Les béatitudes et la maison sur le roc

9ème dimanche ordinaire

 
Deutéronome 11, 18-32 ; Romains 3 21-28 ; Matthieu 7, 21-27
 
Nous connaissons bien l’image de la maison bâtie sur le roc ou sur le sable. Elle sert de métaphore pour la conduite chacun de sa propre existence. Mais sur qui met en œuvre la Parole de l’Evangile, de la Bible, pour bâtir la conduite de son existence ?
Par fidélité à ce que Matthieu a écrit, il nous faut relire l’ensemble de la section d’où est tirée la comparaison de la maison bâtie sur le roc. Au chapitre 7, nous sommes devant la conclusion d’un enseignement commencé au chapitre 5, lorsque les disciples s’approchent de Jésus pour entendre son enseignement : « Heureux les doux ; heureux ceux qui ont faim et soif de justice ; heureux les cœurs purs les artisans de paix, les persécutés pour la justice… »
Est-ce un bon programme ? C’est plutôt invitation à donner sens, direction à notre vie. Cela se présente comme un choix, et c’en est un. Faire la volonté du Père des cieux n’est pas une sinécure ; c’est choisir de mettre au cœur de son existence l’amour du prochain, le service de pauvre, de la veuve et de l’étranger. Cela ne garantit pas d’avoir un compte en banque bien rempli ni de bénéficier de toutes les stock-options et avantages des paradis fiscaux… pendant que le frère crève de faim dans les pays du Sud.
Benoit XVI le rappelait le 25 mai dernier, quand il affirmait que“ l’eucharistie est école de charité et de solidarité. Qui se nourrit du Pain du Christ ne peut rester indifférent devant celui qui, aujourd'hui encore, est privé du pain quotidien”  ou encore : “L'Eglise non seulement prie ‘donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour' mais, à l'exemple de son Seigneur, s'engage par tous les moyens à ‘multiplier les cinq pains et les deux poissons' à travers d'innombrables initiatives de promotion humaine et de partage, afin que chacun reçoive ce dont il a besoin pour vivre”.
Nous savons aujourd’hui ce qui construit et ce qui détruit la solidarité dans l’humanité. Entre Dieu et l’argent, il faut choisir, on ne peut servir deux maitres : Dieu et le frère, ou bien l’argent et son environnement. Or l’idée pernicieuse sans cesse ressassée par le monde économique libéral est d’affirmer que ce qui donne sens à une existence c’est le nombre de zéros que l’on accumule sur ses comptes. Les affaires personnelles et les choix de société se trouvent liés par un monde à construire.
Benoit XVI écrivait encore, pour la journée mondiale des communications sociales : “les médias ne sont pas seulement des moyens pour la diffusion des idées, mais ils peuvent et doivent même être des instruments au service d'un monde plus juste et plus solidaire. Le risque n’est malheureusement jamais absent qu'ils se transforment au contraire en systèmes destinés à soumettre l'homme à des logiques dictées par les intérêts dominants du moment. C’est le cas d'une communication utilisée à des fins idéologiques ou pour la diffusion de produits de consommation au moyen d'une publicité insistante. Sous prétexte de représenter la réalité, on tend de fait à légitimer et à imposer des modèles distordus de vie personnelle, familiale ou sociale”.
Et si Matthieu ne parlait pas seulement de construire sa maison personnelle, mais la maison “humanité sous le soleil de Dieu” ? Là encore, il y a beaucoup à faire, et les fils de lumière ne sont pas aussi affutés que les fils des ténèbres.
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