Un peu de douceur dans un monde dur

12ème dimanche ordinaire

Zacharie 9, 9-10 ; Romains 8, 9-13 ; Matthieu 11, 25-30
 

"Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau et moi, je vous donnerai le repos".

 

Après avoir laissé entendre aux disciples que la vie d’envoyé (apôtre) ne serait pas de tout repos (ch 8-10), voici quelques paroles réconfortantes, adressées par Jésus à la multitude que Matthieu avait présenté comme un troupeau désemparé, fatigué.

Cette parole commence par une action de grâce, car la Révélation du Père est entendue des petits et des faibles, de celles et ceux qui étaient déconsidérés -hier comme aujourd’hui-, parce qu'elles n’appartiennent pas à l’élite. 

 

Cette parole continue par une invitation à se mettre à l’école de Jésus, doux et humble de cœur, dont le joug est léger. A une multitude en errance Jésus promet le repos. Nous connaissons l’opposition que Jésus a rencontré lorsqu’il a osé prendre quelques libertés avec la Loi imposée et de plus en plus pesante, telle que l’enseignaient alors les maitres de religion.
 
Certains commentateurs parlent d’un libéralisme de Jésus. Libéralisme, sans doute, mais au sens d’un service plus grand de l’homme, et non l’inverse où l’on met l’homme au service de la Loi. Nous connaissons bien cette liberté où l’on opprime l’homme au nom de la liberté d’entreprendre. Jésus prêchait une religion qui libère… et cela dérangeait les autorités au point qu’elles entreront en guerre contre lui. C’est au chapitre suivant que se développent les hostilité, à cause de deux épis froissés pour en goûter le grain, puis d’une guérison un jour de sabbat.
Certaines voix aujourd’hui reprochent à l’Eglise conciliaire d’être trop généreuse envers les foules, et de ne pas mettre suffisamment la pression sur les consciences… Ce sont les même qui prêchent la douce Marie après avoir enseigné un visage de Dieu dur, punisseur, loin de l’humanité souffrante : “dies irae, dies illa, jour de colère que ce jour-là“ faisait-on chanter aux foules… ce n’est pas ce qui est dit par Jésus : c’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices (ch.12).
Réjouissons-nous donc avec Jésus de ce que les pauvres entendent la Bonne Nouvelle, de ce que des derniers seront premiers dans le Royaume… A la suite de la prédication de Jésus, la prédication de l’Eglise aujourd’hui, n’a-t-elle pas à développer la joie de vivre, la joie de se savoir aimé de Dieu ? Puissent les paroles et les actes des témoins alléger le fardeau de la multitude. E.H.
 
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