Celui qui m'a vu a vu le Père

20 avril - 5ème dimanche de Pâques

Actes 6, 1-7 ; 1 Pierre 2, 4-9 ; évangile: Jean  13, 1-12
Ce dimanche, le texte d’Evangile proposé à la lecture nous renvoie à l’évangéliste Jean, quand il rassemble en une longue unité divers propos et prière de Jésus qui n’ont pas trouvé place dans son évangile auparavant. Ce sont tout à la fois des "entretiens et des prières". C’est en quelque sorte le testament de Jésus. Pour Jean, c'est l'occasion derevenir en arrière et revisiter les paroles de Jésus.
Ce dimanche on retiendra du texte son insistance mise sur la relation de Jésus au Père et l’extrême difficulté des disciples à comprendre. Thomas d’abord, puis Philippe, par leurs questions, montrent qu’ils n’ont rien compris de ce bout de chemin fait avec Jésus depuis trois années. "Quel est le chemin à suivre, où est le Père, qui est-il ?" Sans doute les paroles de Jésus sont-elles énigmatiques ! Mais cet épisode montre combien il est difficile, aux disciples mais aussi à tout chrétien d’entrer dans le mystère de Jésus, c’est-à-dire sa relation au Père
Je pars vers le Père ; Qui me voit, voit le Père ! On ne peut aller au Père sans passer par moi etc. Pour une lecture studieuse, il faudrait surligner les lignes où le mot Père est écrit… cette manière de faire peut aider à comprendre la densité de relation entre Jésus et son Père, mais aussi la force de l’invitation à ce que nos aussi, nous entrions dans cette relation.
 

Cette relation passe par Jésus, l’unique médiateur entre le Père et nous. On ne peut aller au Père qu'en passant par Jésus. Ne faisons donc pas jouer à Marie un rôle qui n’est pas le sien. C’est en mettant nos pas dans les pas de Jésus que nous entrons en communion avec le Père. Pour reprendre une expression chère à Benoit XVI: le Christ est la centralité de la foi chrétienne. Si nous prenions davantage de temps pour lire les évangiles, nous pourrions découvrir de quelle manière Jésus est entré en relation avec les femmes et les hommes de son temps et leur faire découvrir l’amour du Père. Les évêques de France invitent les chrétiens à retrouver goût à la lecture des évangiles et c’est une bonne chose : on a tellement insisté sur la récitation du chapelet qu’on a oublié que les relations à Dieu passent par Jésus! "Celui qui m’a vu a vu le Père".

 

En relisant et méditant ce que les premiers témoins nous ont légués, les évangiles, nous pouvons découvrir l’humanité, la proximité du Christ. Cette proximité d’amour des plus petits fut telle que Philippe et Thomas n’y ont pas vu au premier coup d’œil que là était la présence du Père à notre humanité. Il en est de même pour aujourd’hui : c’est dans notre humanité et proximité que nous devenons pour nos frères un chemin vers Jésus, le Christ. Le croyons-nous? E.H.

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