animer les rencontre lire Marc - 06

La section 6, Marc 14-16 Zoom passion et annonce de la résurrection

Vous cherchez Jésus de Nazareth ?

 
 
Lecture d’ensemble
 
Les récits sur la mort-résurrection de Jésus sont assez bien connus. Ils sont proclamés lors de la semaine sainte. La pratique du chemin de Croix initiée à partir des 13-14èmes siècles propose une méditation illustrée.
 
Pour cette dernière rencontre, nous pourrions commencer par dire “ce qui est dans notre mémoire” au sujet de la passion-résurrection (5 à 10mn maxi), puis lire ce qu’écrit Marc et comparer. Nous devons nous souvenir des précédentes sections, où l’opposition à Jésus commençait très vite ; dans la section 5, Jésus s’est trouvé affronté aux gardiens du Temple qui, depuis longtemps, cherchaient toutes les occasions pour le mettre à mort. Ne disons pas « Dieu a envoyé Jésus à la mort », disons plutôt qu’il est rejeté, condamné parce qu’il dérange, parce qu’il n’est pas conforme à l’idée qu’on se fait de Dieu… hier comme aujourd’hui. .
 
Le saint des saints, bien protégé. A droite, les portiques de discussions Le Temple de Jérusalem  
Le saint des saints, bien protégé. A droite, les portiques de discussions
Le saint des saints, bien protégé. A droite, les portiques de discussions
 
 
Notre lecture attentive de ce qu’écrit Marc peut entraîner chez nous des étonnements, des questions. N’en soyons pas surpris, entrons en conversation pour comprendre qui est Jésus, en son temps, mais aussi, que devient ma foi aujourd’hui. Ne cherchons pas à compléter le récit de Marc par les autres récits, cherchons plutôt à retenir ce sur quoi Marc porte son attention. S'il y a des différences, des silences, des "trous", repérons les. Plus tard, lors de formations ou lectures, nous pourrons essayer de comprendre
 
Dans les ch.14-16, nous pouvons repérer plusieurs séquences : autour du repas ; prière à Gethsémani et arrestation ; condamnation par les deux tribunaux, religieux et romain ; crucifixion et mort de Jésus ; annonce de Jésus ressuscité. Le temps manquera pour regarder l’attitude des principaux acteurs nommés, leur relation à Jésus. Mais ceci peut être fait en lecture personnelle. « Qu’est-ce que j’ai remarqué, qu’est-ce que j’ai découvert, en écoutant ce passage de l’Evangile de Marc ? Quelles questions ai-je envie de poser à Marc » ?
 
Le parfum : repérez ces gens qui calculent, et le contraste avec le non-calcul de cette anonyme. Calcul et ruse des convives ? Certains s’étonnent ne mesurant pas la portée symbolique. Ils en restent à une pure arithmétique. La démesure du geste n’est-ce pas la réponse d’une anonyme à la démesure du semeur, qui semait en toute terre ?
 
Le repas pascal. Il y a beaucoup de discussions techniques sur la date et le rite suivi par Jésus. Regardons les gestes posés, leur référence à la première alliance avec Moïse ; souvenons-nous des expressions déjà employées à la section 3 (prendre le pain, prononcer la bénédiction, rompre, donner). L’expression “corps et sang” est à comprendre comme : « c’est moi tout entier » (tout comme nos expressions “jour et nuit” pour dire “tout le temps”, ou “ciel et terre” pour désigner “tout l’univers”).
 
Zoom : 15,21-43 et 16,8
 
Les personnages et leur rapport à Jésus.
Notre choix des versets pour le zoom associe à la fois la mort de Jésus et l’annonce qu’il est vivant. Reprenons les questions habituelles : les personnages présentés : qui sont-ils ? que disent-ils ? que font-ils ?
 
Au début de la section : les apôtres, Judas, le grand-prêtre et le sanhédrin ; Pilate ; Pierre. Dans le zoom : Simon ; les passants, les bandits, les grands-prêtres et les scribes, le centurion. Excepté la présence de Simon, tout concourt à signifier la solitude absolue de Jésus. La présence des femmes est signalée, mais après qu’il eût expiré. C’est elles que l’on retrouve au tombeau.
 
[Rien n’est innocent dans le choix des mots et des gens présents dans ces récits. Cependant il n’est pas possible de tout expliquer… C’est une invitation à chercher avec d’autres, à relier, à essayer de comprendre : pourquoi Marc s’exprime-t-il ainsi à l’égard de ses premiers destinataires ? (Nous sommes, nous, des destinataires éloignés !)]
 
La sobriété du récit. Sans doute avez-vous repéré la sobriété de Marc. « Ils le crucifièrent » : rien qu’un verbe, aucun autre détail. Il en était de même pour la flagellation 15,15 : « après l’avoir fait flageller ». [C’est la fin de la rencontre avec Pilate 15,15, à distinguer de la scène suivante, de dérision, 15,16-20]. Cette sobriété, l’absence de détails contraste avec ce dont nous avons hérité, par notre éducation, les homélies ou les images sacrées etc. Marc, lui, nous invite à porter attention aux rapports des gens à l’égard de Jésus, à leurs attitudes : quels sont-ils ?
 
Devant le mal (mal-heur) qui tombe sur Jésus, que font les responsables du peuple et de la Loi ? Ce n’est que railleries, mépris, insultes. Aucun ne s’adresse directement à Jésus. C’est tout l’inverse de ce que Jésus a fait, sa vie durant, quand il rencontrait des gens malades ou exclus de la société. D’où la vraie question à propos de la Bonne Nouvelle : et si la vraie vie de Fils de Dieu, c’était cette passion pour l’homme, qui fait vivre et qui guérit ? La vie de Fils de Dieu, Jésus l’a manifestée au cours de son existence, et la parole du centurion vient donner le sens de cette vie : « Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu ». Le fait qu’un païen annonce qui est Jésus étonne.
 
Des détails qui sont plus que des détails.
 
Les heures. Neuf heures, midi, trois heures. C’est le rythme de la prière juive, que l’on retrouve dans la liturgie des heures aujourd’hui encore. C’est un temps ouvert sur Dieu, vécu comme prière, et non un temps fermé dont Dieu serait absent.
 
Pourquoi m’as-tu abandonné ? Cette question peut être interprétée comme un signe de désespoir si on oublie de lire le psaume 22 : il commence par ces mots désespérés, se continue dans la confiance et se termine dans l’action de grâce. Le psaume 22 serait à lire en entier. Pour les premiers chrétiens, se référer à l’Ancien Testament est une nécessité, d’abord parce que c’est le livre du peuple de l’Alliance, mais aussi parce que c’était le seul moyen pour eux de signifier que Jésus est l’héritier des Ecritures, et non le blasphémateur décrié par le Sanhédrin. Au fond de nos détresses, savons-nous entendre et prier en entier les psaumes qui invitent à sortir de nos ténèbres ?
 
Le voile du Temple déchiré. Pour Marc, ce n’est pas un simple détail. Le voile du Temple séparait le lieu de la présence de Dieu, -le Saint des saints-, du lieu de vie des hommes. C’était un espace sacré, interdit au commun des mortels. Lors du baptême de Jésus, Marc emploie la même expression des cieux “déchirés”. C’est une manière de s’exprimer par des images : désormais, la communication entre Dieu et les hommes, que l’on croyait impossible, est rétablie par Jésus. Cela rejoint une autre expression : Le royaume de Dieu s’est rendu proche. Tel est l’Evangile, Bonne Nouvelle, annoncé en titre de l’Evangile.
A propos des femmes qui se tiennent à distance, que vient faire le verbe “suivre“, déjà rencontré à d’autres moments de l’Evangile ? Le verbe “suivre” vient signifier la qualité de disciples, pour elles comme pour les Douze et d’autres, comme Bartimée.

Les femmes au tombeau
 
Ce sont les mêmes qu’au pied de la croix. C’est à elles que l’envoyé de Dieu annonce « Il est ressuscité, il n’est pas ici». Prenons avec un peu d’humour la remarque suivante : beaucoup de lecteurs en maisons d’Evangile se sont étonnés que Jésus impose le silence sur ce qu’il faisait en Galilée… Or, maintenant que le jeune homme vêtu de blanc invite à parler de Jésus ouvertement, avec envoi en Galilée, c’est le silence !
 
Tombe juive, 1er siècle Tombe juive, 1er siècle  
 
Par cette finale abrupte, Marc laisse à chacun le choix de dire ou de ne pas dire, de se terrer ou de vivre au grand jour. Parole adressée aux chrétiens de Rome traumatisés par les persécutions, qui se cachaient et se taisaient, mais aussi Parole adressée à ceux qui viennent de lire son Evangile : comment la Bonne Nouvelle concernant Jésus sera-t-elle connue, si vous restez dans vos catacombes ?
Comment aujourd’hui, au 21ème siècle, Jésus ressuscité sera-t-il connu si nous faisons silence sur sa vie, sa mort et notre foi en la résurrection ? Sans oublier que Jésus a témoigné de la proximité de Dieu à tous, d’abord par des actes posés…
 
Le premier jour de la semaine. Ce jour sera consacré par les chrétiens comme Jour du Seigneur (Dimanche), jour de l’assemblée autour du Christ ressuscité, présent au milieu d’eux sous le signe du pain rompu.
 
Notes sur la finale de Marc 16, 9-20.
L’Evangile primitif de Marc se terminait avec le v.8 :“Elles s’enfuirent et ne dirent rien à personne, car elles avaient peur”. Les notes des Bibles d’étude (TOB et Bible de Jérusalem), nous alertent sur le statut des v. 9-16, ajoutés par des disciples, en raison de la dureté du v.8. La finale v.9 à 20 est un résumé des récits de Matthieu, Luc et Jean. Pour Marc, ce ne sont ni les miracles ni les récits d’apparition qui donnent la foi, mais la fréquentation de Jésus y compris dans sa mort. Son Evangile est invitation à découvrir que sa vie au quotidien, service de l’homme souffrant, proclamation de la Parole et prière, est une vie de Fils de Dieu, et cela ne peut être détruit.
 
La Galilée des nations.
 
La Galilée : retour aux origines, au début de la vie de Jésus, pour mieux comprendre sa vie à la lumière de la résurrection ; appel à rejoindre la région des païens, la Galilée des nations ! Ce ne sont pas les récits d’apparition qui donnent la foi, mais la certitude que le chemin de Jésus -lu dans les sections précédentes-, est chemin de Dieu. L’affirmation de la Résurrection est posée par l’homme au vêtement blanc, inutile d’en rajouter. Désormais, c’est à chacun de se décider : suivre ou non Jésus, Christ, Fils de Dieu.
 
 
Prière - méditation:
 
Souviens-toi de Jésus-Christ
Chant inspiré de Paul à Timothée (II Tm, 2,8-12)
 
Souviens-toi de Jésus Christ ressuscité d’entre les morts,
Il est notre salut, notre gloire éternelle.
 
1. Si nous mourons avec Lui, avec Lui nous vivrons.
Si nous souffrons avec Lui, avec Lui nous régnerons.

2. En Lui sont nos peines, en Lui sont nos joies,
En Lui l’espérance, En Lui notre amour.

3. En Lui toute grâce, en Lui notre paix,
En Lui notre gloire, En Lui le salut.
 
Conclusion
Tout n’est pas dit en ces six fiches.
Ce sont quelques pistes au milieu de nombreuses autres possibilités. Puisse cette lecture, au plus près des textes, nous avoir aidés à comprendre la présentation de Jésus par Marc. Saint Jean le dit tout autrement : “ Voici comment s'est manifesté l'amour de Dieu au milieu de nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. ”. 1 Jean 1,9)  
 
A nous de continuer le dialogue que Dieu, en Jésus, a voulu entretenir avec chacun de nous…un dialogue qui peut durer toute une vie. A chacun qui le souhaite d’entendre aussi l’appel du jeune homme vêtu de blanc : Il est ressuscité, il n’est pas ici, allez en Galilée.
 
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N’oubliez pas de faire parvenir vos questions ou découvertes à :
Lire l’Evangile   Maison diocésaine BP 1016 – 62008 Arras cedex
ou à l’abbé Emile Hennart 
 
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Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 4939 visites