le Mercredi 19 nov 2008


Dans quelques jours, nous entrerons dans une nouvelle année liturgique. L’évangile de Marc, lu ce dimanche, nous rappellera l’invitation pressante de Jésus, au moment où il va entrer dans sa passion : “Veillez !” Restez en éveil, ne vous laissez pas perturber… sont des interprétations conformes à l’esprit dans lequel Marc a rédigé ce texte. On retrouve ce même esprit chez Matthieu.

 
Nul ne craint aujourd’hui que le ciel, la lune ou les étoiles ne nous tombent sur la tête. Pourtant nous sommes nombreux à craindre, dans ce monde perturbé, je ne sais quelle catastrophe, écologique ou économique. Que le Seigneur nous trouve éveillés, actifs, c’est aussi l’esprit des derniers textes de Matthieu lus le dimanche. Le reproche fait à l’homme qui n’avait qu’un talent était d’avoir attendu, sans rien faire. Quant aux élus, qu’ils connaissent ou non le Christ, ils entendront cette parole : j’avais faim, j’avais soif, j’étais un étranger, j’étais nu, malade… La veille que le Christ attend de chacun est une veille active, qui mette en œuvre l’Esprit d’amour reçu de Dieu : Ubi caritas et amor, Deus ibi est.
 
Il fut un temps où l’on aimait rappeler l’appel de Vatican II à discerner les signes des temps…, tout ce qui dans les activités humaines, les grandes comme les petites choses, contribuait à ce que grandisse le Royaume de Dieu au milieu de l’humanité. De nombreux chrétiens se réunissent régulièrement pour lire ces signes et vivre le temps de l’espérance et de la Charité. Réjouissons-nous avec eux, de pouvoir relier les évènements vécus au quotidien avec la Parole de Dieu.
 
L’insistance de l’Eglise universelle pour que chacun lise et goûte avec passion l’Ecriture est aussi un signe des temps. Les pères du synode écrivent : « il faut être de ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique ». Le Verbe de Dieu est venu un jour du temps, un jour de l’histoire, et il appartient à chacun d’incarner cette Parole dans son histoire, dans notre temps. Nous avons parfois le désir de décoller du réel, pour ne pas être agressé par lui. Ceci n’est pas dans la tradition chrétienne de vivre hors du monde. L’espérance chrétienne est une veille active pour que toute l’humanité soit transformée au souffle de l’Esprit. Il y a encore beaucoup à faire. Soyons en éveils et actifs jusqu’au retour du Seigneur.
 

Abbé Emile Hennart



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