Voici la servante du Seigneur

4ème dimanche de l'Avent

 

 2 Samuel 7, 1-16 ; Romains 16, 25-27 ; Luc 1, 26-38.
 
"L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée…" Ainsi commence selon Luc le récit concernant Jésus. Auparavant nous avons eu l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste. Les deux récits se ressemblent dans leur construction, et il pourrait être utile de faire une étude afin de repérer le message contenu dans ces récits. Soyons respectueux de l'intuition du rédacteur de ces récits. Le langage du merveilleux nous est étrange, étranger. Il ne fait plus partie du langage de notre civilisation, excepté pour les petits enfants, ou lorsqu’il s’agit de tromper les petites gens sur les manœuvres occultes des grands financiers.
 
Avant de dénoncer l’irréel de ces récits, mieux vaut se souvenir de la manière dont les écrivains de l’époque écrivaient l’histoire des hommes illustres dans le monde romain. Il faut aussi savoir que les livrets de l’enfance selon Luc ou Matthieu ont été rédigés après le reste de l’Evangile, après le livret de la passion, après les récits sur la vie de Jésus, son enseignement, en Galilée, en Judée.
 
Il était important pour Luc, en son temps, de construire la Vie de Jésus selon les règles d’écriture de son temps. En même temps cette manière de faire rejoint la manière dont les textes bibliques rapportent l’enfance de grands noms, comme Moïse (chez le pharaon), Samuel fils de Anne, né sur un tard, son éducation chez le prêtre Eli, et d’autres encore. Tous ces récits n’ont pas vocation à raconter l’histoire au sens journalistique et moderne qui est le nôtre, mais de signifier, dès qu’on ouvre le livre, que ce dont il va être question est œuvre de Dieu. Luc, comme Matthieu expriment leur conviction concernant ces enfants, Jean comme Jésus… tous deux sont placés dès leur origine "dans la main du Seigneur" et tous deux ont une mission à remplir auprès des hommes de leur temps. Ils sont nés sous le signe du Signeur et leur vie sera empreinte du désir de faire connaitre Yahvé.
 
Après avoir pris le temps de rédiger son évangile -la vie publique de Jésus- Luc entreprend la rédaction de son introduction et d’y inscrire sa foi. Jean et Jésus sont deux destinées peu ordinaires, tous deux décédés de mort violente de par la volonté des princes. Tous deux ont apporté un message, invité à vivre sous le regard de Dieu. Luc présente le baptiste comme le prédécesseur de Jésus.
 
Le récit de l’annonce à Marie reprend les formulations des récits de vocation dans l’Ancien Testament. Première conviction : cet enfant est “de Dieu”. Seconde conviction, cet enfant est appelé à répondre à l’attente d’Israël. C’est lui qui guidera le peuple de Dieu et toutes les nations, “c’est lui qui relèvera Israël, les humbles et les affamés de la terre”, selon la prière de Marie, quelques lignes plus loin dans ce même Evangile. Le récit de ce jour se termine sur la  parole de Marie : "je suis la servante du Seigneur". Plus tard son fils dira : je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir. Et les fils de Dieu qui marchent à la suite de Jésus seront reconnaissables à l’amour qu’ils auront les uns pour les autres. Réjouissons-nous donc d’avoir part à l’amour que Dieu a manifesté en nous donnant son fils et comme Marie, devenons les serviteurs pour que vienne aujourd’hui encore le royaume de Dieu, fait d’amour, de justice et de paix. E.H
 
Note : dans cet évangile comme en bien d’autres récits, il serait regrettable de chercher à le comprendre sans le mettre en relation avec le reste de l’Evangile.
 
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