Servir le dialogue entre Dieu et chacun

27ème dimanche ordinaire

Isaïe 5, 1-7 ; Philippiens 4, 6-9 ; Matthieu 21, 33-43
 

Voici la suite de l’évangile du 28 septembre, extraite du chapitre 21 de Matthieu. Dans ce chapitre 21, Matthieu accumule les situations de conflits entre Jésus et les responsables du monde religieux juif. Tout ceci laisse entendre que “Jésus cherche la bagarre”. Bientôt les juifs au pied de la croix diront : " Il l’a bien cherché !"

 

Ce récit est souvent appelé « allégorie des vignerons meurtriers ». Jésus raconte l’histoire du propriétaire d’une vigne dont il prend soin…, mais chacun des points énoncés correspond à autre chose. En effet, Jésus veut évoquer l’intérêt de Dieu à l’égard du peuple juif et la désinvolture de la réponse –pour ne pas dire plus-, d’Israël à l'égad de son Dieu.

 

La précision de la comparaison, ici présentée, donne à penser que les premiers chrétiens ont rajouté une touche concernant Jésus crucifié par les juifs : il avait laissé entendre qu’il était l’envoyé du Père… voyez ce qu’ils en ont fait ! Tout au long du l’histoire du Peuple de Dieu, les prophètes, à la suite de Moïse et des premiers chapitres de la Bible interprétaient l’histoire juive comme traces de l’intervention, de l’intérêt de Dieu pour un peuple, au point de lier entre lui et eux une alliance où l’un prenait la défense de l’autre en cas d’attaque, chacun se sentant intimement lié à l’autre (relire les premiers chapitres du livre d’Osée). La réalité fut tout autre.

 

L’intérêt de ce récit n’est pas de nous inviter à un parcours dans l’histoire d’avant-hier, mais dans l’aujourd’hui de notre existence. L’image de quelqu'un, Dieu, qui s’intéresse à son peuple mérite d’être méditée encore aujourd’hui. Vatican II le redit explicitement dans la constitution sur la Parole de Dieu : « Dieu invisible s'adresse aux hommes en son immense amour comme à des amis ; il s'entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie ». Tel est pour les chrétiens le rapport établi entre Dieu et eux. Ce rapport suppose de prendre le temps de lire les Ecritures, et particulièrement les Evangiles.

 

Lorsqu’un catéchumène est baptisé, lorsque des parents, parrains et marraines présentent un enfant au baptême, est-ce bien l’expression qu’entre Dieu et eux quelque chose se noue pour la vie. Quelque chose comme notre réponse à l’amour de Dieu : il nous a aimés le premier… aujourd’hui je réponds à son attente, et je désire vivre aujourd’hui et demain en Fils, en Fille de Dieu.

 

Un jour, un enfant trainant les rues, entend la cloche d’une l’église sonner. Cela l’intrigue et sa curiosité lui fait franchir la porte de ce lieu inconnu pour lui. Ils sont une dizaine de personnes rassemblées pour la messe… mais lui n’en sait rien. Ces personnes prennent le temps de lui parler, d’entrer en dialogue avec lui. Je ne connais pas la suite. Mais si je crois que Dieu désire entrer en dialogue avec nous, je crois aussi que ce jour-là quelques personnes furent témoins actifs du dialogue que Dieu désire établir avec chacun de ses enfants, que nous croisons chaque jour. A nous de les traiter comme il convient sous le regard du Père. E.H.
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