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Maisons d'Evangile
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Diocèse d'Arras Formation Permanente Maisons d'Evangile Lire l'Evangile de Luc
Fiche 4 Luc Animer les rencontres
Vers Jérusalem, “l’existence croyante”
Lecture d’ensemble
La section développe ce qu’est l’existence croyante, c’est-à-dire devenir disciple et vivre en disciple (9,51 à 10,24). Plusieurs thèmes viennent éclairer le disciple : l’amour du prochain (10,25-37) ; la prière, (11, 1 à 13), la gestion de l’argent (12, 13 à34), la vigilance (12, 35-59). D’entrée de jeu, Luc signale des difficultés dans la mission de Jésus et des 72. Pour les spécialistes, le chiffre 72 se réfère au nombre des nations issues des fils de Noé (Genèse ch.10), occasion pour Luc d’annoncer la future mission auprès des nations, au-delà du seul peuple juif. Il est probable aussi que Luc fasse allusion aux difficultés rencontrées par les premiers chrétiens lors de leur prédication en territoire païen. Mais l’essentiel pour l’instant, concerne l’attitude des disciples envoyés.
Zoom : Le bon Samaritain (10, 25-37)
Avec Jésus, on ne discute pas sur les idées et les principes comme le feraient des philosophes autour de Platon ou Aristote, on ne se chamaille pas comme entre rabbis légalistes : avec Jésus, on se trouve sur le terrain concret de l’existence. Jésus invite à faire révision de vie, à regarder notre agir, à en peser la consistance avec les yeux de Dieu, avec les yeux de l’amour : lequel s’est montré le prochain de l’homme tombé ? L’invitation à vivre, à regarder et à apprécier les faits de vie quotidienne, se retrouvera avec Marthe et Marie qui accueillent Jésus (10, 38-42).
Jésus conteste l’attitude des officiels de la religion. Dans le récit du bon Samaritain, Jésus montre du doigt un prêtre puis un lévite. Au ch. 11, 37-54, Jésus prend à partie des pharisiens et des scribes. Plus loin au ch.18, l’histoire du pharisien et du publicain est encore une contestation de ces mêmes gens en responsabilité. Certains voudraient faire de Jésus un révolutionnaire. Disons plutôt qu’il agit en réformateur ; il est celui qui nettoie l’aire à battre blé pour recueillir le grain et enlever tout ce qui, comme la paille, ne fait pas le poids au Royaume de Dieu (3, 17). C’est un reproche permanent dans l’Evangile de Luc, où ceux qui s’élèvent sont abaissés, comme le dit Isaïe : “Les pensées de Dieu ne sont pas les pensées des humains”. (Ch.55, 8).
En son temps, Jésus n’est pas le seul à contester le pharisaïsme et le légalisme. Plusieurs textes rabbiniques énumèrent les plaies de certains comportements. Et si Luc rapporte ces perversions religieuses, c’est aussi parce qu’elles menacent les chrétiens d’hier et d’aujourd’hui.
Pour aller plus loin.
L’histoire de Jonas, c’est celle d’un prophète qui refuse d’aller prêcher chez les païens de Ninive ; il faudra l’intervention de Dieu pour qu’il aille dans cette ville. Ensuite Jonas, étonné par la pénitence et la conversion des Ninivites, regrette que Dieu ait pardonné aux païens et ne les ait pas exterminés. Quant à l’histoire du Samaritain, personnage honni des juifs, c’est lui qui est honoré, dans la bouche même du pharisien, pour avoir fait œuvre de charité et accompli la Loi à la différence du prêtre et du lévite. Serions-nous différents, aujourd’hui, des gens d’hier que Jésus rencontrait ?
Marthe et Marie (10, 38-42). Le texte de Luc emploie, par deux fois, le mot Seigneur pour désigner Jésus, signe que le récit est influencé par la foi des chrétiens d’après la Résurrection ; il était impensable d’appeler ainsi Jésus auparavant. Entre le service de la table et l’écoute de la Parole, Marthe voudrait que sa sœur se consacre aussi au service de la table. Jésus invite à établir une hiérarchie entre les différentes activités. Peut-on dire que Jésus choisit l’écoute de sa parole contre le service de la table ? Ne devons-nous pas comprendre que, dans ce récit, Luc s’adresse aux premières communautés chrétiennes et les invite à ne pas se laisser déborder au point d’en oublier l’écoute de la Parole du maître ? La suite logique de ce récit sera une réflexion sur la prière.
La prière. Dans la section, plusieurs récits ont comme sujet la prière. Au ch. 10, il y a l’action de grâce de Jésus, puis la demande des disciples pour que Jésus leur apprenne à prier, et la réponse de Jésus qui « transmet » sa prière, “Père, …”. Une invocation, deux vœux, trois demandes (chacun peut relire le texte de Luc). La prière de Jésus s’adresse à Dieu, Père, que l’on honore en faisant des vœux pour lui. Ensuite seulement des demandes pour nous : le pain, le pardon et l’absence de tentations. La traduction maladroite « ne nous soumets pas à la tentation » laisse entendre qu’elle viendrait de Dieu. Il serait plus approprié de traduire “ne nous laisse pas entrer en tentation” ou “préserve-nous d’entrer dans les vues du tentateur” ; de fait le démon est toujours prêt à nous retourner contre Dieu (11, 14-26). A l’image de la prière de Jésus, telle devrait être notre prière aujourd’hui. Luc entoure les prières de Jésus de récits, comme autant d’illustrations de l’attitude de Dieu à notre égard.
Prier la Parole
Pour que le monde, Pour que le monde
1 - Seigneur, fais de ton peuple
2 - Seigneur, fais de ton peuple
3 - Seigneur, fais de ton peuple
4 - Seigneur, fais de ton peuple
5 - Seigneur, fais de ton peuple
N’oubliez pas de faire parvenir vos questions ou découvertes à :
Article mis en ligne par E.H. Communication Diocèse
Publié Samedi 12 septembre 2009
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