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2ème dimanche ordinaire

 

 
Aujourd'hui, Journée mondiale du réfugié et du migrant.
Première journée de la semaine pour l'unité des chrétiens
 

1 Samuel 3, 3-19 ; 1 Corinthiens 6, 13-20 ; Jean 1, 35-42

 

L’évangéliste Jean présente l’appel des premiers disciples. Il le fait d’une toute autre manière que l'évangéliste Marc (évangile du 25 janvier). Certains s’en étonnent : où est la vérité ? Cela s’est-il passé dans l’instantané d’une question et d’une réponse, ou cela s’est-il passé dans la durée.

 
Notre esprit cartésien, pour qui c’est oui ou c’est non, a bien du mal à entrer dans la compréhension d’une civilisation autre et de sa logique, qui accepte de “tenir ensemble” des points de vue différents. Regardons ce que Jean essaie de nous faire comprendre. Ce que nous appelons "vocation", cela se passe dans la durée ; bien souvent il y a une préparation, un terrain favorable qui permet à la Parole d’appel (la semence) de prendre racine et de se développer. Ici, St Jean précise que Jean le Baptiste a préparé le terrain. Autour de lui des cercles de disciples s’étaient mis en place plus ou moins spontanément. Ils essaient de voir comment rendre leur vie agréable à Dieu. Comme bien de leurs contemporains, ils savent qu’il ne suffit pas d’offrir un sacrifice au Temple, ni d’observer les 613 règles et commandements accumulés depuis l’ère du second Temple, depuis cinq cents ans.
 
Ils se rendaient compte que c’était d’abord la conversion du cœur qui pouvait transformer leur chemin de vie : rechercher la justice, la paix, le partage et l’humilité font partie des enseignements du baptiste.
Voici Jésus, que se passe-t-il ? Aucune parole de Jésus lui-même. Il passe mais il a été reconnu et désigné du doigt. Deux disciples du baptiste le suivent… mais ne savent comment l’aborder. Alors, comme aujourd’hui on demande son n° de téléphone à un ami de rencontre, ils lui demandent où il habite, où est son campement.
 
 
C’est le début d’une longue histoire. On ne sait de quoi ils se sont parlé, mais le lendemain, ils ont le besoin d’ne parler à leurs proches… on a trouvé quelqu’un de merveilleux, ne serait-il pas l’envoyé de Dieu. C’est eux qui appellent. Si vous lisez la suite de l’évangile, vous verriez d’autres appels de la part de ces premiers témoins. L’évangéliste Jean insiste sur la chaine de transmission par où passe la vocation.
 
Cet évangile lu aujourd’hui est aussi un appel pour nous à découvrir qu’il nous revient d’être les témoins qui appellent autour d’eux. Cela s’est fait en maison d’Evangile… « je suis allé taper à la porte du voisin dit l’un ; je vais souvent rendre visite à la Mapad dit l’autre… et si on se rassemblait autour de la Parole de Jésus. Ainsi sont nées des centaines de maisons d’évangile… Mais chacun sait bien que toute réponse a été le fruit d’un long murissement commencé bien avant nous et avec d’autres. On ne remplace pas la transmission de l’appel, de bouche à oreille d’homme ; on ne remplace pas non plus le temps des préparations pour que la terre puisse accueillir la nouvelle. Heureux sont-ils ces porteurs de bonne nouvelle.
 
Dimanche prochain, nous verrons ce que veut faire comprendre Marc quand il présente sous forme instantanée l’appel et la réponse. C’est un autre éclairage sur la vocation. Ce n’est pas contradictoire. EH

 

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