Animer les rencontres lire Marc 04

La section ch. 8, 31 à 10, 52. Zoom sur 10, 46-52 : l’aveugle de Jéricho

 

 

Suivre Jésus sur son chemin

 
 
La section, lecture d’ensemble
 
Au cours des chapitres 8, 31 à 10, 52, Marc nous fait passer du bord du lac au chemin vers Jérusalem. Pierre et les Douze semblent ne pas trop bien comprendre où mène le chemin de Jésus. Il faudra même que le maître les invite à appeler l’aveugle pour qu’ils l’accueillent avec eux, comme si cette attitude n’était pas encore devenue familière pour eux. Par trois fois, sur le chemin vers Jérusalem, Jésus annonce la Passion, mais eux sont davantage préoccupés pour savoir qui aura la première place.
 
« Et, pour la première fois, Jésus leur enseigna que… »
Cette phrase introduit la section. Marc signale ainsi une nouvelle étape dans le parcours d’Evangile qu’il propose aux chrétiens. Il relance l’attention de ses auditeurs ou lecteurs. Pourtant, depuis le début de son Evangile, Marc nous a montré Jésus qui enseigne, et qu’il enseigne avec autorité.
 
En chemin, Jésus entraîne trois disciples à l’écart sur une montagne. Ce devait être un lieu habituel de prière pour Jésus. Nous n’avons pas le temps d’étudier ce récit en détail. Marc emploie un langage d’apparition, langage biblique familier pour les Juifs de son temps, pas pour nous.
 
Les disciples appelés à faire un pas de plus dans la compréhension de Jésus.
Sur le chemin vers Jérusalem, par trois fois est annoncée la passion. En même temps, Marc nous parle des nombreuses discussions entre disciples ou avec des pharisiens. De quoi causent les disciples ? Avez-vous mesuré le décalage entre les discussions entre disciples et ce qui préoccupe Jésus, c’est-à-dire ce vers quoi il marche ? Nos discussions et préoccupations à nous, aujourd’hui, ne sont-elles pas, elles aussi, en grand décalage par rapport au projet de Jésus de rassembler tous les hommes auprès de son Père ? Souvenez-vous des paraboles : “le royaume c’est comme…” ; ou l’accueil de l’étrangère à la table?
 
Zoom 10, 46-52 :  l'aveugle sur le chemin vers Jérusalem
 
Visualiser les déplacements

La fiche technique 00 pour les animateurs propose de porter attention aux lieux, aux personnages et rapports entre eux. Il faudrait ajouter : quels déplacements dans ce récit ? Une proposition technique pour lire serait d’utiliser des silhouettes. Après une première lecture du zoom, représentez chaque étape de la séquence avec des silhouettes : un chemin, Jéricho d’un côté, Jérusalem de l’autre et plusieurs stations sur le chemin, Jésus, l’aveugle, des disciples, des gens. La dernière étape du récit, ce sont les derniers mots de la dernière phrase.

 

Sur le chemin de Jéricho à Jérusalem Sur le chemin de Jéricho à Jérusalem  

 

 
Que se passe-t-il dans ce récit ? Faites l’exercice de mémoire, retracez le parcours. Puis, vérifiez avec le texte. Qu’est-ce que cette visualisation vous fait dire et découvrir des différentes relations exprimées ? En quoi cela peut me dire quelque chose pour aujourd’hui ? Voici donc la troupe de Jésus à Jéricho. (10, 46). Elle ne fait que passer, pour monter vers Jérusalem.
 
Des relations exprimées
Souvenons-nous de notre première rencontre en maison d’Evangile ; il y était question de relations : proximité et immédiateté pour l’appel des premiers disciples, etc. mais aussi distance exprimée entre des gens et Jésus. Aujourd’hui avec la lecture de cette 4ème section, peut-être avons-nous pu découvrir une certaine distance entre Jésus et les disciples, les gens, l’aveugle. Marc (Jésus) ne s’arrête pas dans Jéricho, comme si l’on était pressé pour aller droit au but. Jésus est “devant”. Notez que le verbe est au singulier à la sortie de Jéricho “Jésus sortait, avec…” à la différence de “ils arrivent”. A la fin du récit, Marc ne signale même pas les disciples derrière Jésus, à sa suite sur le chemin. Ces tout petits détails d’écriture manifestent une distance qui sépare de plus en plus les disciples de Jésus. Ils suivent, mais de loin… ils discutent. Le fait que, dans un premier temps, ils repoussent l’aveugle, manifeste aussi qu’ils n’ont pas tout compris du chemin de vie proposé par Jésus. Le chemin est difficile. Certains ne le suivent pas, comme ce jeune homme, quelques lignes auparavant. Les discussions entre disciples sont “décalées” par rapport aux enjeux du “suivre Jésus”.
 
Et les miracles ?  
L’éducation religieuse du siècle dernier insistait beaucoup sur le miracle pour lui-même et s’intéressait moins à l’ensemble du récit. Or Marc est très discret, dans ses récits, pour décrire la guérison elle-même. Pour faire ce constat, il faudrait relire la guérison de l’homme à la main desséchée dans la synagogue, la guérison de la fille de syro-phénicienne. Personne ne s’étonne que Jésus guérisse. Les études historiques nous ont fait découvrir qu’il y avait d’autres guérisseurs, comme Jésus. Mais là où Marc porte l’attention, c’est sur la signification qu’il faut en tirer. Au ch 3, Jésus reste dans la synagogue et prend la place des scribes et pharisiens, comme celui qui est à leur place pour enseigner. Au territoire de Tyr et Sidon, c’est une invitation à accueillir l’étranger à sa table. Ici, le vrai miracle, c’est que l’aveugle suive Jésus sur le chemin : lui, le tout nouveau dans la foi, alors que les disciples peinent à suivre. Plusieurs guérisons sont l’expression d’une relation restaurée avec Dieu (pardon), et de réintégration religieuse et sociale.
 
Pour aller plus loin
Suivre Jésus
Marc laisse deviner que les disciples ne suivaient pas Jésus à la perfection. Ils sont souvent en décalage par rapport à lui. Cela devrait nous rassurer, car nous aussi, nous suivons Jésus de plus ou moins loin, nous ne comprenons pas tout… pourtant, on est de bonne volonté, comme eux !
Mais comme eux ont oublié de voir l’aveugle et cherchaient la meilleure place, il peut nous arriver, à nous aussi, d’oublier la proximité avec celui qui tend la main, avec celui qui est marginalisé ou étranger, ou hors du chemin de la société actuelle. Quant à suivre Jésus sur le chemin où il nous entraine, chemin de passion, chemin de croix, là aussi, nous hésitons…
 

Quand on parle d’appel, de vocation, d’animation de paroisse, de responsabilité à prendre, de service des plus petits, etc., nous avons souvent de bonnes raisons d’hésiter, et parfois de mettre le holà. Qu’est-ce que tu attends de nous, Seigneur Jésus, sur ton chemin ?

 

Montagne de Galilée Montagne de Galilée  

 

 
Pierre, Jacques et Jean sur la montagne avec Jésus (9, 2 à 13)
Marc utilise un langage d’apparition, qui demande à être décodé. On peut reprocher à Marc de ne pas “parler en clair”. Il nous faut accepter de déchiffrer un langage codé, dont nous avons perdu le code. Il nous faut reprendre chaque élément, le mettre en rapport avec d’autres récits.
Ce langage fait penser à la rencontre de Dieu avec Moïse au Sinaï, et à d’autres manifestations où Dieu se donne à voir aux prophètes (théophanies), où Dieu appelle (vocations). Essayons au moins de repérer dans ce récit l’expression d’une relation… entre qui et qui ?
A ceux qui niaient que Jésus était envoyé de Dieu, Marc affirme que Jésus est à égalité de dialogue avec Moïse et les prophètes, les fondateurs de la foi juive. Comme au baptême, une voix fait entendre que Jésus est Fils du Père. Telle était la foi exprimée par les disciples et par les premiers chrétiens, sous forme de récit de transfiguration. Quelle est notre foi, comment l’exprimer pour aujourd’hui ?
 
La montagne, c’est le lieu de la rencontre de Dieu : Moïse au Sinaï, Elie à l’Horeb, etc. De même nos églises sont souvent construites sur le point haut du village !
 
La crainte, ce n’est pas la peur mais, dans la Bible, l’expression du sentiment d’être en présence de quelque chose qui nous dépasse, qui vient de Dieu, (par exemple, Zacharie au temple, avant la naissance de Jean Baptiste, Marie lors de l’annonciation ; ou encore Moïse devant le buisson au désert, ou Elie dans la montagne de l’Horeb, etc.) En présence de Dieu, chacun se sent tout petit.
 
Le vêtement blanc. Dans la symbolique des couleurs, le blanc signifie ce “qui est du monde de Dieu” : les anciens autour de Dieu, vêtus de blanc selon l’Apocalypse, mais aussi le jeune homme au tombeau… Le blanc du vêtement est une manière de dire que Jésus appartient à au monde de Dieu. Aujourd’hui encore, le baptisé reçoit le vêtement blanc, signe de son appartenance au monde de Dieu.
 
Moïse et Elie. Les juifs disent souvent “la Loi et les prophètes”. Moïse est considéré comme le fondateur de la Loi, Elie comme le premier des prophètes. Le dialogue entre eux et Jésus, c’est une manière de dire le rapport de Jésus avec le contenu de la Bible entière, ce que les scribes et pharisiens ont nié jusqu’à condamner Jésus à mort. Les premiers chrétiens affirment que Jésus et l’Ancien Testament, ca va ensemble.
 
Une parole d’envoi. Dans la plupart des récits d’apparition, de vision, il y a une parole d’envoi, un appel de la part de Dieu, que ces récits mettent en valeur. A Moïse : “Va, je t’envoie” ; à Marie : “Tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus”; à Zacharie :“Elisabeth enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jean”.
 

Apparitions et révélations. Dans la Bible ce ne sont pas des expériences personnelles, à garder pour soi. Elles se terminent par un appel, un envoi (Moïse, Exode ch 3 ; Esaïe, ch.6). Marc, lors de l’appel des Douze, précise les deux mouvements : être avec et aller proclamer :“Jésus gravit la montagne et il appela ceux qu'il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu'ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher”. 3, 13-14 

 

mur de l'esplanade du Temple mur de l'esplanade du Temple  

 

 
 Propositions de prière

 

Ouvre mes yeux Seigneur

 

 
Comme autrefois tu as ouvert les yeux de Bartimée, ouvre mes yeux, Seigneur:

que je découvre combien tu es précieux pour moi!

 

Ouvre mes yeux, Seigneur:

que je te contemple dans la demeure du Père!

 

Ouvre mes yeux, Seigneur:

que je voie le chemin sur lequel tu m'invites à te suivre!

 

Ouvre mes yeux, Seigneur: que je perçoive la lumière

au bout de mes doutes et de mes inquiétudes!

 

Ouvre mes yeux, Seigneur:

que je garde vive mon espérance lorsque les épreuves ébranlent ma foi!

 

Ouvre mes yeux, Seigneur: que je trouve le chemin

conduisant à mes frères et mes sœurs qui réclament un signe de ta présence!

 

« Venez et voyez, Partages bibliques pour adultes » Pierre Alaric et Yves Guillemette ; Novalis 2006
On peut aussi prendre le chant « Ouvre mes yeux G79

Chant de méditation

  

1. Ouvre mes yeux, Seigneur,
     Aux merveilles de ton amour.
     Je suis l’aveugle sur le chemin :
     Guéris-moi, je veux te voir ! (bis)
 
2. Ouvre mes mains, Seigneur,
     Qui se ferment pour tout garder.
     Le pauvre a faim devant ma maison :
     Apprends-moi à partager ! (bis)
 
3. Fais que je marche, Seigneur,
     Aussi dur que soit le chemin.
     Je veux te suivre jusqu’à la croix :
     Viens me prendre par la main ! (bis)
 
4. Fais que j’entende, Seigneur,
     Tous mes frères qui crient vers moi.
     A leur souffrance et à leurs appels,
     Que mon cœur ne soit pas sourd ! (bis)

 

01022009_532

 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 5654 visites

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