le Samedi 21 juin 2008


Mais que se passe-t-il donc tous les ans, très tôt, en ce premier dimanche des vacances de Pâques devant la maison diocésaine d’Arras ? C’est le départ pour Taizé !


 Témoignage du père Jean-Christophe Neveu, accompagnateur.

 

Depuis plusieurs années, une centaine de jeunes lycéens, étudiants et jeunes professionnels des quatre coins du diocèse se rassemblent pour partir vivre un séjour dans ce village sur une colline de la Bourgogne. Ils viennent en groupe, ayant eu l’invitation par les aumôneries, les mouvements, les rassemblements diocésains…
Venir à Taizé se prépare avant : par des rencontres de présentation, des veillées de prière « style Taizé », des témoignages de pèlerins enthousiastes…
 
Dès l’arrivée le dimanche soir, nous sommes accueillis par des jeunes « permanents » qui passent un temps plus ou moins long à Taizé pour aider les frères dans l’accueil et l’organisation. Parfois, il peut y avoir plus de 5000 jeunes, venant du monde entier sur la colline !
 
Nous nous voyons remettre des feuillets. Sur la première page, nous pouvons lire :
 
« Taizé - pèlerinage de confiance sur la terre.
 
Venir à Taizé, c’est être invité à une recherche de communion avec Dieu par la prière commune, le chant, le silence, la méditation personnelle, le partage.
Chacun est ici pour découvrir un sens à sa vie et pour reprendre élan. Etre à Taizé signifie aussi se préparer à assumer des responsabilités autour de soi, en vue d’être porteur de paix et de confiance.
Ceux qui viennent à Taizé sont reçus par une communauté d’hommes engagés par un oui de toute leur existence à la suite du Christ, dans la vie commune et le célibat, et dans une grande simplicité de vie. »
 
Voilà en résumé le contenu de toute la semaine qui s’ouvre en ce dimanche soir, et qui va se dérouler pendant 7 jours, jusqu’au prochain dimanche midi.
 
Un séjour à Taizé offre de belles perspectives pour un jeune :
 
La vie de son baptême est déployée…
Tout Homme qui est baptisé est fait « prêtre, prophète et roi ». A Taizé, nous pouvons déployer cette triple mission propre à tout baptisé. Nous prions avec les frères et avec tous trois fois par jour, nous approfondissons notre foi lors de partages en groupes, nous nous faisons les serviteurs les uns des autres dans les tâches quotidiennes.
Ce sont les jeunes qui encadrent, qui animent les jeunes, aidés par les frères, dans ces trois dimensions de la prière, le partage de la foi, le service. Chacun reçoit une mission, une responsabilité le dimanche qu’il tiendra toute la semaine.
Tous, quelle que soit la confession chrétienne d’origine, reviennent à la source, à l’essentiel : au Christ qui a été le premier prêtre, prophète et roi et qui nous entraîne à sa suite.
 
Il va au cœur de la foi…
Pendant toute la semaine, nous sommes en cœur à cœur avec le Christ ressuscité, orienté vers Lui uniquement ; la disposition de chacun dans l’église en témoigne. Nous sommes aussi en cœur à cœur avec les autres pèlerins et les frères qui se rendent disponibles les uns aux autres.
Pendant toute la semaine, nous revivons aussi la dynamique de la (re)création en 7 jours, avec la progression vers la Pâque du Christ : la mort et la résurrection. Le vendredi, nous prions devant la Croix, le samedi nous prions avec la Lumière de la Résurrection ; le dimanche nous célébrons tous le sacrement de la Résurrection, l’Eucharistie.
En posant le front sur la croix ou en se confiant à d’autres jeunes, à des adultes, à un frère ou à un prêtre, chacun peut faire passer ses ténèbres vers la lumière, sa désespérance vers l’espérance, sa tristesse vers la joie, son angoisse vers la paix.
 
Il grandit et il est envoyé…
On ne vient pas à Taizé pour y rester, mais bien pour en repartir. Taizé se veut comme un tremplin pour aller plus haut ou pour aller plus profondément. Chacun repart ressourcé, regonflé du souffle de l’Esprit, rempli de force pour témoigner de sa foi dans les petits gestes du quotidien. C’est le Christ ressuscité qui nous envoie : la dernière parole du séjour, le dimanche midi, est la formule liturgique habituelle mais qui résonne autrement : « Allez, dans la paix du Christ ! – Nous rendons grâce à Dieu ! ».
Oui, nous pouvons rendre grâce à Dieu pour ces beaux moments de partage, d’approfondissement de la foi au Christ.
Nous pouvons rendre grâce à Dieu pour la renaissance de ces jeunes qui repartent transformés, ayant vécu quelque chose du mystère de Pâques.
Les adultes accompagnateurs (qui ne sont pas à proprement parler animateurs) sont témoins de ces transformations, de l’épanouissement au fil des jours. Comme accompagnateurs du diocèse d’Arras, nous pratiquons une relecture de la journée en petits groupes et nous veillons au cheminement de chacun, pour qu’il vive ce pélé de confiance au mieux.
Pendant le séjour, il est prévu un temps pour réfléchir comment mettre en œuvre ce que nous avons vécu pendant la semaine. Des témoignages sont donnés de ce qui existe déjà ou des prochains projets dans les paroisses, les mouvements et les services.
Chacun, seul ou en groupe, est renvoyé vers son Eglise locale, vers son environnement quotidien pour mettre à profit ce qu’il a reçu de ce temps fort. Bien souvent, les liens perdurent durablement dans les mois qui suivent et donnent l’occasion de retrouvailles pour l’un ou l’autre rassemblement dans le diocèse.
 
Il (re)trouve un sens à la vie…
Vivre entre jeunes, avec les frères engagés pour toute leur vie, interpelle forcément sur le sens donné à la vie.
Tout est simple à Taizé : les logements, les repas, les offices, les lieux de prière et de rencontres, le décor, l’environnement, les matériaux, la détente du soir à l’Oyak…
Après un séjour, on peut mieux discerner l’essentiel du superflu dans la vie.
On peut aussi goûter à la réconciliation possible entre les peuples, entre croyants. Voir se côtoyer des nations en guerre encore maintenant ou il y a encore 10 ans, et partager des choses intimes est un beau cadeau. La langue étrangère ne fait pas obstacle au dialogue. On trouve toujours le moyen de se comprendre, de dialoguer. L’écoute et le silence, à la prière, sur le site, permettent la rencontre.
Chaque jeune apprend sur Dieu, apprend sur l’autre. Il apprend aussi sur lui-même, comme jeune homme ou jeune femme, comme croyant, comme citoyen.
Par la Parole de Dieu et par la parole de l’Homme, chacun grandit et son existence en est orientée. Chacun peut réfléchir sur le sens de la vie, de sa vie, à quoi Dieu l’appelle, à quoi la société l’appelle.
 
En guise de conclusion
 
En ces temps, on parle, dans l’Eglise de France, d’ « initiation », d’ « engendrement », de « proposition de la foi », de « cœur de la foi », de « frères aînés dans la foi », de « nouvelle évangélisation », etc. Taizé est un lieu pour vivre ces réflexions actuelles. Taizé est une belle école pour entrer en intimité avec le Christ, pour faire Eglise, pour vivre la rencontre avec l’autre, pour développer la « civilisation de l’amour ».
Taizé est un beau lieu d’évangélisation pour aujourd’hui, pour les jeunes mais aussi des moins jeunes qui y reviennent parfois en famille.
Chacun, selon son âge, son état de vie, sa sensibilité, son engagement, tirera les meilleurs fruits pour poursuivre son « pèlerinage de confiance sur la terre ».
La communauté des frères de Taizé se veut au service de l’unité des chrétiens. Elle se veut aussi au service des jeunes pour les rendre acteurs, responsables, citoyens, pleinement humains, pleinement chrétiens, là où ils vivent.
 

JCN



Fermer
Fiscalité et générosité
Comment je peux soutenir la mission de l'Église en réduisant mes impôts.
En savoir plus
sur les dons IR et ISF