J'ai encore d'autres brebis

4ème dimanche de Pâques

Actes 4, 8-12 ; 1Jean 3, 1-2 ; Jean 10, 11-18.


Marbre exposé à Césarée Le bon pasteur  
Marbre exposé à Césarée
Marbre exposé à Césarée
Les premières représentations chrétiennes se rapportant au Christ étaient celles d’un berger portant sur ses épaules une brebis. Nous connaissons la parabole des 99 brebis que le berger laisse dans l’enclos pour aller à la recherche de la centième, égarée. Nous connaissons aussi des passages des Ecritures ou Dieu est présenté comme le berger d’Israël : le Seigneur est mon berger…


L’évangile de ce dimanche présente et développe l’allégorie du berger de plusieurs manières, mais chacune en termes de relations. Tout d’abord, par un jeu d’opposition entre le vrai berger et les bergers mercenaires, Jésus nous fait comprendre la relation qui l’unit à son troupeau. Cette opposition entre bon et mauvais bergers était connue déjà de l’Ancien Testament, quand il présentait les rois d’Israël comme ayant failli à leur mission de conduire Israël vers son Dieu. Les synoptiques nous présentent aussi la situation du peuple au bord de Galilée, dont Jésus s’émeut car il est comme un troupeau sans berger, fustigeant par là les responsables religieux juifs.


L’attitude décrite ici par Jésus est celle d’un berger aux relations étroites avec son troupeau : ils se connaissent, se reconnaissent ; le berger donne de sa vie pour ce troupeau et ne l’abandonne pas. Jésus s’identifie à ce berger et à son Père. Notre méditation devrait se développer sur la sérénité  des relations entre Lui et nous… Nous pourrions être heureux de demeurer dans le bercail…. Mais voici qu’il éveille une inquiétude : j’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi il faut que je les conduise. Le repos auprès de Jésus ne peut être total tant que toutes n’auront pas entendu sa voix.


Cette parabole dans sa totalité pourrait encore s’appliquer aujourd’hui à l’Eglise du Christ à ses pasteurs et au troupeau qui semble quelque peu chahuté ces derniers temps. Des voix discordantes se sont fait entendre et elles continuent à semer le trouble. Des lecteurs d’Evangile découvrent le visage du Christ tout autre et tout proche d’eux. Ils entendent aussi cette parole : “Aimer Dieu et aimer son prochain vaut mieux que tous les sacrifices et holocaustes”.

 

Le chemin du Christ n’est pas une invitation au repli dans la quiétude de la bergerie, il est invitation à battre la campagne pour annoncer un Dieu de vie et non de condamnation. L’image de l’Eglise donnée par Jean XXIII mérite d’être aujourd’hui encore méditée : non celle d’un édifice huis clos, mais celle d’un édifice dont on aura ouvert portes et fenêtres. Les risques de grippes et de contagions doivent-ils faire de nous des réfugiés bien au calme de la bergerie, pendant que d’autres errent sur les chemins du monde, dans la tourmente économique et religieuse ? C’est vers eux que le Christ s’avance comme un pasteur amoureux de ces brebis.
EH
 

Article publié par E.H. Communication Diocèse • Publié • 2366 visites