Vous êtes mes amis..Portez du fruit...

6ème dimanche de Pâques

Actes 10, 25-48 ; 1 Jean 4, 7-10 ; Jean 15, 9-17


Le mot commandement revient souvent dans le chapitre 15 de saint Jean, où Jésus emploie l’image du cep de vigne avec les sarments qui portent du fruit, où tous ensemble ne font qu’un, où coule la même sève de vie. Mais comment peut-on assimiler aimer Dieu et son prochain à un commandement ? Cette manière de parler nous dérange : on n’aime pas être commandé, et encore moins aimer sur ordre !


Je me souviens d’une réco avec des jeunes de terminale. Ils exprimaient leur désaccord sur l’association “commandement” et “aimer”. Jusqu’à ce que l’un d’eux s’avise de compter le nombre de fois ou les mots commandement et aimer étaient employés, dans ce paragraphe. Leur décompte les avait amenés à compter davantage de fois le mot aimer que le mot commandement, et cela les avait –un peu- rassurés.


Mais ce décompte ne peut pas nous satisfaire. Pourquoi Jean emploie-t-il avec tant d’insistance ce mot commandement, sinon pour rappeler que le cœur de la Loi, la Loi du Sinaï et les 10 commandements, la Loi développée dans les 5 premiers livres de l’Ecriture et commentée par les prophètes, cette loi rassemblée sous l’expression aimer Dieu et son prochain ?


Nous savons bien qu’aimer ne se commande pas. Or les religions monothéistes ont souvent déformé l’amour de Dieu en l’assimilant à l’obéissance aux règles et commandements… Et s’il y avait autre chose à comprendre ?


On peut en effet multiplier les commandements et les règles, mais si le guide de l’être humain est l’obéissance et non l’amour on n’a rien compris à ce qu’est Dieu. En insistant sur l’aspect commandement, peut-être l’évangéliste Jean veut-il nous faire comprendre que l’amour de Dieu et du prochain, ce n’est pas une question de sentiment, c’est-à-dire “ j’aime, parce que j’aime bien43, mais “j’aime, parce que je le veux”… L’amour de Dieu et du prochain est acte de la volonté avant d’être un acte sentimental. Tant mieux si les sentiments viennent au secours de notre volonté défaillante !


Le texte de ce jour insiste aussi sur l’unité profonde qui unit le disciple au Christ, c’st ainsi qu’il faut comprendre le mot demeurer en son amour. Faire sa demeure en nous, habiter en nous sont des expressions propres à Jean. On peut y ajouter aujourd’hui : je ne vous appelle plus serviteurs, (qui exécute les ordres et commandements) mais amis, qui vit du même amour.

 

Enfin la dernière phrase est sans doute à méditer les jours de joies, mais aussi de souffrance ou d’amertume : ce n’est pas vous qui m’avez chois, c’est moi qui vous ai choisi et mis à cette place, pour que vous partiez et donniez du fruit… A celles et ceux, tentés par le départ, celui de quitter la barque de Pierre parce que trop chahutée, Jean vient rappeler le lien indéfectible entre le disciple et le Christ. Ce line-là, il ne faut pas le briser.
 

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