Tout le monde te cherche !

5ème dimanche ordinaire


Job 7, 1-7, 1 Corinthiens 9, 16-23 ; Marc 1,29-39

 

En quelques lignes, beaucoup de choses différentes sont exprimées par l’évangéliste Marc. Une fois de plus le mot Bonne Nouvelle revient : il y a urgence pour dire cette Bonne Nouvelle, et plus encore pour la manifester, car ce n’est pas une parole à annoncer, mais une présence à manifester. « Dieu a visité son peuple » écrira Luc. Marc préfère rendre compte des gestes qui montrent, font toucher du doigt, cette visite de Dieu pour son peuple en attente : visite à la synagogue, visite dans la maison de Pierre auprès de sa belle-mère, visite dans les villages alentours et en Galilée.


Alors que Jésus est en prière, les disciples le sollicitent parce que tout le monde le cherche. Et ces visites vont se continuer, avec la rencontre et l’appel de Lévi, puis le repas chez lui, avec de nombreux pécheurs, puis le lépreux... Trop c’est trop: très vite des hommes de la religion s’étonnent que l’envoyé de Dieu fréquente ainsi des hommes qui ne le méritent pas !


Mais qu’est-ce qui fait courir les foules ? Et quelles foules ? Malades, estropiés, tout le peuple, à propos de qui les autorités religieuses n’ont que mépris, reproches et condamnations. Ce petit peuple de Galilée sait fort bien que la religion du Temple, ce n’est pas pour eux, et là-haut on sait le leur faire sentir.

 

Ils étaient allés auprès du Baptiste, mais les autorités l’avaient fait taire. Et voici Jésus ; il a une manière de parler et d’être pour eux, avec eux, que ce petit peuple, en présence de Jésus, sent la présence de la chaleur de Dieu. Là est la Bonne Nouvelle : Dieu s’est approché de vous.

 

 

Dix neuf siècles plus tard, le pape Jean XXIII s’est interrogé : quel visage de Dieu l’Eglise donne-t-elle au monde ? Il a posé cette question aux évêques et ceux-ci ont pris le temps de la réflexion et de la réponse. Cette réponse, ce fut l’ouverture et le dialogue avec les femmes et les hommes de notre temps. Comprenne qui pourra.

 

Je trouve une correspondance entre ces relations favorables entre Jésus et les gens de Galilée, avec l’Eglise issue de Vatican II et les gens d’aujourd’hui. Mais je trouve aussi la même correspondance entre les critiques exprimées contre Jésus et celles exprimées aujourd’hui contre ceux qui ont choisi de vivre la proximité des gens. L’Evangile aujourd’hui, ce sont les gestes posés qui signifient la proximité de Dieu.

 

Les réfugiés à Calais ne s’y sont pas trompés, eux qui furent présents au cercle de silence des religieuses. Ils ne se trompent pas non plus ceux qui osent lire l’Evangile en communauté d’Eglise. Même s’ils ne comprennent pas tout, ils ont accueilli Jésus dans leur maison.Dans une de ces maisons en quartiers défavorisés quelqu’un disait : je ne comprends pas la phrase « je ferai de vous des pécheurs d’hommes ». Et sa voisine de répondre : « c’est très simple : on est tous des pécheurs, et Jésus envoie ses amis nous repêcher et nous ramener auprès de Dieu ! » Qui osera dire qu’elles n’ont pas tout compris ? E.H.
 

Fermer