Dimanche des rameaux et de la passion

La solitude de Jésus



Marc 11, 1-10 : entrée à Jérusalem
Isaïe 50, 4-7; Philippiens 2, 6-11 ; Marc 14 et 15

 

La semaine sainte s’ouvre avec le dimanche des rameaux, évocation de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Ensuite, l’évangile lu au cours de la messe, ce sont les ch. 14 et 15 de Marc. Méditer la passion selon Marc, c’est « mesurer » le drame qui se joue progressivement. Le ch. 12 rendait compte de la tension entre Jésus et les autorités religieuses de Jérusalem. Dans le dernier affrontement, Marc présente le Christ dans une solitude et, à la croix, le Christ est seul… personne autour de lui, pas même l’un des brigands, pas même sa mère. On remarquera aussi l’extrême sobriété du récit concernant lez souffrances infligées : ils le flagellèrent… ils le crucifièrent. C’est un peu comme si Marc invitait à considérer les relations, le jeu des relations qui s’établissent autour de Jésus et avec lui.

 

Une des propositions de méditation sur cet évangile, est de regarder les relations qui se tissent et se détricotent… les chefs des prêtres et les scribes ; la femme au parfum ; Judas et ses alliances ; les disciples –dont Simon-Pierre- et leurs fanfaronnades, Le jeune homme qui s’enfuit ; Pierre qui renie avoir été en relation avec Jésus ; la recherche de témoignages ; les liens entre les autorités juives, Pilate et la population ; les quolibets venus de tous côtés ; et, quand tout est terminé, un inconnu qui prend la parole sur l’identité de Jésus, pas celle donnée par les autorités civiles : « le rois des juifs », mais celle donné par un simple exécutant : « vraiment cet homme était Fils de Dieu ».

Alors seulement Marc nous parle de quelques femmes présentes, de loin. D’elles, il précise non seulement la présence en cet instant, mais aussi tout au long du chemin depuis la Galilée : elles qui suivaient et servaient Jésus. Ces deux verbes associés signifient l’attitude de disciple pour ces femmes, alors que les disciples patentés sont absents de la scène finale.

Une des relectures possibles de cet évangile est donc de prendre le temps de méditer sur les diverses relations que Marc a su relever au fil de son récit. Toute l’humanité, toutes les relations des hommes entre eux, des meilleures aux pires relations, sont ici exprimées. Et Jésus est là dans cette humanité qui le rejette.

 

La signification de ces dernières heures de Jésus nous est donnée dans la lettre de Paul aux Ephésiens : « il n’a pas revendiqué son droit d’être traité à l’égal de Dieu… devenu semblable aux hommes, il s’est abaissé lui-même devenant obéissant jusqu’à mourir et mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout… ». Là s’arrête l’histoire de Jésus, là commence la foi en Jésus, vrai homme et vrai fils de Dieu. Qui saura proclamer cette histoire rocambolesque de Dieu au milieu de nous, non pas l’histoire d’un Tout-puissant, mais celle du serrviteur, du dernier des serviteurs des hommes ? E.H.
 

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