que le désir de Dieu n’existe plus dans le cœur des croyants. De nouvelles manières de répondre à l’appel de Dieu sont apparues depuis cinquante ans : l’animation des paroisses, des funérailles, l’accueil à la maison paroissiale, la catéchèse etc. Il en est de même pour la charité, avec le Secours catholique, créé il y a soixante ans. Des associations au service de l’humanité souffrante se sont multipliées, la plupart ne sont pas chrétiennes, mais bien des chrétiens sont présentes avec elle pour le service de l’homme. La ligne de partage ne se fait plus entre les chrétiens et les autres, ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas mais entre ceux se soucient du frère, du prochain. Pour ceux qui suivent le chemin de Jésus, le moyen de s’identifier comme chrétien est l’assemblée, le lieu où ils se rassemblent pour prier le Père, faire corps-communion avec le Fils et recevoir son Esprit pour en vivre au quotidien. On mesure l’intérêt d’avoir des églises bien entretenues, en souhaitant qu’elles ne soient pas fréquentées uniquement au dernier jour. Encore faut-il des liturgies adaptées aux hommes et femmes du XXIème siècle, qui donne le désir d’aller à la rencontre de Dieu.

 

Communautés religieuses contemplatives, communautés de vie apostoliques, vocations diversifiées des laïcs et des ministères ordonnés, ce sont autant de réponses au désir de Dieu d’entrer en dialogue avec l’homme. Il a été manifesté en Jésus-Christ venu réconcilier l’homme avec lui-même et avec son Père. En ce sens, les assemblées chrétiennes sont le lieu par excellence de la double réconciliation des hommes entre eux et avec le Père. La prochaine entrée en carême peut être l’occasion de raviver la vocation de chacun.

 

Emile Hennart

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