Fête de l'épiphanie

Marcher à la lumière du Seigneur Jésus

 

Isaïe 60, 1-6 ; Ephésiens 3, 2-6 ; Matthieu 2, 1-12
 
La visite des mages. Vitrail église de Bethléem Nativité  
La visite des mages. Vitrail église de Bethléem
La visite des mages. Vitrail église de Bethléem
Admiration, souvenirs d’enfance et questionnements, tels sont les sentiments de tout adulte devant le récit de Matthieu sur la visite de mages venus d’Orient pour le petit enfant qui vient de naître. Il est normal d’adopter une attitude sceptique, tant nos maitres récents ont oublié d’enseigner la dimension symbolique et spirituelle du récit, ne voulant n'y voir qu’un déplacement d'astronomes/astrologues vers un coin perdu de Judée. Etait-ce bien l’intention du rédacteur de ce récit, était-ce bien la compréhension qu’en avaient les premiers destinataires de ces récits, certes folkloriques, mais combien porteurs de sens… pour qui accepte d’aller plus loin qu’une lecture superficielle et convenue.
 
En effet, la moitié du récit porte attention à l’attitude du roi Hérode qui contraste singulièrement avec celle des étrangers, venus de loin se prosterner devant “le roi des Juifs”. Si la liturgie nous avait laissé lire la suite de l’épisode, le contraste entre Hérode et les mages serait apparu encore plus grand, où il est question du massacre des innocents.
 
On a vite fait de parler de légende, de même qu’on a tort de prendre à la lettre ce qui est écrit comme "page d’histoire journalistique". Matthieu s’appuie sur la réputation “à double face” que le roi Hérode à laissée auprès de ses contemporains. Il fut bâtisseur, politicien frotte-manche auprès des romains, et cruel envers tout ce qui ne lui convenait pas.
 
La méditation des chrétiens en fin de premier siècle se demandait pourquoi la Bonne Nouvelle était mieux accueillie par les étrangers plus que par les « officiels juifs ». Ce que Matthieu nous livre, ce n’est pas une explication, mais un constat. Matthieu place au tout début de “son histoire de Jésus” un éclairage de ce que sera le « passage de Jésus au milieu des hommes. Un passage fait de contraste, où les plus avertis le rejetteront tandis que d’autres attentifs aux « événements » du monde sauront l’accueillir. Les mages étaient en quelque sorte des chercheurs de sens, dans le monde de leur temps. On ne sait rien de plus de leur existence, faite recherches, de découvertes et de déplacements.
 
Mais ce récit en forme de contraste que Matthieu propose, peut aider notre méditation aujourd’hui. Méditation sur l’accueil de Jésus en son temps, puis dans les années 80-90 ; mais aussi méditation sur l’accueil de l’Evangile de Jésus aujourd’hui en notre temps. Il y a ceux qui attendent, les fesses bien calées sur leur chaise que Jésus vienne à eux ; il y a ceux qui cherchent, se mettent en route sur les chemins du monde, frappent aux portes, trouvent et repartent avec une étoile au fond du cœur.
 
La Parole de Jésus de tous temps est dérangeante. Il ne s’est pas présenté comme l’homme du statu quo, "l’immuable", image dont certains théologiens ont a affublé son Père, quelques siècles plus tard. Ceux qui lisent tout l’évangile de Marc sont étonnés que dès le deuxième chapitre le conflit éclate entre Jésus et les officiels. Jésus apparait comme réformateur du système religieux de son temps. Sa parole et ses gestes révèlent un Dieu qui se rend proche, qui cherche le dialogue avec l’humanité en souffrance, les ‘anawims’ ou petites gens. C’est à eux que Dieu veut déclarer sa flamme d’amour, sa fidélité. Les autres ont déjà leur récompense !!!
 
Cet enfant deviendra signe de contradiction, écrit Luc. Matthieu exprime autrement la même certitude. Et lorsque vingt siècles plus tard le bon pape Jean XXIII s’avisera de sortir son Eglise de son enfermement, on lui rira au nez, -au moins quelques-uns-. Pourtant l’espérance annoncée par cet enfant Jésus, l’espérance retrouvée au temps du concile, cette espérance provoque au renouveau des cœurs et des mœurs.
 
Entre ceux qui cherchent la Lumière dans leur vie, et ceux qui attende qu’on la lui apporte sur un plateau Matthieu a manifesté sa préférence, Jésus aussi : Ils sont heureux, bienheureux ceux qui se remuent pour plus de justice, de paix, d’humanité, de pardon et de miséricorde… mais cela, c’est pour plus tard, au ch. 5 de Matthieu. Rien ne nous empêche de commencer tout de suite… Comme c’est le début de l’année, le temps des vœux et des bonnes résolutions, profitons-en ! EH
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