Croire en Jésus que Dieu a envoyé

18ème dimanche ordinaire

Exode 16,2-15 ; Ephésiens 4, 17-24 ; Jean 6,24-35


Voici donc un second morceau du ch. 6 de Jean, « discours du pain de la vie ». Il serait trop long à lire en un seul dimanche, et on ne peut demander à chacun de lire l’ensemble du chapitre 6, qui forme une unité. Commencé avec le partage des pains, le récit s’est continué avec la reconnaissance (difficile) de Jésus qui marche sur les flots. Pendant cet épisode, les gens sont à la recherche de Jésus. Comme toujours, hier et plus encore aujourd’hui, les gens sont à la recherche de l’évènement, du phénomène étrange et la rumeur ne fait qu’entretenir et amplifier l’écho porté sur un évènement (Medjugorje par exemple). C’est cette attitude que Jésus exploite quand il demande aux foules qui le poursuivent : après quoi courrez-vous ? Ce qui vous intéresse c’est d’être rassasié, mais de la Parole de Dieu et de sa mise en œuvre vous n’en avez cure !


Comme mise en appétit, c’est plutôt musclé, d’autant plus que Jésus (ou Jean l’évangéliste) joue sur plusieurs registres : les quiproquos sur les œuvres et l’œuvre, les pains et le pain, etc. De quoi y perdre son latin. L’objectif du rédacteur est de provoquer les disciples et les foules au discernement et à l’adhésion envers Jésus. Ce sera la fin du Chapitre, où certains ont choisi de suivre Jésus, mais beaucoup l’ont trouvé trop compliqué(ou exigeant) et son rentrés chez eux.


Les croyants qui ont lu ces textes les reçoivent comme une méditation de Jean et de la primitive Eglise sur Jésus, l’Eucharistie, le don que Dieu fait aux hommes. Tout cela en référence à Moïse, à la Parole de Dieu qu’est l’Ancien Testament, au temps de l’Exode où Dieu nourrit son peuple. A ces gens qui se pressent autour de Jésus pour avoir du pain tout cuit, Jésus propose une autre nourriture.


Jésus ne remet pas en cause le désir de faire les œuvres prescrites dans la Loi de Moïse, mais il invite à aller au cœur de la foi : non seulement faire, mais recevoir le don de Dieu. Saint Paul était plus explicite dans son raisonnement sur la foi et les œuvres. Le cœur de ce que nous lisons ce dimanche est bien de recevoir Jésus comme l’envoyé du Père. Or, déjà au chapitre 3, Nicodème avait été tiraillé et restait dans sa nuit. Au ch.4, les samaritains, des étrangers, avaient accueilli Jésus chez eux. Mais au ch 5 de nouveaux tiraillements et rejets s’étaient fait jour : “vous ne croyez même pas en Moïse, comment pourriez-vous croire en moi ?”


Chacune de nos eucharisties est l’occasion de redonner notre foi en Jésus et redire notre désir de marcher à sa suite. Pain physique et nourriture spirituelle pour marcher sur les routes humaines sont étroitement liées. En effet, au temps de la rédaction de l’évangile par St Jean, certains doutaient que Jésus se soit vraiment fait homme…. Tout se passerait dans le monde des idées, de la connaissance, disaient-ils. Jean à la suite de Jésus insiste sur la matérialité de sa présence en un temps donné de l’histoire : c’est un pain venu sur la terre et non un pain qui reste en l’air. Quelques-uns répondront présents à l’appel : « tu as les paroles de la vie éternelle ». Pour ce dimanche le récit s’arrête sur les parole : “celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif.” Allusion au don du pain et de l’eau au temps du désert, allusion au don de la Parole de Dieu… L’eau et le pain ne se possèdent pas, ils se partagent, ils se donnent. EH
 

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