Le semeur est sorti

13ème dimanche ordinaire

Isaïe 55, 10-11 ; Romains 8, 18-23 ; Matthieu 13, 1-23
La parabole du semeur et son interprétation est très longue dans le récit de Matthieu. Nous avons l’habitude d’entendre des commentaires sur la seconde partie du texte, car elle permet bien souvent d’introduire un regard en forme d’introspection, d’examen de conscience comme on disait autrefois.
 
Avant d’entreprendre la lecture, peut-être vaut-il la peine de penser aux apôtres et aux premiers chrétiens qui devaient ressentir un certain échec de la prédication de Jésus et des apôtres. L’itinéraire de Paul de synagogue en synagogue en est une illustration, de même la condamnation et l’exécution de Jésus. Comment se fait-il qu’il soit plus ou moins bien reçu, parfois même sans aucun résultat ? Lorsque la communauté de Matthieu fait le bilan de la “première évangélisation”, elle reprend les paroles de Jésus mais ce n’est pas pour que chacun fasse son autocritique.
 
Qu’avons-nous lu au chapitre précédent (ch12 ) ? Une succession de difficultés rencontrées dans l’annonce de la Bonne Nouvelle par Jésus : un conflit avec les responsables religieux au sujet de quelques épis froissés par les disciples ; ensuite, une contestation sur le fait de guérir un paralysé le jour du sabbat ; puis une accusation contre Jésus disant qu’il est inspiré par le diable. S’ensuit une mise au point de Jésus sur les vraies valeurs et la vraie famille de Jésus… à croire que même chez les siens, on ne partageait pas l’ouverture d’esprit qui était la sienne…

C’est dans la continuité de ces refus que prend racine la parabole du semeur. Le semeur, c’est bien Jésus qui sème le Royaume. Les paroles sont diversement accueillies. Peu importe la qualité du “receveur” !  le semeur sème. Cette attitude mérite toute notre attention. Au ch.10, il y avait déjà allusion au refus de recevoir : « , si l’on ne vous accueille pas, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds ». L’apôtre Paul ira de ville en ville, rejeté souvent par des gens de la synagogue au point de décider de passer aux païens puisque les héritiers refusent la Parole. Paul continue à semer la Parole.

 

Mais aujourd’hui, début XXIème le constat est souvent de gémir devant la non-réception de la Parole… l’impression que la semence étouffe aussitôt posée dans les cœurs. Saurons-nous continuer à semer la Parole d’Evangile dans l’espérance qu’elle produise du fruit , et en acceptant qu’elle ne produise pas toujours le fruit attendu. Le semeur est sorti pour semer…
 
Pour ceux qui ont participé à Ecclésia 2007, c’est l’occasion d’entendre et de chanter à nouveau le chant du semeur.  
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